FN : Le ralliement surprise de la Grenobloise Mireille d’Ornano à Florian Philippot

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FOCUS – Mireille d’Ornano a annoncé lundi 25 septembre qu’elle quittait le Front national (FN) pour rejoindre les Patriotes, le mouvement lancé par l’ex vice-président du FN Florian Philippot. L’eurodéputée et conseillère municipale d’opposition à Grenoble revient pour Place Gre’net sur ce choix.

 

 

Mireille D'Ornano et Thibaut Monnier. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Thibaut Monnier a suc­cédé à Mireille d’Ornano à la tête du Front natio­nal Isère en mai 2016. Aujourd’hui, les sou­rires ont laissé place aux cri­tiques. © Archive Joël Kermabon – Place Gre’net

« Femme de convic­tions, je refuse aujourd’hui plus que jamais d’abandonner la rai­son même de mon long et cou­ra­geux enga­ge­ment poli­tique : la défense de la sou­ve­rai­neté natio­nale », a écrit Mireille d’Ornano, dans un com­mu­ni­qué publié sur son compte Twitter, pour expli­quer son départ du FN et son choix de rejoindre les Patriotes.

 

Joint au télé­phone ce mardi 26 sep­tembre, Thibaut Monnier, le secré­taire dépar­te­men­tal du FN Isère, contre-attaque. « Je n’ai vu nulle part que le Front allait reve­nir sur la défense de la sou­ve­rai­neté. Je pense que c’est un pré­texte pour par­tir et peut-être exi­ger d’avoir des places qu’elle n’aurait pas pu obte­nir dans les années à venir. C’est de la vieille poli­tique. Pour incar­ner la moder­nité, il aurait fallu que Florian Philippot et ses équipes acceptent le débat interne de la refon­da­tion du Front natio­nal. »

 

« On voit bien la manœuvre, reprend Thibaut Monnier. Dans deux ans, il y a des élec­tions euro­péennes. Florian Philippot va cer­tai­ne­ment cher­cher à créer des listes à tra­vers la France. Personne n’est dupe. […] Elle cherche à se faire réélire. »

 

 

Mireille d’Ornano : « À l’heure actuelle, on ne sait pas où le FN veut aller »

 

 

Contactée, Mireille d’Ornano pré­cise que « Florian [Philippot] a une ligne lisible alors qu’à l’heure actuelle, on ne sait pas où le Front veut aller ». Sur l’euro et l’Europe notam­ment, selon elle. « Un jour, on veut sor­tir de l’Europe, un autre jour on veut la réfor­mer de l’intérieur. Moi, je ne vois pas com­ment ! », lance-t-elle.

 

Mireille D'Ornano © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Mireille d’Ornano se retrouve dans les idées du « gaul­lisme social » qu’in­car­ne­rait Florian Philippot. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

 

Mireille d’Ornano dit se retrou­ver dans les idées « du gaul­lisme social » que défen­drait Philippot. « Je me sens mieux dans ce for­mat. Après, je ne renie pas ce que j’ai fait. » Mais « à l’heure actuelle », elle « ne savai(t) plus où (elle) étai(t) au Front ».

 

« En plus, ajoute-t-elle, je trouve que c’est une injus­tice d’avoir fait par­tir Florian. On ne l’a pas mis dehors mais c’est tout comme. Il ne pou­vait que par­tir, c’est évident. » Après avoir refusé de démis­sion­ner de la pré­si­dence des Patriotes, Philippot res­tait vice-pré­sident du FN mais sans attri­bu­tion puisque l’élaboration de la stra­té­gie et la com­mu­ni­ca­tion lui avaient été reti­rées par le parti. Avant qu’il n’officialise son départ le 21 sep­tembre. « Je n’aime pas l’in­jus­tice, je n’aime pas qu’on fasse du mal aux gens », explique Mireille d’Ornano.

 

 

Écartée de la tête du FN Isère en mai 2016

 

 

Le 9 mai 2016, après son sou­tien assumé à Jean-Marie Le Pen lors de l’hommage rendu à Jeanne d’Arc le 1er mai, Mireille d’Ornano, alors secré­taire dépar­te­men­tale du FN 38, avait dû lais­ser les com­mandes à Thibaut Monnier. Si à l’époque elle refu­sait de par­ler d’évic­tion, aujourd’hui elle dit bien qu’on lui a « coupé la tête ».

