Forte mobilisation à Grenoble pour la marche de solidarité envers les Palestiniens

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EN BREF – Ce vendredi 18 mai, s’est déroulée à Grenoble une marche de solidarité envers les Palestiniens, et plus particulièrement les Gazaouis. Les 700 manifestants ont tenu à soutenir les « Marches du retour », au cours desquelles 109 Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens.

 

 

« Nakba, on n’ou­blie pas. » Le slo­gan résonne dans les rues de Grenoble. La nakba, « catas­trophe » en arabe, a été com­mé­mo­rée le 15 mai der­nier dans les ter­ri­toires pales­ti­niens. Elle cor­res­pond à l’exode de la popu­la­tion pales­ti­nienne lors de la guerre israélo-arabe de 1948. La marche, qui a réuni envi­ron 700 per­sonnes, a démarré rue Félix-Poulat pour se ter­mi­ner devant le Musée de Grenoble.

 

Ce vendredi 18 mai s'est déroulée à Grenoble une marche de solidarité envers les Palestiniens, suite aux nombreux morts lors des "Marches du retour".Marche de solidarité et commémoration de la Nakba - vendredi 18 mai

Marche de soli­da­rité et com­mé­mo­ra­tion de la Nakba à Grenoble, le ven­dredi 18 mai 2018. © Edouard Merlo – placegrenet.fr

 

« La paix est deve­nue une notion uto­pique en ce moment », estime Michèle, pour­tant membre du Mouvement de la paix. À son bras, un bras­sard noir « pour por­ter le deuil ». En effet, depuis que les « marches du retour » ont débuté, le 30 mars à Gaza, 109 Palestiniens ont été tués et plu­sieurs mil­liers ont été bles­sés.

 

 

Une manière de « dénoncer l’absurdité de ce conflit »

 

Les mani­fes­tants réclament aussi la fin du blo­cus exercé sur le ter­ri­toire depuis 2008 par Israël et l’Égypte, et pro­testent contre l’inauguration à Jérusalem de l’ambassade amé­ri­caine, aupa­ra­vant implan­tée à Tel-Aviv.

 

Marche de solidarité et commémoration de la Nakba - vendredi 18 mai

Marche de soli­da­rité et com­mé­mo­ra­tion de la Nakba à Grenoble, le ven­dredi 18 mai 2018. © Édouard Merlo – placegrenet.fr

Au cœur de la mani­fes­ta­tion, de nom­breuses ban­de­roles affi­chant un sou­tien au peuple pales­ti­nien, ainsi qu’une affiche repre­nant le tableau Guernica du peintre Pablo Picasso, avec l’ins­crip­tion « Gaza » au centre. Une manière, d’a­près un mani­fes­tant, de « dénon­cer l’ab­sur­dité de ce conflit ».

 

Chayma, 18 ans, a tenu à par­ti­ci­per à cette marche. « Soit on essaye de cacher ce qu’il se passe, soit on s’ex­prime. De nom­breux argu­ments uti­li­sés par le gou­ver­ne­ment israé­lien ne sont pas valables. Non, les Palestiniens qui se sou­lèvent ne sont pas des ter­ro­ristes. »

 

 

« Nous voulons simplement faire entendre nos voix »

 

Pour Michèle, les pré­ju­gés sur ce mou­ve­ment sont légion, et la pro­pa­gande du gou­ver­ne­ment israé­lien se pro­page jus­qu’en France. C’est l’ha­bi­tuel dis­cours indi­quant que « le Hamas (parti isla­miste au pou­voir à Gaza) uti­li­se­rait les enfants pales­ti­niens pour faire sa pro­pa­gande et tou­cher les médias étran­gers ».

