Le collectif Touchez pas à nos bibliothèques demande l’annulation du Trophée de la concertation remis à Grenoble

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« Depuis quand les pyromanes sont-ils récompensés par les pompiers ? », s’interroge le collectif Touchez pas à nos bibliothèques. Un collectif qui conteste la remise d’un Trophée de la participation et de la concertation 2017 à la ville de Grenoble, lundi 2 octobre. Et a adressé une lettre ouverte au vitriol au jury des Trophées en question.

 

 

UNE Eric Piolle, maire EELV de Grenoble lors d'un conseil municipal. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Eric Piolle, maire EELV de Grenoble lors du conseil muni­ci­pal du 10 juillet 2017. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Objectif de la lettre ? Demander pure­ment et sim­ple­ment « l’an­nu­la­tion du Trophée de la par­ti­ci­pa­tion 2017 attri­bué abu­si­ve­ment à la Ville de Grenoble ». Le col­lec­tif juge en effet que l’in­ter­pel­la­tion citoyenne est « morte le 10 juillet 2017 ». Soit durant le conseil muni­ci­pal de la Ville au cours duquel Éric Piolle a refusé de por­ter la péti­tion du col­lec­tif à la vota­tion citoyenne, et ceci au pro­fit d’une « consul­ta­tion » publique.

 

 

La Ville est passée outre son propre règlement, juge le collectif

 

 

Touchez pas à nos biblio­thèques consi­dère que le maire de Grenoble est passé outre son propre règle­ment. « [Le] dis­po­si­tif per­met­tait à une péti­tion qui obte­nait plus de 2 000 signa­tures de Grenoblois d’être auto­ma­ti­que­ment débat­tue en conseil muni­ci­pal. A l’issue du débat, le maire pou­vait soit rete­nir la pro­po­si­tion, soit la sou­mettre à l’avis des Grenoblois dans le cadre d’une vota­tion citoyenne orga­ni­sée par la Ville au moins une fois par an », écrit-il.

 

Le collectif Touchez pas à nos bibliothèques © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Le col­lec­tif Touchez pas à nos biblio­thèques. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

Le col­lec­tif s’ap­puie aussi sur un entre­tien accordé par Pascal Clouaire au Dauphiné libéré le 16 août 2016. L’adjoint de Grenoble en charge de la démo­cra­tie locale y décla­rait : « Nous avons voulu que, si une demande qui a recueilli au moins 2 000 signa­tures n’est pas vali­dée par le conseil muni­ci­pal, elle passe auto­ma­tique à l’é­tape sui­vante, la vota­tion citoyenne. Ainsi, une pro­po­si­tion ne peut pas tom­ber aux oubliettes. »

 

 

Le collectif demande à « ne pas galvauder les principes de la démocratie participative »

 

 

Pour le col­lec­tif, il ne fait aucun doute que la Ville de Grenoble a « de fait, mis défi­ni­ti­ve­ment fin au dis­po­si­tif mis en place en février 2016 », et ne mérite donc plus de rece­voir l’un des 18 Trophées de la par­ti­ci­pa­tion et de la concer­ta­tion. Les lau­réats de l’é­di­tion 2017 avaient été nom­més le 16 février 2017 par un jury cha­peauté par l’an­cienne ministre Marylise Lebranchu et le pro­fes­seur de sciences poli­tiques Loïc Blondiaux.

 

« Outre la dif­fi­culté d’attribuer un prix à un dis­po­si­tif qui, de fait, n’a plus aucune réa­lité puisque non res­pecté par ses propres pro­mo­teurs, le main­tien de son attri­bu­tion ris­que­rait d’entacher considé­rablement la répu­ta­tion des Trophées de la par­ti­ci­pa­tion et de la concer­ta­tion. […] Nous comp­tons sur vous pour ne pas gal­vau­der les prin­cipes les plus élé­men­taires de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive », conclut le col­lec­tif Touchez pas à nos biblio­thèques dans sa lettre ouverte au jury.

 

FM

 

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Commentaires 3
  1. sep article
    • Vous oppo­sez au dis­po­si­tif muni­ci­pal l’ar­ticle 1112 – 16 du Code géné­ral des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales (Art 1112 – 16), qui pré­voit l’ins­crip­tion d’of­fice à l’ODJ d’une assem­blée com­mu­nale d’une ques­tion rele­vant de ses déci­sions, à la requête d’un cin­quième des élec­teurs ins­crits. Soit 17.000 élec­teurs rap­por­tés à Grenoble.

      Le dis­po­si­tif muni­ci­pal s’ap­puyait sur cette dis­po­si­tion, mais il abais­sait dras­ti­que­ment le seuil de sai­sine citoyenne (8 fois moins que prévu par la loi dans le cas d’es­pèce, soit 2000 péti­tion­naires), tout en en élar­gis­sant l’as­siette à l’en­semble des rési­dents âgés de 16 ans révo­lus.

      Ce dis­po­si­tif se dou­blait de plus d’un enga­ge­ment solen­nel de la majo­rité muni­ci­pale à faire adop­ter dans les termes une requête main­te­nue vali­dée par 20.000 élec­teurs, en cas de rejet par le CM. Tout celà consti­tuait une avan­cée démo­cra­tique indé­niable, car la loi ne le pré­voit pas.

      La muni­ci­pa­lité s’é­tant déliée de son enga­ge­ment dès l’ap­proche de la deuxième vota­tion, les gre­no­blois ont bien com­pris (sans vous) que l’ex­pé­rience s’ar­rê­tait là.

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  2. Si jamais ce tro­phée était remis à la ville de Grenoble, nous vous pro­po­se­rons de signer une lettre assez « verte » adres­sée à Nicolas Hulot, le ministre en change de ce bazar.
    Il com­mence à en avoir marre de ces cénacles où on se congra­tule mutuel­le­ment sur des bases fausses et avec l’argent du contri­buable.
    Rappelons au Ministre que le sys­tème de « démo­cra­tie » locale est tel­le­ment bien conçu que le pré­fet l’a déféré parce qu’il est illé­gal.

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