 

Thibaut Monnier estime que le choix de Mireille d'Ornano "révèle bien plus un opportunisme politique personnel qu’une réelle conviction générale". © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'netSoirée électorale à la Préfecture de Grenoble. 23 avril 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Thibaut Monnier, secré­taire dépar­te­men­tale du Front natio­nal de l’Isère. Soirée élec­to­rale à la Préfecture de Grenoble, 23 avril 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Aux côtés de Jean-Marie Le Pen en 2016, aujourd’hui avec Florian Philippot, qui a tou­jours vio­lem­ment com­battu Le Pen, la tra­jec­toire poli­tique de Mireille d’Ornano sur­prend. « Être une proche de Jean-Marie Le Pen c’est une chose, mais Jean-Marie Le Pen a 89 ans. J’ai quand même le droit aussi de pen­ser autre­ment ! », répond-elle quand on le lui fait remar­quer.

 

« Si c’é­tait Jean-Marie Le Pen qui était aux com­mandes, je ne serais pas par­tie, ça c’est sûr », ajoute-t-elle néan­moins : « Cela révèle bien plus un oppor­tu­nisme poli­tique per­son­nel qu’une réelle convic­tion géné­rale », tacle Thibaut Monnier. « Je le regrette pour elle et je pense qu’elle fait une erreur. »

 

 

Thibaut Monnier l’invite à rendre ses mandats

 

 

Le secré­taire dépar­te­men­tal du Front natio­nal Isère veut que l’eurodéputée et conseillère muni­ci­pale à Grenoble assume désor­mais l’ensemble des consé­quences de son départ. « J’appelle Mireille d’Ornano à res­ter logique jusqu’au bout et à rendre tous ses man­dats car ils ont été obte­nus grâce au Front natio­nal. »

 

Indiquant que « les polé­miques des uns et des autres ne (l)’intéressent pas » – « Moi, je me bats pour la France, pour mes idées », dit-elle – Mireille d’Ornano glisse tout même que « des gens comme Thibaut Monnier qui disent n’importe quoi, c’est navrant. Qu’il s’occupe peu ou prou de sa Fédération, c’est tout. »

 

 

Laurent Genin

 

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Commentaires 3
  1. Franchement ? que tous ces natio­na­listes du FN ou des Patriotes se tapent des­sus ne peut que me réjouir. Je ne com­prends pas com­ment, dans la mon­dia­li­sa­tion on peut pen­ser tout petit petit, tout petit point appelé France. Qu’on réflé­chisse à une autre mon­dia­li­sa­tion où les affaires ne pren­draient pas la place des habi­tants, oui. Qu’on veuille fer­mer les fron­tières pour res­ter entre soi, non, impos­sible. Je n’ai déjà pas com­pris ce que Madame d’Ornano fait à Bruxelles au par­le­ment euro­péen.
    Alors, conti­nuez, SVP, à vous taper des­sus. Vous vous éli­mi­ne­rez tout seuls de la scène poli­tique.

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    • La mon­dia­li­sa­tion, (l’ouverture des fron­tières aux hommes, aux capi­taux, aux pro­duit) pose un cer­tain nombre de pro­blèmes :

      -Regardez Alstom Grenoble vendu aux amé­ri­cains de GE… (très bon repor­tage sur la chaine par­le­men­taire cette semaine)
      ‑Trouvez-vous cela nor­mal que ce que vous man­gez et pro­dui­sez doit faire le tour de la terre ?
      ‑Des bidon­villes qui reviennent à Grenoble

      LA réponse « patriote » dit que le cadre de la Nation (du pays) est la meilleur pro­tec­tion de habi­tants contre l’ultra capi­ta­lisme mon­dia­lisé.

      Qu’elle est votre meilleur solu­tion ? Réfléchir à une meilleur mon­dia­li­sa­tion ? oui pour­quoi pas mais à chaque fois que l’on entend cela on conclue par « il faut plus de mon­dia­li­sa­tion (ou d’eu­rope) » et cela accrois encore plus les inéga­li­tés.

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  2. 30 ans de com­bat poli­tique !
    Mireille d’Ornano n’a pas volée son man­dat, Au contraire ! Thibault Monnier à plombé la fédé­ra­tion de l’Isère en la dépouillant ! Avant de don­ner des leçons, il devrait plu­tôt se regar­der et peut-être réflé­chir à une retraite anti­ci­pée ! Dehors mon­sieur Monnier !

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