 

Marche de solidarité et commémoration de la Nakba - vendredi 18 mai

Marche de soli­da­rité et com­mé­mo­ra­tion de la Nakba à Grenoble, le 18 mai 2018. © Édouard Merlo

 

Jean-Pierre Filiu, pro­fes­seur des uni­ver­si­tés en his­toire du Moyen-Orient contem­po­rain à Sciences Po, résume dans un article, l’é­tat d’es­prit des Gazaouis. Il y cite un Palestinien de 20 ans : « La situa­tion ici se dété­riore constam­ment et les gens savent que le com­bat violent n’a aucune chance. Nous vou­lons sim­ple­ment faire entendre nos voix. Nous vou­lons faire savoir qu’il y a des êtres humains qui vivent ici, comme par­tout ailleurs, avec des rêves, comme par­tout ailleurs. »

 

Ainsi, pour le cher­cheur, « c’est cette impasse col­lec­tive, tra­gi­que­ment res­sen­tie à Gaza, qui ali­mente la dyna­mique de la “marche du retour”, et non une obs­cure mani­pu­la­tion par le Hamas ».

 

 

Des drapeaux palestiniens… et une kippa

 

Jean-Marc, membre de la Campagne BDS (boy­cott-dés­in­ves­tis­se­ment-sanc­tions), réclame que « les réso­lu­tions de l’Onu soient res­pec­tées » et « regrette la réponse timide du gou­ver­ne­ment fran­çais ». « On a eu droit à une condam­na­tion ver­bale mais rien ne change », déplore-t-il.

 

Edouard Schoene - Marche de solidarité et commémoration de la Nakba - vendredi 18 mai

Edouard Schoene por­tant une kippa, lors de la marche de soli­da­rité et com­mé­mo­ra­tion de la Nakba, ven­dredi 18 mai © Édouard Merlo – placegrenet.fr

Il rap­pelle au pas­sage le droit inter­na­tio­nal et l’in­ter­dic­tion pour les banques fran­çaises d’in­ves­tir dans les colo­nies israé­liennes. Et accuse notam­ment Axa et la Caisse d’é­pargne de bafouer le droit inter­na­tio­nal.

 

Dans cette mani­fes­ta­tion, de nom­breux dra­peaux pales­ti­niens, mais aussi une kippa, calotte des juifs pra­ti­quants. C’est Édouard. Il a tenu à por­ter à cette occa­sion ce couvre-chef par­ti­cu­lier, fabri­qué à par­tir de tissu pales­ti­nien. « On peut être juif et sou­te­nir les Palestiniens » mar­tèle-t-il. « Je ne peux pas sup­por­ter que l’ex­trême droite israé­lienne agisse de la sorte, en toute impu­nité. »

 

Gilles par­tage cet avis, lui qui est mili­tant depuis vingt ans à l’Union juive fran­çaise pour la paix, asso­cia­tion vou­lant « contre­car­rer le Crif [Conseil repré­sen­ta­tif des ins­ti­tu­tions juives de France, ndlr] qui s’a­ligne sur la poli­tique israé­lienne ».

 

Ce vendredi 18 mai s'est déroulée à Grenoble une marche de solidarité envers les Palestiniens, suite aux nombreux morts lors des "Marches du retour".Marche de solidarité et commémoration de la Nakba - vendredi 18 mai

Plusieurs places de Grenoble ont été renom­més « Place de la nakba » lors de cette marche de soli­da­rité et com­mé­mo­ra­tion de la Nakba, le ven­dredi 18 mai © Édouard Merlo – placegrenet.fr

 

Pour lui, « de nom­breuses per­sonnes en Israël ne sont pas d’ac­cord avec la poli­tique actuelle ». « Il faut sor­tir de cette logique d’op­po­si­tion entre Israéliens et Palestiniens. Des deux côtés, des per­sonnes veulent la paix et s’u­nir. »

 

À l’oc­ca­sion de la mani­fes­ta­tion, la place du tri­bu­nal ainsi que d’autres lieux ont été rebap­ti­sés « Place de la nakba ». Une manière d” « évi­ter de tom­ber dans l’in­dif­fé­rence », comme le répète Chayma.

 

Édouard Merlo

 

 

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