Assuré du maintien en Nationale 3, le Grenoble Basket 38 ne peut pas viser plus haut

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FOCUS – Promu cette saison en Nationale masculine 3, le cinquième échelon français, le Grenoble Basket 38 a décroché le maintien, son objectif, à deux journées de la fin du championnat. Ce club, qui mise sur la formation, souhaite se stabiliser dans cette division, faute de moyens financiers lui permettant de jouer à un niveau supérieur pour le moment.

 

 

Contrat rem­pli. Monté en Nationale mas­cu­line 3 (NM3), le Grenoble Basket 38 a réussi à se main­te­nir dans la cin­quième divi­sion fran­çaise. Un main­tien acquis alors qu’il reste encore deux matchs de cham­pion­nat à dis­pu­ter.

 

Grégory Licouri, pivot du Grenoble Basket 38, à droite, dispute un entre-deux face à un joueur de Lorgues. © Nathphotos07

Grégory Licouri, pivot du Grenoble Basket 38, à droite, dis­pute un entre-deux face à un joueur de Lorgues. © Nathphotos07

« L’objectif est rem­pli avec la manière », se féli­cite Robin Panisset, le capi­taine de l’équipe. « Nous avons été bons à domi­cile [une seule défaite, contre La Ravoire-Challes, ndlr], ce qui nous a per­mis d’assurer le main­tien “le plus vite pos­sible”. »

 

« Nous sommes tom­bés dans une poule homo­gène où tout le monde bat­tait tout le monde », pré­cise Alain Recoura, l’entraîneur. « Les deux der­niers ont gagné contre Aix-Venelles, l’équipe qui va mon­ter. Nous qui sommes cin­quièmes, aussi. Nous avons pour le moment dix vic­toires. En temps nor­mal, il y a bien long­temps que nous aurions dû être main­te­nus. »

 

Pour Alain Recoura, « la satis­fac­tion vient du fait que nous sommes mon­tés [de Pré-natio­nale, ndlr] avec des joueurs qui, glo­ba­le­ment, ont assuré le main­tien cette sai­son. C’est bien pour eux. Je pen­sais qu’ils avaient le niveau pour jouer en NM3. Ils l’ont prouvé. Maintenant, il faut qu’ils fran­chissent un petit cap, his­toire de cher­cher un peu plus de vic­toires à l’extérieur. »

 

 

L’entraîneur Alain Recoura va passer la main

 

Les Grenoblois ne l’ont emporté qu’une fois cette sai­son en dépla­ce­ment, à Lorgues. Sur leurs six der­nières ren­contres loin du centre spor­tif Hoche, cela s’est joué à trois points d’écart maxi­mum à chaque fois. « Ce n’est pas un hasard si nous per­dons tant de matchs de peu à l’extérieur. L’équipe manque de matu­rité », ana­lyse l’entraîneur. « Sur l’ensemble d’un match à l’extérieur, il ne faut pas avoir de trous, or nous avons des absences qui nous coûtent un peu. »

 

Alain Recoura ne sera plus l'entraîneur de l'équipe de Nationale 3 la saison prochaine. © Laurent Genin

Alain Recoura ne sera plus l’en­traî­neur de l’é­quipe de Nationale 3 la sai­son pro­chaine. © Laurent Genin

Les bas­ket­teurs gre­no­blois auront une der­nière occa­sion d’améliorer ces sta­tis­tiques à Bandol le 14 avril. Mais la prio­rité est de bien ter­mi­ner la sai­son au centre spor­tif Hoche, samedi 7 avril (20 heures), face à Hyères-Toulon. « Nous avons envie de gar­der cette bonne série de vic­toires à domi­cile, de finir la sai­son en beauté et de fêter ce main­tien avec le public », indique Robin Panisset.

 

Ce sera sans doute un moment un peu par­ti­cu­lier pour Alain Recoura. Il diri­gera les seniors pour la der­nière fois à domi­cile. Après deux ans à leur tête, il nous a confié avoir décidé d’arrêter à la fin de cette sai­son. Il sou­haite retour­ner s’occuper de jeunes. « Je ne vou­lais pas lais­ser les joueurs sur une des­cente. Cela m’aurait vrai­ment embêté. »

 

 

Ne pas “vendre” un projet irréaliste

 

Quid de la sai­son pro­chaine ? Le Grenoble Basket 38 a‑t-il les moyens de mon­ter en Nationale mas­cu­line 2 (NM2) et ensuite de s’y main­te­nir ? Le pré­sident François Charmoillaux répond par la néga­tive. « Nous vou­lons jouer les places du haut [en NM3, ndlr], bien sûr, mais avec l’effectif et les moyens que nous avons [160 000 euros de bud­get], je ne vise pas la NM2, sinon je passe pour un con », dit-il sans ambages.

