L’épicerie collaborative l’Éléfàn ouvre ses portes le 1er septembre

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FOCUS – L’Éléfàn va ouvrir ses portes le 1er septembre prochain, chemin de la Capuche à Grenoble. Cette épicerie collaborative réservée à ses adhérents-bénévoles disposera d’un local de vente de 100 m2 proposant de préférence des produits locaux ou bio à des prix accessibles. Un premier pas en attendant l’ouverture à terme d’un véritable supermarché.

 

 

Maxime Bertolini du supermarché collaboratif l'Eléfàn. © Alexandra Moullec

Maxime Bertolini, à l’o­ri­gine de l’as­so­cia­tion L’Eléfàn. © Alexandra Moullec

C’est à la fois un abou­tis­se­ment et une nou­velle étape. Après un an d’exis­tence, l’as­so­cia­tion l’Éléfàn va ouvrir son épi­ce­rie col­la­bo­ra­tive le ven­dredi 1er sep­tembre à Grenoble, au 13 che­min de la Capuche. Soit, iro­ni­que­ment, tout juste der­rière le maga­sin Intermarché du bou­le­vard Foch.

 

Après un pas­sage à Cap Berriat puis au pavillon Canopea de la Presqu’ïle, l’Éléfàn emmé­nage dans un local de 180 m2 dont une cen­taine consa­crée à l’es­pace de vente d’ar­ticles habi­tuel­le­ment ven­dus en épi­ce­rie, depuis l’a­li­men­taire jus­qu’aux pro­duits d’en­tre­tien.

 

 

Des produits bio, locaux… ou responsables

 

 

On est pour­tant loin d’une épi­ce­rie clas­sique. L’Éléfàn entend avant tout être « un lieu convi­vial » pro­po­sant « des pro­duits de qua­lité, acces­sibles à tout le monde, de pré­fé­rence locaux et bio », explique Olivier Bret, réfé­rent com­mu­ni­ca­tion de l’as­so­cia­tion. « Ce n’est cepen­dant pas une obli­ga­tion : le fait que cela soit local ou bio peut créer des bar­rières à l’ac­ces­si­bi­lité. Mais on essaye de mettre en place un cahier des charges dans le choix des pro­duits. »

 

L'Éléfàn en travaux © Florent Mathieu - Place Gre'net

Olivier Bret dans le futur local de l’épicerie col­la­bo­ra­tive l’Éléfàn, encore en chan­tier. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Est-ce à dire que l’on ne trou­vera pas, à l’Éléfàn, des pro­duits mal consi­dé­rés éthi­que­ment comme le Nutella ou le Coca Cola ? L’exemple du Nutella fait sou­rire Olivier Bret, la marque reve­nant sou­vent dans les débats. « On est aussi dans une démarche où l’on veut lais­ser aux adhé­rents le choix d’a­voir les pro­duits qu’ils dési­rent. Si, demain, la majo­rité des adhé­rents dit vou­loir du Nutella, nous n’au­rons pas la pos­si­bi­lité de nous y oppo­ser. »

 

Mais l’é­pi­ce­rie col­la­bo­ra­tive pourra, en revanche, pro­po­ser des alter­na­tives. Le Noixtella par exemple, une pâte à tar­ti­ner créée par des pro­duc­teurs de noix de Saint-Romans. Ou le Yaute Cola, un Cola bio fabri­qué à l’eau des Alpes. « Tout a une alter­na­tive locale ou res­pon­sable. Il faut juste la trou­ver et pou­voir la pro­po­ser à un prix acces­sible », juge Olivier Bret.

 

 

Un commerce réservé à ses adhérents-bénévoles

 

 

La méthode pour par­ve­nir à des prix de vente plus bas que les autres com­merces, sur des pro­duits par­fois d’une qua­lité supé­rieure ? Faire appel au béné­vo­lat. C’est l’autre par­ti­cu­la­rité de l’Éléfàn, une épi­ce­rie qui « appar­tient à ses adhé­rents ». Vous ne pour­rez ainsi pré­tendre y faire vos courses que si vous adhé­rez à l’as­so­cia­tion… et vous enga­gez à don­ner trois heures de votre temps par mois pour aider au rou­le­ment de la struc­ture.

 

« Fonctionner essen­tiel­le­ment avec des béné­voles per­met d’a­voir des marges réduites et des prix 40 % moins chers que dans les grandes sur­faces », affirme Olivier Bret. Une per­sonne sera tout de même embau­chée afin d’as­su­rer une pré­sence constante durant les horaires d’ou­ver­ture, « mais le but est vrai­ment d’a­voir un mini­mum de sala­riés ».

