Au Collège olympique de Grenoble, parents et enseignants dénoncent des moyens en baisse

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FOCUS – Au collège olympique, classé en Réseau d’éducation prioritaire, le rectorat prévoit pour la rentrée la suppression de deux classes, en 6et en 5e, alors que les effectifs de cet établissement grenoblois tendent à augmenter. L’ambiance pourrait aussi pâtir d’une équipe de surveillants qui s’effiloche. Parents délégués, personnels de la vie scolaire et professeurs ont lancé une pétition.

 

 

Collège Olympique, quartier du Village Olympique à Grenoble © Samuel Ravier - Place Gre'net

Collège olym­pique, quar­tier du Village olym­pique à Grenoble © Samuel Ravier – Place Gre’net

Pour que leur éta­blis­se­ment, situé dans un quar­tier dit prio­ri­taire, demeure attrac­tif, les parents d’élèves et les pro­fes­seurs du col­lège olym­pique ne sont pas avares en éner­gie. « Il y a tout un tra­vail qui est fait depuis deux ans, avec le prof d’i­ta­lien notam­ment et le pro­vi­seur aussi qui prend sa part, qui va dans toutes les pri­maires… Et cela a porté ses fruits. Il y a un peu moins d’é­vi­te­ment », cite en exemple Caroline Pellissier, délé­guée des parents au col­lège olym­pique.

 

De fait, en déci­dant de sup­pri­mer deux classes à la ren­trée 2018 – l’une en 6e, l’autre en 5e – les ser­vices dépar­te­men­taux de l’Éducation natio­nale lancent comme un signal inverse et brisent la dyna­mique amor­cée. De quoi mettre en colère l’é­quipe ensei­gnante et les parents délé­gués, qui demandent à l’ins­pec­tion aca­dé­mique de renon­cer à ses pro­jets.

 

 

« Pourquoi de telles prévisions négatives ? »

 

Pour expli­quer la classe de 6e en moins, l’Inspection aca­dé­mique avance que le nombre d’é­lèves de CM2 a baissé. Quid de la rai­son invo­quée pour la sup­pres­sion d’une classe de 5e ? L’Académie table sur le départ d’une bonne ving­taine d’enfants actuel­le­ment en 6e, qui quit­te­raient le col­lège olym­pique pour cause de démé­na­ge­ment ou pour s’ins­crire dans un éta­blis­se­ment privé. « Pourquoi de telles pré­vi­sions néga­tives ? », ques­tionne Caroline Pellissier, délé­guée des parents au col­lège olym­pique. Les parents des élèves de 6e ne leur ont, de sur­croît, mani­festé aucune remon­tée dans ce sens.

 

Collège Olympique, quartier du Village Olympique à Grenoble © Samuel Ravier - Place Gre'net

Collège olym­pique, quar­tier du Village olym­pique à Grenoble © Samuel Ravier – Place Gre’net

Mais suite à la sup­pres­sion de ces deux classes, une hausse méca­nique des effec­tifs dans les autres classes pour­rait bien avoir lieu…

 

Qu’en dit Viviane Henry, direc­trice aca­dé­mique ? Que les élèves du col­lège olym­pique demeu­re­ront encore en des­sous de 25 par classe, l’année pro­chaine – 25 étant la limite en Réseau d’éducation prio­ri­taire (Rep).

 

 

« Si le col­lège conti­nue à évo­luer, tant mieux !, déclare Viviane Henry, qui prend au mot les parents délé­gués et pro­fes­seurs, pour ensuite quelque peu les railler. Il y a un peu de contra­dic­tion dans tout cela. D’un côté les parents veulent que le col­lège conti­nue de gran­dir en effec­tif et, de l’autre, ils redoutent qu’il n’y ait pas assez de places ».

 

 

« Je ne comprends pas leurs inquiétudes »

 

La défiance des parents et pro­fes­seurs vis-à-vis des annonces, même pro­vi­soires, de l’a­ca­dé­mie n’est tou­te­fois pas sans fon­de­ment… L’effectif moyen des classes aug­men­tant, les ensei­gnants ne pour­raient plus dis­po­ser d’heures péda­go­giques en nombre suf­fi­sant. Conséquences : les condi­tions d’ap­pren­tis­sage décli­ne­raient sen­si­ble­ment.

