Les collectivités du Sud-Isère veulent mutualiser leur gestion des déchets autour du site d’Athanor

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FIL INFO – Sept collectivités du sud-Isère envisagent de mutualiser leurs outils industriels et leurs investissements dans le domaine du traitement des déchets. Le site d’Athanor serait retenu pour accueillir les déchets de près de 750 000 Isérois, au prix de travaux importants pour faire face à la baisse des déchets à incinérer et à l’augmentation des besoins en matière de tri.

 

 

La ges­tion des déchets, un enjeu d’a­ve­nir fort pour les inter­com­mu­na­li­tés ? Sept col­lec­ti­vi­tés du Sud-Isère dévoilent leur pro­jet de mutua­li­ser leurs outils indus­triels pour la des­truc­tion ou le tri des déchets. La Métro, le Grésivaudan, le Pays voi­ron­nais, Saint-Marcellin Vercors Isère Communauté, l’Oisans, Le Trièves et la Matheysine inves­ti­raient ainsi dans le site, vieillis­sant, d’Athanor.

 

Conférence de presse des sept collectivités sur la mutualisation du traitement des déchets © Grenoble-Alpes Métropole

Conférence de presse des sept col­lec­ti­vi­tés sur la mutua­li­sa­tion du trai­te­ment des déchets © Grenoble-Alpes Métropole

 

La Métro et les six com­mu­nau­tés de com­munes, qui repré­sentent ensemble la baga­telle de 740 000 habi­tants, font en effet face à des chan­ge­ments impor­tants : si la quan­tité de déchets à inci­né­rer est en baisse, les besoins en matière de tri sont de leur côté de plus en plus impor­tants. Une évo­lu­tion qui sup­pose une réponse sur le ter­rain et la mise en place de struc­tures per­for­mantes.

 

 

Une sous-traitance qui nuit à la vision de long terme

 

« La situa­tion actuelle encou­rage […] les col­lec­ti­vi­tés à confier la ges­tion de leurs déchets à l’opérateur le plus-offrant », écrivent les col­lec­ti­vi­tés dans un rap­port com­mun. Une manière de pro­cé­der inté­grant la seule dimen­sion éco­no­mique qui, notent-elles encore, nuit à toute vision de long terme.

 

Centre de tri d'Athanor. © Alexandra Moullec - Place Gre'net

Centre de tri d’Athanor. © Alexandra Moullec – Place Gre’net

 

Quelle réponse ? « Une ges­tion ambi­tieuse et soli­daire », plaident les acteurs. Qui espèrent ensemble créer une « dyna­mique » favo­rable à une réflexion col­lec­tive sur la ques­tion des déchets. De plus, le fait de ne plus dépendre de sous-trai­tants exté­rieurs assu­re­raient aux col­lec­ti­vi­tés une « auto­no­mie totale » en la matière. Et évi­te­raient la pro­li­fé­ra­tion d’u­sines d’in­ci­né­ra­tion ou de centres de tri sur le ter­ri­toire isé­rois.

 

 

Plus de 150 millions d’investissement pour Athanor

 

La mutua­li­sa­tion mène­rait les sept col­lec­ti­vi­tés à se tour­ner vers le site d’Athanor et à œuvrer ensemble à la moder­ni­sa­tion du site. Athanor est consti­tué en deux pôles d’ac­ti­vi­tés prin­ci­paux* : d’une part, son usine d’in­ci­né­ra­tion, gérée au tra­vers d’une délé­ga­tion de ser­vice public (DSP) par la Compagnie de chauf­fage de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise (CCIAG). D’autre part, un centre de tri, lui aussi géré au tra­vers d’une DSP par la Société de tri Athanor (Star), appar­te­nant au groupe Pizzorno Environnement. Deux DSP qui arrivent à expi­ra­tion en 2019.

 

Au coeur d'Athanor © Grenoble-Alpes Métropole

Au cœur d’Athanor © Grenoble-Alpes Métropole

 

Objectif des col­lec­ti­vi­tés ? Revoir à la baisse la dimen­sion de l’u­sine d’in­ci­né­ra­tion, à l’oc­ca­sion de sa recons­truc­tion pré­vue d’ici 2024. Sa capa­cité est en effet de 180 000 tonnes par an, quand les besoins iden­ti­fiés pla­fon­ne­raient à 146 000 tonnes annuelles à l’ho­ri­zon 2030. En contre­par­tie, le centre de tri, d’une capa­cité de 40 000 tonnes de déchets par an, serait revu à la hausse pour accueillir les 55 000 tonnes annuelles pré­vues à la même échéance.

 

Coût de telles opé­ra­tions ? Un inves­tis­se­ment de 138 mil­lions d’eu­ros pour l’u­sine d’in­ci­né­ra­tion, et de 22 mil­lions pour le centre de tri. Des sommes (hors taxe) que la Métropole et les six  com­mu­nau­tés de com­munes envi­sagent donc de mutua­li­ser au tra­vers d’un grou­pe­ment de com­mandes. Une dis­po­si­tion pré­sen­tant deux avan­tages à leurs yeux : évi­ter la consti­tu­tion d’une nou­velle struc­ture juri­dique et per­mettre à chaque col­lec­ti­vité de conser­ver sa com­pé­tence “Traitement et col­lecte”.

 

 

FM

 

 

* Auxquels s’a­joute un centre de com­pos­tage qui, pour l’heure, ne serait pas concerné par ces évo­lu­tions.

 

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