Grenoble pousse le diesel sur une voie de garage et restreint ses accès… mais l’État freine encore

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Internationaux de France de patinage du 1er au 3 novembre 2019 à Grenoble

DÉCRYPTAGE – Depuis 2017, Grenoble interdit l’accès à son centre aux véhicules de livraison de marchandises les plus polluants. En 2019, ce périmètre sera étendu à neuf communes, à plus de véhicules aussi, faisant de Grenoble la zone à circulation restreinte la plus large de France. Objectif : bouter le diesel et les véhicules les plus âgés hors des murs d’ici 2030. Le dispositif est ambitieux mais pas encore complètement partagé. Et en matière de lisibilité, difficile de ne pas se perdre en chemin…

 

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Une personne tient une nouvelle pastille Crit'air catégorie 4 devant un véhicule diesel polluant. © Montage : Paul Turenne - placegrenet.fr

© Montage : Paul Turenne – placegrenet.fr

Grenoble met le pied sur l’accélérateur. Après avoir renforcé son dispositif de restrictions de circulation lors des pics de pollution à l’aide des vignettes Crit’air en l’étendant à tout le département, la capitale du Dauphiné continue de s’attaquer aux véhicules les plus polluants.

 

Objectif : bouter le diesel hors de la cuvette à l’horizon 2030. Premiers à mettre en pratique cette politique ? Les livreurs. Depuis janvier 2017, Grenoble a en effet mis en place une zone à circulation restreinte (ZCR) sur le centre-ville élargi. L’idée n’est pas nouvelle, la concertation remonte même à 2011.

 

Avec Paris, la capitale du Dauphiné a été la première à réglementer l’accès de son centre pour l’interdire aux poids lourds et véhicules utilitaires les plus polluants chargés d’acheminer leurs marchandises à bon port. Et ce pic de pollution ou pas.

 

 

Grenoble, future plus large zone basses émissions marchandises de France

 

Les plus âgés carburant au diesel ont été les premiers bannis. Depuis un an, les véhicules non classés, c’est-à-dire sans vignette, ne peuvent en théorie plus passer, et sont priés de laisser leurs marchandises dans l’un des deux centres de distribution urbaine prévus à cet effet. Ils ne sont pas nombreux, à peine 2 % du parc.

 

C’est peu, de l’ordre du symbolique même, mais le dispositif est enclenché. Dès 2019, il va être étendu. Le périmètre interdit à la circulation ne comprendra plus uniquement le centre élargi de Grenoble mais englobera neuf communes sans compter le domaine universitaire.

 

Sur Échirolles, Eybens, Grenoble, La Tronche, Poisat, Le Pont-de-Claix, Saint-Égrève, Saint-Martin-d’Hères et Saint-Martin-le-Vinoux, les véhicules considérés comme les plus polluants seront progressivement écartés de la circulation.

 

La zone à circulation restreinte élargie son périmètre à neuf communes plus le domaine universitaire dès 2019 et interdit son accès aux véhicules de livraison les plus polluants.

La zone à circulation restreinte élargit son périmètre à neuf communes plus le domaine universitaire dès 2019 et interdit son accès aux véhicules de livraison les plus polluants.

 

En 2019, l’interdiction concernera les véhicules dotés de la pastille Crit’air 5 *. Soit 6 % du parc.  En 2020, ce sera au tour des Crit’air 4. 16 % du parc. En 2022, les Crit’air 3 se rajouteront à la liste, englobant à la fois les diesels mais aussi les plus âgés des véhicules essence. On arrive à 40 % de la flotte de véhicules de livraison.

 

En 2025, les diesels seront tous bannis, ne laissant sur les routes que les essence – et encore les plus récents – les véhicules gaz, hybrides, électriques et hydrogène.

 

 

Un système progressif pour permettre aux entreprises d’investir et de s’adapter

 

« L’objectif d’ici 2030 est de libérer le territoire du diesel y compris les véhicules des particuliers, rajoute Yann Mongaburu, le président du syndicat mixte des transports en commune de l’agglomération grenobloise. La première étape, ce sont les poids lourds et les véhicules utilitaires. C’est un élément d’amorçage, un premier pas qui en appellera d’autres ».

 

Grenoble restreint un peu plus ses accès aux véhicules de livraison diesel les plus polluants, en élargissant son périmètre à huit communes. Une livraison à Grenoble. © Léa Raymond - placegrenet.fr

Livraison à Grenoble. © Léa Raymond – placegrenet.fr

Le système se veut progressif pour permettre aux entreprises d’investir et de s’adapter. C’était un préalable pour les représentants du monde économique, et notamment la chambre de commerce et d’industrie et la chambre des métiers présents autour de la table. Avec la mise en place d’un dispositif d’aides local cumulable aux aides nationales*.

 

« Réduire la part du diesel, on n’y coupera pas. Mais c’est en élargissant le périmètre de la zone interdite que l’on fera diminuer la pollution », souligne Jean-Paul Bassaler, qui a suivi le dossier à la CCI de Grenoble.

 

Pour l’heure, le périmètre se heurte à la frontière que trace le Drac. Rive gauche, pas une commune n’a pour l’heure adhéré au dispositif. A Sassenage, le maire se dit pourtant intéressé. « Mais on n’a pas été consulté », répond Christian Coigné. A Fontaine, le sujet n’a été abordé ni en conseil municipal ni en commission**.

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Commentaires 3
  1. Une ville et Métropole poluée car embouteillages partout a cause de ceux qui s’opposent depuis toujours à la fluidification des flux de circulation, et qui au contraire les entravent, comme avec par exemple le fumeux CVCM, créant par la même toujours plus d’embouteillages et donc de pollution!…

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    • Vos données monsieur ? ou c’est toujours du doigt mouillé comme d’habitude ?

      Je ne vais pas me battre avec vous et je sais que nous ne serons jamais d’accord, mais le phénomène d’évaporation de trafic et de report modal sont prouvés par toutes les études dans toutes les villes du monde, lorsque l’on étudie les flux automobiles sur quelques années (et non des données extrapolées sur quelques semaines). CVCM n’est pas encore abouti et les résultats seront observables «pour de vrai» quand les infrastructures de report modal seront achevées, et que les comportements se seront adaptés.

      L’immobilisme n’amène jamais rien de bon, sachez-le, et au lieu de vous lamenter sur «c’était mieux avant», regardez vers l’avenir de nos villes qui se fera avec moins de véhicules, mais plus propres et mieux utilisés. Quel gaspillage de savoir que 75% des déplacements de moins de 5 km sont encore faits en voiture dans l’agglo… seule la création d’alternatives efficaces permet de réduire efficacement le trafic et donc les bouchons.

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  2. Décision ridicule qui ne traite en rien la question de l’exposition:
    – un véhicule thermique qui pollue est un véhicule dont le moteur tourne,
    – il existe des véhicules particuliers diesel qui ne tournent que 50 à 100 heures par an rentrant dans la catégorie 4 ou 5 (exemple nacelles de déménagement)
    – il existe des véhicules essences qui tournent plusieurs heures la journée 5j sur 7 (exemple balayeuses thermiques)
    Évidemment l’exposition entre les deux véhicules est fortement différente, ces deux exemples sont bien réels, le véhicule essence aura émis probablement 100 à 200 fois plus que l’autre en dose intégrée.
    La contrainte est donc mal posée et mal placée et va inévitablement avoir un impact vers les plus fragiles dont les véhicules sont souvent anciens et ne roulent pas pour le plaisir mais pour travailler.

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