 

Le Rectorat de Grenoble. © Léa Raymond

Le rec­to­rat de Grenoble. © Léa Raymond

Les ensei­gnants auraient moins de faci­lité pour dédou­bler leur classe, comme ils le font sur cer­taines matières, comme la phy­sique-chi­mie, moins de temps dis­po­nible pour orga­ni­ser des acti­vi­tés cultu­relles, des sor­ties péda­go­giques, en exté­rieur, etc. Autant d’a­mé­na­ge­ments des condi­tions de tra­vail qui ne sont pas du luxe pour les élèves d’un col­lège classé en Rep.

 

Poursuivant dans son idée que les parents et profs crient avant d’a­voir mal, la direc­trice affirme ne pas com­prendre leurs inquié­tudes. « Il n’y a pas de baisse de dota­tions sur les moyens horaires. Au contraire, elles sont plu­tôt en aug­men­ta­tion. Ce col­lège fait par­tie des col­lèges qui ont les plus grosses marges de fonc­tion­ne­ment. »

 

En tout état de cause, si erreur de pré­vi­sion il y avait, une classe ou deux seraient ajou­tées à la ren­trée. « Ce que l’on a fait l’été der­nier, rap­pelle Viviane Henry, puisqu’on a ouvert une classe en juillet ». Un argu­ment qui ne ras­sure pas tant que cela le col­lec­tif des délé­gués de parents. « Ça se fait dans l’ur­gence et les profs y perdent des heures péda­go­giques », com­mente Caroline Pellissier.

 

 

Des services civiques dépourvus d’autorité sur les élèves

 

Second grief contre l’ins­pec­tion aca­dé­mique : la fonte de l’équipe des sur­veillants. « En 2012, il y avait cinq postes de sur­veillants en contrats pérennes et deux contrats aidés. Les effec­tifs du col­lège sont en hausse depuis et on se retrouve avec quatre postes de sur­veillants et deux ser­vices civiques », s’a­larme Caroline Pellissier.

 

Service Civique DR

Campagne en faveur du ser­vice civique. DR

L’arrivée de deux ser­vices civiques, en lieu et place de deux contrats aidés, n’est vrai­ment pas de bonne augure.

 

Certes les contrats aidés n’étaient pas la pana­cée et il faut se résoudre à leur sup­pres­sion… Mais les ser­vices civiques qui vont les rem­pla­cer sont, eux, sur des sta­tuts encore moins bien taillés pour faire face aux mis­sions de sur­veillance.

 

« Dans un col­lège, cela part vite en bagarre… pré­vient la délé­guée des parents. Les ser­vices civiques ne pour­ront pas inter­ve­nir dans ces cas-là. Nous nous deman­dons bien à quoi ils vont être utiles. » La réponse de l’inspectrice ne risque pas de la ras­su­rer : « Les ser­vices civiques, ce sont des gens volon­taires qui, dans leurs mis­sions, peuvent tra­vailler en aide à la vie sco­laire. Mais ni un ser­vice civique, ni un contrat aidé n’est un sur­veillant… »

 

 

Une pétition pour la « sauvegarde du collège »

 

Collège Olympique, quartier du Village Olympique à Grenoble © Samuel Ravier - Place Gre'net

Collège olym­pique, quar­tier du Village olym­pique à Grenoble © Samuel Ravier – Place Gre’net

La direc­trice aca­dé­mique devait ren­con­trer les pro­fes­seurs et l’équipe de la vie sco­laire ce ven­dredi 18 mai.

 

Activité pro­fes­sion­nelle oblige, les délé­gués des parents ont eu, pour leur part, quelques dif­fi­cul­tés à se libé­rer pour le ren­dez-vous prévu à 16 h 30.

 

En atten­dant, ils main­tiennent leur péti­tion papier et en ligne dénon­çant « un cli­mat du col­lège en dan­ger ».

 

Séverine Cattiaux

 

 

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