Pollution de l’air : les interdictions de circulation s’accélèrent et s’étendent à toute l’Isère

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FOCUS – En Isère, le nouveau dispositif de gestion des épisodes de pollution de l’air se veut plus réactif. Les interdictions de circulation visant les véhicules considérés comme les plus polluants sont dès 2018 accélérées et élargies à l’ensemble du département. Un an après la mise en garde de la Commission européenne, les nouvelles mesures prises par la France peuvent-elles lui éviter d’être déferrée devant la Cour de justice de l’Union européenne ?

 

 

Pollution atmosphérique : limitation de vitesse sur la Rocade Sud de Grenoble

Pollution atmo­sphé­rique : limi­ta­tion de vitesse sur la rocade Sud de Grenoble – © Véronique Serre

Coïncidence ? Alors que la Commission euro­péenne vient de taper du poing sur la table et d’exi­ger de la France qu’elle lui sou­mette de nou­velles pro­po­si­tions pour lut­ter plus effi­ca­ce­ment contre la pol­lu­tion de l’air, Grenoble met le pied sur l’ac­cé­lé­ra­teur.

 

Fin 2016, l’ag­glo­mé­ra­tion avait été la pre­mière, avec Paris, à expé­ri­men­ter les vignettes auto Crit’air. Ces pas­tilles appo­sées sur les pare-brises per­mettent, lors des pics de pol­lu­tion, d’in­ter­dire la cir­cu­la­tion des véhi­cules consi­dé­rés comme les plus pol­luants dans la cuvette gre­no­bloise. Depuis, la vignette s’est géné­ra­li­sée en France. Une tren­taine de villes l’a adop­tée. « On a inventé un dis­po­si­tif dont l’es­prit est depuis devenu la régle­men­ta­tion natio­nale », se féli­cite le pré­fet de l’Isère.

 

 

Grenoble veut anticiper les pics de pollution

 

Un an plus tard, forte de son expé­rience et de quelques ratés, Grenoble passe une vitesse avec l’ob­jec­tif d’être plus réac­tive et d’an­ti­ci­per les pics de pol­lu­tion pour réduire leur durée. Quitte à accé­lé­rer, voire rompre, la pro­gres­si­vité des mesures jusque-là mises en place.

 

Jusque-là, il fal­lait en effet attendre cinq jours de pol­lu­tion consé­cu­tifs pour que soient inter­dits à la cir­cu­la­tion les véhi­cules les plus pol­luants (Crit’air 4 et 5). Et sept jours d’af­fi­lée pour que cette inter­dic­tion soit éten­due à un quart du parc rou­lant. Autant de temps pen­dant lequel la pol­lu­tion, elle, avait toutes les chances de faire son che­min…

 

Pollution dans la cuvette grenobloise : pour la première fois, les véhicules les polluants (immatriculés avant 1997) seront interdits de circulation dès samedi 10 décembre. Lundi, avec la persistance du pic de pollution, l'interdiction devrait être élargie. Crédit Patricia Cerinsek

Pollution dans la cuvette gre­no­bloise : les inter­dic­tions de cir­cu­la­tion s’ac­cé­lèrent. ©Patricia Cerinsek

 

Ce temps de latence est désor­mais levé. Bref, à tout moment, le pré­fet asso­cié à un comité d’ex­perts* peut déci­der de mettre en place la cir­cu­la­tion dite dif­fé­ren­ciée, en fonc­tion des pré­vi­sions et mesures effec­tuées par Atmo, l’or­ga­nisme chargé de sur­veiller la qua­lité de l’air dans l’ag­glo­mé­ra­tion.

 

Et per­sonne ne devrait y cou­per. Jusque-là, les poten­tielles inter­dic­tions de cir­cu­la­tion n’é­taient effec­tives qu’à Grenoble et ses abords. Désormais, c’est par­tout dans l’Isère. Que vous cir­cu­liez dans les mon­tagnes du Vercors ou le nord du dépar­te­ment, vous cour­rez poten­tiel­le­ment le risque de vous voir bar­rer la route, avec amendes à la clé **, s’il s’a­vère que votre véhi­cule devait res­ter au garage ce jour-là.

 

Etiquette CRIT'Air, niveau 4, pollution, voiture © Chloé Ponset - Place Gre'net

© Chloé Ponset – Place Gre’net

Le dis­po­si­tif a donc été revu et cor­rigé. Adapté aussi aux types de pol­luants (par­ti­cules fines, dioxyde d’a­zote, ozone) comme aux bas­sins d’air (gre­no­blois, nord-Isère et zone alpine Isère). Au final, cela donne tout un long panel de mesures que le pré­fet peut désor­mais décli­ner à la carte. A l’au­to­mo­bi­liste d’être un mini­mum atten­tif…

 

Car si ces mesures ont été har­mo­ni­sées sur le ter­ri­toire fran­çais avec l’a­ban­don de la cir­cu­la­tion alter­née (les plaques d’im­ma­tri­cu­la­tion paires/impaires), elles se déclinent dif­fé­rem­ment selon les zones tra­ver­sées au gré des spé­ci­fi­ci­tés géo­gra­phiques et atmo­sphé­riques.

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Commentaires 1
  1. Convaincre la Commission en se moquant d’elle ? Ca risque d’être un peu dur.

    Tout cela ne vise qu’à une chose, à la fois naï­ve­ment et pas arro­gance : démon­trer que l’Etat rem­plit son obli­ga­tion de moyens afin d’é­vi­ter que sa res­pon­sa­bi­lité soit enga­gée. Ce qui ne fonc­tion­ner pas, car figu­rez vous que la simple pro­cé­dure d’in­frac­tion suf­fit pour le simple citoyen lui sai­sie la CJUE, où la France sera condam­née !

    Oh les belles class-actions !

    https://groupedanalysemetropolitain.com/2017/06/01/les-vignettes-critair-enfin-obligatoires-et-bien-non-elle-ne-se-sont-toujours-pas/

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