REPORTAGE – Hasard ou acte délibéré ? Tandis que le festival Transfo de la French Tech in the Alps – ode à la société numérique et connectée – bat son plein, les collectifs anti-Linky ont choisi ce samedi 20 janvier pour organiser leur première grande rencontre régionale. Objectif : organiser et poursuivre la rébellion contre le compteur communicant Linky qu’Enedis installe partout en France.
Une soixantaine de personnes se sont retrouvées, ce samedi 20 janvier, au café associatif l’Engrenage, à Grenoble, dont plus d’une dizaine de représentants de collectifs rhônalpins, venus de Die, Saint-Étienne, Chambéry, Valence, du Nord Isère ou encore de Lyon. Une journée à l’initiative du collectif Grenoble anti-Linky visant à dresser un panorama des actions menées contre l’installation de ce compteur communicant et à plancher sur les moyens d’agir à l’avenir.

Première rencontre régionale, à Grenoble, des collectifs anti-Linky (le compteur communicant d’Enedis), samedi 20 janvier 2018 au café associatif L’Engrenage © Séverine Cattiaux – Place Gre’net
« On peut dire que nous sommes des zadistes et qu’il y a aujourd’hui une Zad [zone à défendre, ndlr] sur notre santé et notre intimité », estime Patrick, membre du collectif anti-Linky des Hautes-Alpes. Une allusion aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes dont la ténacité a probablement pesé sur la décision du président Macron de renoncer, le 17 janvier dernier au projet d’aéroport. De quoi nourrir plus encore la détermination du mouvement anti-Linky à ne rien lâcher.
« Le symptôme d’une société technologique industrielle qui nous est imposée »
A la pause de midi, Romane, membre du collectif Grenoble anti-Linky, mesure les forces en présence : « C’est une course de vitesse entre Enedis [qui pose les compteurs Linky, ndlr] et les citoyens. Mais, un peu partout en France, il y a des gens qui prennent conscience qu’il y a un danger », assure-t-elle.

Première rencontre régionale, à Grenoble, des collectifs anti-linky (le compteur communicant d’Enedis), samedi 20 janvier 2018 au café associatif L’Engrenage © Séverine Cattiaux – Place Gre’net
Un danger, vraiment ? Dans cette réunion de militants, tout le monde en est farouchement convaincu. Pour Romane et les autres, Linky n’est autre qu’un mouchard technologique. « D’ailleurs, les ingénieurs d’Enedis parlent même de “capteurs” parce que c’est un monde où l’on va tout capter pour mieux nous contrôler ! », tempête Romane.
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