Ligne ferroviaire Grenoble-Gap : marche arrière toute ?

sep article



EN BREF – On pensait la ligne Gap-Grenoble sauvée. Mais les atermoiements du Département de l’Isère sur la question du financement pourrait bien sonner le glas de cette desserte ferroviaire. Alors que la SNCF s’apprêterait à fermer un croisement stratégique, le collectif de défense des usagers de la ligne tire une nouvelle fois la sonnette l’alarme et appelle au rassemblement samedi 14 octobre. Pas sûr que le millier de passagers quotidiens fasse le poids…

 

 

Alors que la Région avait annoncé le lan­ce­ment d’un vaste plan de sau­ve­tage des petites lignes fer­ro­viaires et que la Métropole de Grenoble, lui emboî­tant le pas, avait décidé de mettre la main à la poche, le retrait du Département de l’Isère du plan de finan­ce­ment va-t-il son­ner le glas de la ligne Grenoble-Gap ?

 

La ligne Grenoble-Gap à nouveau menacée après le retrait des départements de l'Isère et des Hautes-Alpes du tour de table. Le collectif de défense des usagers de la ligne (re)monte au créneau. © Robert Cuchet

La ligne Grenoble-Gap à nou­veau mena­cée après le retrait des dépar­te­ments de l’Isère et des Hautes-Alpes du tour de table. Le col­lec­tif de défense des usa­gers de la ligne (re)monte au cré­neau. © Robert Cuchet

 

Au début de l’été, le conseil dépar­te­men­tal de l’Isère (comme celui des Hautes-Alpes) a en effet fait part de ses réti­cences à finan­cer la ligne qui relie les deux chefs-lieux de dépar­te­ment en pas­sant par Veynes. Au vu du mon­tant des tra­vaux à enga­ger (50 mil­lions d’eu­ros en tout) et de la fré­quen­ta­tion de la ligne (entre 600 et 1 000 selon les esti­ma­tions), prio­rité est pour l’exé­cu­tif dépar­te­men­tal clai­re­ment don­née au Grenoble-Lyon et ses 20 000 pas­sa­gers quo­ti­diens.

 

 

Un rassemblement à Lus-la-Croix-Haute pour sauver le Grenoble-Gap

 

 

Gare de Monestier-de-Clermont sur la ligne Grenoble-Gap. © Philippe Brenet

Gare de Monestier-de-Clermont sur la ligne Grenoble-Gap. © Philippe Brenet

Mais voilà, Laurent Wauquiez ayant condi­tionné sa par­ti­ci­pa­tion à celle du Département, l’a­ve­nir du Grenoble-Gap, seule liai­son fer­ro­viaire directe entre Grenoble et le sud des Alpes, paraît bien com­pro­mis. Sur le ter­rain, le col­lec­tif de l’é­toile fer­ro­viaire de Veynes qui, depuis des années, se bat pour sau­ver la ligne, n’en finit pas de tirer la son­nette d’a­larme. Samedi 14 octobre, ce grou­pe­ment d’u­sa­gers et de che­mi­nots appelle à nou­veau à un ras­sem­ble­ment à 14 h 30, en gare de Lus-la-Croix-Haute (Drôme).

 

« Encore ? Malheureusement, oui », se désole le col­lec­tif dans un com­mu­ni­qué. « C’est que mal­gré les annonces volon­tiers ras­su­rantes mais tou­jours floues des auto­ri­tés, mal­gré une fré­quen­ta­tion qui se main­tient à mille voya­geurs par jour en dépit d’une pro­gres­sive dégra­da­tion du ser­vice, mal­gré la mobi­li­sa­tion des usa­gers, des che­mi­nots et des élus locaux, la ligne Grenoble-Gap se rap­proche pour l’instant d’une mort à moyen terme. »

 

 

L’État et les régions accusés de se renvoyer la patate chaude du financement

 

 

Le grou­pe­ment d’u­sa­gers et de che­mi­nots pré­cise : « D’une part, SNCF Réseau s’apprête à fer­mer le croi­se­ment en gare de Lus, en aggra­vant volon­tai­re­ment les pro­blèmes de cir­cu­la­tion sur une ligne déjà malade d’être sous-entre­te­nue. Au risque de faire perdre patience aux usa­gers jusqu’ici fidèles. D’autre part, tout en affir­mant la main sur le cœur vou­loir “sau­ver” la ligne, l’État et les deux Régions (Auvergne Rhône-Alpes et Paca, ndlr) concer­nées se ren­voient la patate chaude pour savoir qui débour­sera les cin­quante mil­lions néces­saires pour évi­ter la fer­me­ture de la voie d’ici quelques années. En atten­dant, pas un seul cen­time n’a été bud­gété par ces auto­ri­tés. »

 

Croisement de trains en gare de Lus la Croix Haute - © Philippe Brenet

Croisement de trains en gare de Lus-la-Croix-Haute – © Philippe Brenet

 

Pendant ce temps, la ligne se dégrade chaque jour un peu plus. Résultat : à par­tir de la fin de l’an­née, il fau­dra comp­ter huit minutes de plus pour faire le tra­jet Grenoble-Gap. « Ce ral­lon­ge­ment entraî­nant des impos­si­bi­li­tés de croi­se­ment, deux tra­jets quo­ti­diens entre Clelles et Gap seront sup­pri­més », sou­ligne le col­lec­tif de défense de la ligne qui y voit une mort à petit feu.

 

« Le para­doxe c’est que, si SNCF Réseau auto­ri­sait le croi­se­ment des trains en gare de Lus, ces deux trains pour­raient peut-être conti­nuer de rou­ler. En effet, le jeu des reports de croi­se­ments vers des gares et des horaires dif­fé­rents per­met­trait plus de sou­plesse dans la ges­tion du tra­fic. Mais l’entreprise res­pon­sable du réseau pré­fère tirer sur l’ambulance », juge le col­lec­tif.

 

 

Patricia Cerinsek

 

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
commentez lire les commentaires
5543 visites | 2 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 2
  1. Euh… le petit train rouge en photo, ne serait-ce pas plu­tôt le petit train de La Mure ?

    sep article
    • PT

      13/10/2017
      14:30

      Un pro­blème de légende photo est à l’o­ri­gine de cette erreur. Merci pour votre vigi­lance, c’est cor­rigé !

      sep article