 

Les joueurs du Grenoble Basket 38 écoutent les consignes de leur coach avant le début de l'entraînement, le 27 mars 2018. © Laurent Genin

Les joueurs du Grenoble Basket 38 écoutent les consignes de leur coach avant le début de l’en­traî­ne­ment, le 27 mars 2018. © Laurent Genin

 

Il pré­cise que « le risque est de vendre aux joueurs de l’extérieur des pro­jets irréa­li­sables et qu’après ils nous plantent [départs en cours de sai­son, ndlr]. Je n’ai pas des ambi­tions réduites mais réa­listes par rap­port aux moyens dont nous dis­po­sons. L’équilibre est encore fra­gile. J’ai d’abord besoin de conso­li­der mes bases en jeunes et asso­cia­tives. »

 

Robin Panisset, meneur de jeu et capitaine du Grenoble Basket 38. © Laurent Genin

Robin Panisset, meneur de jeu et capi­taine du Grenoble Basket 38. © Laurent Genin

Créé en 2003, le club est jeune. Il doit se struc­tu­rer davan­tage et se sta­bi­li­ser. Or spor­ti­ve­ment et finan­ciè­re­ment, il existe un fossé entre la NM3 et la NM2, divi­sion où les joueurs sont payés.

 

« Je pense que la NM3 est le niveau limite de la struc­ture actuelle », estime aussi Alain Recoura. « Jusque-là, c’est quand même un peu du bri­co­lage. Aujourd’hui, nous avons une petite géné­ra­tion de joueurs qui per­met d’avoir des résul­tats. Nous pro­fi­tons du fait que Grenoble est une grosse ville étu­diante pour récu­pé­rer des joueurs. Certains res­tent, d’autres non. Il faut jon­gler avec ça, mais ça a ses limites. »

 

 

« Nous nous mettons à intéresser le Grenoblois, pas que le basketteur »

 

François Chamoillaux est conscient de ces limites. Le pro­jet est de miser sur la for­ma­tion des jeunes pour que, dans quelques années, la plu­part évo­luent en NM3 à Grenoble. « Nos gamins qui ont treize, quinze, dix-sept, vingt ans aujourd’hui, je veux que ce soient eux qui jouent en Nationale mas­cu­line 3. Dans l’équipe actuelle de NM3, ce sont des purs pro­duits de la for­ma­tion de clubs : cer­tains de chez nous, d’autres non. Ce ne sont pas des mar­tiens, nous n’avons pas d’Américains, etc. »

 

Paul-Vincent Bencheikh, ballon en main, joue arrière ou ailier au Grenoble Basket 38. © Nathphotos07

Paul-Vincent Bencheikh, bal­lon en main, joue arrière ou ailier au Grenoble Basket 38. © Nathphotos07

Il y a une volonté de faire que le public et les jeunes du club s’identifient au Grenoble Basket 38. « La NM3, c’est la vitrine, c’est ce qui fait par­ler du club. Par contre, ce qui fait que les gens s’y attachent à terme, c’est la proxi­mité. De l’équipe une, il y a quatre ou cinq joueurs qui entraînent les jeunes. Du coup, ces der­niers s’identifient beau­coup plus faci­le­ment. Je veux capi­ta­li­ser sur ça. C’est pos­sible de le faire », explique François Chamoillaux.

 

Déjà, la mon­tée en NM3 a eu des effets posi­tifs cette sai­son. En moyenne, 200 à 300 per­sonnes viennent assis­ter aux matchs. « Nous nous met­tons à inté­res­ser le Grenoblois, pas que le bas­ket­teur. Nous com­men­çons à avoir des sup­por­teurs, des gens qui ne sont pas du club », se réjouit le pré­sident.

 

Actuellement, le Grenoble Basket 38 est le seul club du comité de l’Isère de bas­ket-ball à figu­rer en cham­pion­nat de France mas­cu­lin. Il pour­rait être rejoint la sai­son pro­chaine par Domène, en lice pour l’accession en NM3. Ce serait l’occasion d’assister à un beau derby au centre spor­tif Hoche qui, à n’en pas dou­ter, atti­re­rait les foules.

 

Laurent Genin

 

 

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