Incendie du camp rom à Mistral : des associations accusent les autorités de « non-assistance à personne en danger »

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REPORTAGE – Les auteurs de l’incendie du camp de Roms dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 juin, quartier Mistral à Grenoble, risquent au moins trois ans d’emprisonnement, selon le collectif national Droits de l’Homme Romeurope. Mais pour l’association Droit au logement 38 et le collectif La Patate chaude, d’autres coupables seraient à blâmer : la préfecture, la Ville de Grenoble, le Département de l’Isère et la police, à différents titres, pour leur absence de réaction et non-assistance à personne en danger.

 

 

De jeunes enfants s'amusent dans le bidonville avenue Edmond Esmonin à Grenoble avec des cabanes en palettes de bois dans un camp abritant des Roms et des sans abris

Jeunes enfants s’amusant dans le bidonville avenue Edmond Esmonin à Grenoble en 2015. DR

Dans la nuit du 9 au 10 juin, le camp des Roms du quartier Mistral à Grenoble, où vivaient une trentaine de personnes avec des enfants, a été volontairement incendié par une bande de délinquants.

 

Depuis cet incendie criminel qui les a chassés de leurs cabanons partis en fumée avec leurs affaires, les sept familles de Roms se retrouvent de nouveau à la rue, à même le bitume, au bout du cours Berriat. Ils ont récupéré quelques tentes grâce aux dons. Le centre d’action social communal leur a en de son côté apporté deux, ainsi que des couvertures cette semaine.

 

 

« Les Roms auraient dû être mis à l’abri comme tout un chacun… »

 

« Quel manque total de considération ! », s’insurgent les associations du Droit au logement (Dal) et le collectif la Patate chaude qui ont organisé ce vendredi 15 juin un rassemblement, près de la mairie, au pied de la tour Perret.

 

Vendredi 15 juin, les militants du Dal et de la Patate chaude, ne pourront être reçus par un élu, ni responsable du CCAS. Ils étaient venus pour demander des solutions d'hébergement pour les Roms du camp incendié samedi 9 juin 2018. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Vendredi 15 juin, les militants du Dal et de la Patate chaude venus demander des solutions d’hébergement pour les Roms du camp incendié le 9 juin 2018 n’ont pu être reçus par un élu, ni un responsable du CCAS. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« Les Roms auraient dû être mis à l’abri comme tout un chacun l’aurait été, après avoir perdu son logement dans un incendie », estime Sonia, militante au Dal.

 

« Le maire a le devoir de mettre à l’abri quiconque vient de connaître un sinistre sur sa commune », poursuit-elle.

 

Apparemment, les Roms ne sont pas traités « comme des personnes normales », regrettent les militants.

 

 

Un maire plus actif sur les réseaux sociaux que dans sa ville ?

 

Constatant les associations très remontées, ayant peut-être eu écho de dépôt de plainte contre X en préparation… la Ville de Grenoble a jugé nécessaire, le 13 juin, de communiquer auprès des médias pour justifier son inaction après l’incendie.

 

Eric Piolle, maire de Grenoble s'affichant sur les réseaux sociaux, solidaire des exilés. DR

Eric Piolle, maire de Grenoble s’affichant sur les réseaux sociaux, solidaire des exilés. DR

Et de renvoyer la balle dans le camp de la préfecture et du Département…

 

«… la mise à l’abri des personnes est une compétence régalienne de l’État et […] la prise en charge des mineurs isolés, nombreux dans cette situation, est une compétence du Département de l’Isère. »

 

Au demeurant, la municipalité semble vouloir agir, mais pas seule en somme, est-il expliqué dans ce communiqué. « La Ville de Grenoble ne peut agir seule et est prête à accompagner les services de l’État et du Département dans la mise en œuvre de leurs obligations légales. »

 

Vendredi 15 juin, les militants du Dal et de la Patate chaude, ne pourront être reçus par un élu, ni responsable du CCAS. Ils étaient venus pour demander des solutions d'hébergement pour les Roms du camp incendié samedi 9 juin 2018. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Vendredi 15 juin, les militants du Dal et de la Patate chaude venus en vain demander des solutions d’hébergement pour les Roms du camp incendié. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« À ce compte-là, les services de la Ville peuvent rester les bras croisés un moment », persiflent les militants. Qui pourfendent, une nouvelle fois, le grand écart entre l’accueil réclamé par Eric Piolle, maire de Grenoble, pour les migrants, sur les réseaux sociaux, et les actions qu’il mène concrètement dans sa ville.

 

« Ce n’est pas seulement sur les réseaux sociaux [compte YouTube du maire, ndlr], qu’il faut être solidaire des migrants, Monsieur Piolle, mais sur sa commune ! », taclent ainsi les militants de la Patate chaude et du Dal.

 

 

La police a-t-elle sciemment abandonné les Roms à leur sort ?

[…]

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Commentaires 6
  1. C’est qui, « la lie du peuple »: les racailles qui ont incendié le camp, ou les roms qui vivent dans la misère? Parce que ces associations, au lieu de s’en prendre aux autorités, feraient mieux de d’arrêter de fermer les yeux sur l’insécurité et les trafics qui gangrènent ces quartiers! A commencer par arrêter, tout comme la ville d’ailleurs, de se faire complice de ces racailles, en les excusant systématiquement!

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  2. Cette situation fait penser au bras de fer entre Anne Hidalgo, maire de Paris, et le ministre de l’intérieur, Collomb, à propos des camps de migrants, comme celui qui s’étalaient le long du Canal St Martin. C’est Collomb qui a « vidé » le camps en ouvrant des hébergements d’urgence.
    Pourquoi le préfet de Grenoble, représentant du ministère de l’intérieur, ne serait pas dans l’obligation de faire pareil ?
    J’espère que les jeunes incendiaires seront arrêtés et jugés.

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  3. post scriptum : j’espère qu’on trouvera les incendiaires et qu’ils seront jugés. Quand la police veut …

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  4. ça fait tout à fait penser au démantèlement des camps à Paris, notamment le long du Canal St Martin. C’est l’Etat qui les a démantelés et a ouvert des hébergements.
    Ce que l’Etat fait à Paris, il est incapable de le faire à Grenoble ?
    Il n’y a pas « mise en danger de la vie d’autrui », à mon avis, mais je ne suis pas procureure. S’il y a plainte (contre qui ?), le proc va-t-il instruire ou pas ?

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  5. Piolle et sa politique qui fait de Grenoble une ville ouverte ou la lie du peuple est invitée permanente, est le 1er responsable de la situation et du déclin de notre ville.

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  6. Ping : French Chronicle … - rroma.org