Déplacements : le PDU de la métropole fait la chasse aux voitures mais reste en panne de financements

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Internationaux de France de patinage du 1er au 3 novembre 2019 à Grenoble

FOCUS – Le plan de déplacements urbains de l’agglomération grenobloise, prévu pour donner une direction à la politique mise en œuvre dans la décennie à venir, est enfin tracé. Mais en faisant la chasse aux voitures et aux énergies fossiles, en misant sur le multimodal et en pariant sans certitudes sur le ferroviaire, certains y voient un plan très idéologique. Choix politique ? Il laisse surtout une grande zone blanche : celle de son financement.

 

 

Tram cours Jean-Jaurès : pic pollution air, gratuité transports en commun Grenoble. © Patricia Cerinsek - placegrenet.fr

Quelle politique des déplacements demain dans l’agglomération ? Le PDU est sur les rails. © Patricia Cerinsek – placegrenet.fr

Après vingt années de démêlés politico-administratifs et judiciaires, vingt ans à naviguer à vue sans plan de déplacements urbains, Grenoble va-t-elle enfin se mettre au pli ?

 

Le PDU, document obligatoire pour définir les principes d’organisation des déplacements dans les villes de plus de 100 000 habitants, est enfin sur les rails.

 

Jeudi 5 avril, les élus du syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération grenobloise (SMTC) ont en tout cas voté le projet de PDU 2018-2030. Pas complètement convaincus pour certains par la feuille de route tracée par son président, l’écologiste Yann Mongaburu, mais semble-t-il un brin résignés… A l’unanimité moins quatre abstentions, le projet suit donc son chemin et se prépare à être soumis à la population. L’enquête publique devrait suivre en septembre prochain.

 

 

Le PDU doit faire baisser le nombre de kilomètres parcourus en voiture de 18 %

 

Un projet qui prévoit avant toute chose de limiter la place laissée à la voiture et de faire la chasse aux énergies fossiles. Objectif ? Faire tomber le nombre de kilomètres parcourus en auto chaque année. Le SMTC a compté. Onze millions de kilomètres sont avalés chaque année sur les routes de la l’agglomération. Demain, ce chiffre devrait baisser de 18 %. C’est ce que promettent les actions prévues dans le PDU.

 

Moyennant quoi, les émissions de gaz à effet de serre devraient chuter de 30 %, les émissions d’oxydes d’azote de 65 % et les particules fines de 50 %.

 

Les conditions estivales favorisent la pollution à l'ozone. Le Nord- Isère et le Bassin grenoblois sont placés en niveau Information et recommandation.

Le nombre de lignes de tram est prévu pour passer de cinq à huit © Patricia Cerinsek

 

Avec tous ces chiffres très théoriques, Jean-Claude Peyrin (Les Républicains), vice-président du SMTC y a d’abord vu et stigmatisé un projet « écologiste ». Sachant qu’il est également vice-président du Département de l’Isère, un des deux contributeurs aux finances très mal en point du SMTC et principal artisan de l’élargissement de l’A480.

 

« Vous avez défini sept objectifs en matière de déplacements, à commencer par la lutte contre le changement climatique et pour la transition énergétique. En dernier ? La fiabilisation des conditions de déplacement des biens, des personnes et des marchandises. Vous n’avez jamais souhaité inverser vos objectifs ! Le covoiturage c’est bien mais ce n’est pas la réponse universelle aux bouchons aux portes de l’agglomération. Les mesures que vous prenez ne sont pas à la mesure des embouteillages ! »

 

Jean-Claude Peyrin © Véronique Serre

Le vice-président du SMTC y voit un PDU idéologique, « bavard, long, redondant, sans hiérarchisation ni priorités » qui balaie les potentiels progrès technologiques pour rendre les voitures moins fumantes et polluantes.

 

Yann Mongaburu, le président du SMTC, y voit lui un PDU du 21e siècle faisant la part belle au multimodal et aux nouvelles pratiques de mobilité.

 

« Peut-être que certains souhaitaient qu’on attendre les voitures volantes ! tance-t-il. Nous pensons multimodal. Nous ne sommes plus dans les années soixante-dix et sur le débat voiture contre tramway ».

[…]

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Commentaires 7
  1. On est obligé de se taper des titres du type «chasse à la voiture» ? Ça, c’est bon pour les politicards de base…

    L’objectif est d’utiliser le bon moyen de transport pour le bon trajet. La voiture fait pleinement partie de la solution, en territoire rural-montagnard-peu dense. Le PDU cherche à en faire un moyen de transport pertinent, tout en favorisant le report modal pour l’accès aux zones denses où la voiture est juste une nuisance plus qu’autre chose.

    Pour que cela réussisse, il faut surtout optimiser les réseaux de transports actuels, pérenniser et fiabiliser le train, ne plus faire de conneries comme l’arrêt de la ligne 17 à Colonel Dumont, réaliser une politique tarifaire unique et une AOM pour toute l’aire urbaine grenobloise… plus utiles que d’élargir des autoroutes.

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    • Cela fait plaisir de voir des commentaires raisonnables et raisonnés. Cela change des GAM, Jean Aymarre et autres compères (en un mot pour rester poli).

      La surface de la ville étant finie, pour y faire passer tous les trafics motorisés ou pas, il faut faire des choix en faveur des modes de transport les plus efficaces, les moins coûteux et les moins polluants. Aujourd’hui, la grande majorité des trajets dans l’agglomération font moins de quelques kilomètres. La voiture n’est pas, pour une grande majorité, adaptée à ces trajets concernant 1,3 personnes : pollutions (atmosphérique, spatiale, visuelle, olfactive), insécurité pour les autres modes, efficacité énergétique très mauvaise (1,5 tonnes pour faire bouger quelqu’un de 50 à 100 kg), coût pour la collectivité. Il est donc normal de favoriser les autres modes de transport en ville mais comme la surface étant finie, que la surface non bâtie étant consacrée à la louche au 2/3 pour la voiture (files de circulation + files de stationnement), cette surface doit être répartie aux autres modes de transport moins nuisant que la voiture. S’il reste des bouchons, c’est qu’il y a encore trop de voitures et que tous ces con-ducteurs pensent la même chose : « les transports en commun / le vélo / la marche à pied, c’est pour les autres » ! Comportement égoïste bien souvent.
      Ensuite, pourquoi faudrait-il accepter que les centres urbains de l’agglo tolèrent du trafic motorisé de transit ? Il faut sortir un peu. Faites le trajet Beaucroissant – vallée du Rhône et comptez le nombre de village traversés. J’en compte 1 seul (Lapeyrouse) qui réclame sa déviation depuis des années. Et il faudrait qu’en ville, on tolère les nuisances automobiles en la fermant ? Dites-moi que je rêve !

      Donc encore une fois, bien content de lire le commentaire de Dauphinoix !

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      • Content aussi de vous lire. Je me sentais un peu seul :p
        Entendre le vice-président du SMTC et ceux de son groupe politique, grand défenseur des élargissements d’autoroutes sous l’égide de Barbier-le-président-des-routes-qui-tue-le-train accuser ceux qui donnent la place aux autres modes de transport de créer des bouchons et augmenter la pollution, ça commence à me courir sur le haricot. Ça et les commentateurs divers de ce journal d’affirmer leurs avis jamais argumentés digne du site de Carignon, ou de partager leur opinion contestable en la faisant passer pour la vérité absolue. il commence à y en avoir marre des conservatismes de base qui restent dans leurs positions dignes des années 70 et qui surtout se servent de l’argument environnemental pour justifier leurs recours à tout va contre les projets qui vont dans le bon sens.
        Pour revenir au sujet, ce PDU ne peut être réalisé que si la priorité doit être définie dès maintenant sur le ferroviaire. Il y a moyen de créer une véritable étoile ferroviaire performante, en doublant les voies entre Grenoble et Moirans, en pérennisant la ligne Grenoble-Gap, en créant un réseau de petites gares dans les zones périurbaines, et en faisant rouler des trains en conséquence. Le RER ainsi créé deviendrait la colonne vertébrale du réseau, qui amènerait directement au centres d’agglomération et serait plus rapide que le tramway pour traverser la métropole. Mais les clivages politiques, le département et la région à droite qui ne veulent que financer des autoroutes et des zones commerciales-logistiques en périphérie, les conservateurs et «citoyens bien-pensants» défendant la voiture partout, et l’égoïsme de certains qui peuvent faire autrement que de prendre leur voiture pour les quelques mètres qu’ils réalisent chaque jour, empêchent d’avancer vers une métropole plus vivable et agréable.

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      • ça vient d’ou ces chiffres que la majorité des déplacements font moins de 1km en voiture … le matin quand je prends ma voiture, je suis pendant plusieurs km des dizaines de voitures ça sent aussi au doigt mouillé votre truc

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        • Le doigt mouillé vient de l’étude de l’INSEE publiée en début d’année 2017 dont voici un extrait d’un tableau intitulé « Part du mode de transport selon la distance domicile-travail effectuée par les actifs ayant un emploi »
          Distance parcourue (en km) Vélo Deux-roues motorisés Marche (ou rollers, patinette) Transports en commun Voiture, camion, fourgonnette
          0-1 4,3 1,8 26,5 9 58,4
          1-2 4,1 2 19,7 12,2 62
          2-3 4,5 2,5 13,8 15,3 64
          3-4 5 3,1 8 21,5 62,4
          4-5 2,6 2,6 2,9 17,8 74,1

          Voir un tel niveau d’utilisation de la voiture pour de si faibles distances, c’est quasiment absurde !

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