 

Le Park Slope Food Coop de Brooklyn. DR

Le Park Slope Food Coop de Brooklyn. DR

Un mode de fonc­tion­ne­ment viable ? L’association s’ins­pire du modèle amé­ri­cain du Park Slope Food Coop, fondé en pleine vague hip­pie, en 1973, dans le quar­tier de Brooklyn à New-York.

 

Ici aussi, seuls les adhé­rents peuvent ache­ter, et cha­cun doit don­ner de son temps. Plus de qua­rante ans plus tard, l’é­ta­blis­se­ment compte 17 000 membres et tourne à plein régime, sept jours sur sept.

 

L’Éléfàn n’a, pour le moment, pas cette pré­ten­tion. Se basant sur l’i­dée qu’un élé­phant « ne sait pas sau­ter », l’as­so­cia­tion pré­fère ne pas brû­ler les étapes et n’ou­vrir l’é­pi­ce­rie col­la­bo­ra­tive que les ven­dre­dis et same­dis dans un pre­mier temps. Le but est d’a­van­cer « intel­li­gem­ment », affirme Olivier Bret. Y com­pris dans la ges­tion de stocks péris­sables, comme des fruits ou légumes. Quant à la viande, les adhé­rents ne la trou­ve­ront pas dans les rayons réfri­gé­rés dès l’ou­ver­ture.

 

 

Un échec (relatif) de la campagne de crowdfunding

 

 

© L'éléfàn

© L’éléfàn

La pru­dence est d’au­tant plus de mise que l’Éléfàn risque fort de ne pas rem­plir les objec­tifs de sa cam­pagne de finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif lan­cée sur la pla­te­forme Helloasso. Sauf sur­prise de der­nière minute, les 19 500 euros espé­rés ne seront pas atteints.

 

Pas de catas­trophe non plus, tou­te­fois : la somme obte­nue dépasse les 11 000 euros, alors qu’il reste encore plus d’un mois de cam­pagne.

 

« Notre cam­pagne de finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif a été un peu com­pli­quée, recon­naît Olivier Bret. On a fait le maxi­mum, mais la période des vacances n’é­tait pas idéale. C’est dom­mage parce que ça va nous obli­ger à réduire notre gamme des pro­duits, mais cela ne nous empê­chera pas d’en pro­po­ser d’autres par la suite. »

 

La banderole est déjà prête pour l'ouverture © Florent Mathieu - Place Gre'net

La ban­de­role est déjà prête pour l’ou­ver­ture. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

L’Éléfàn peut en tout cas comp­ter sur les sou­tiens de Grenoble Alpes ini­tia­tive active (Gaia), de la Métro et du Conseil dépar­te­men­tal, dans le cadre du sou­tien à l’Économie sociale et soli­daire. Sans contri­buer finan­ciè­re­ment au pro­jet, la Ville de Grenoble a éga­le­ment apporté son aide en matière de conseils et de réseau.

 

À cela, s’a­joutent des dons de linéaires ou de meubles de caisse, et tout le tra­vail des béné­voles pour refaire la pein­ture du local, un ancien garage à motos qui en avait bien besoin. Autant de bonnes volon­tés qui devraient per­mettre à l’Éléfàn d’ou­vrir au pre­mier jour de sep­tembre, en atten­dant l’i­nau­gu­ra­tion offi­cielle le 6 octobre. Ainsi qu’une jour­née portes ouvertes le 14 octobre, « à l’oc­ca­sion du lan­ce­ment du Cairn ».

 

 

Un supermarché de 1 000 m2 d’ici 2020 ?

 

 

Cet empla­ce­ment n’est tou­te­fois qu’une étape dans le pro­jet de super­mar­ché de l’Éléfàn. « C’est un local de tran­si­tion, rap­pelle Olivier Bret. L’association a pour voca­tion d’ou­vrir un vrai super­mar­ché avec une sur­face de vente de 1 000 m2. Là, c’est vrai­ment pour com­men­cer, c’est un peu le labo­ra­toire de l’Éléfàn. »

 

De gauche à droite : Maxime Bertolini, fondateur de l'Eléfàn et Tom Boothe, réalisateur de Food Coop. © Alexandra Moullec

Maxime Bertolini, fon­da­teur de l’Eléfàn, et Tom Boothe, réa­li­sa­teur de Food Coop. © Alexandra Moullec

Un labo­ra­toire indis­pen­sable au demeu­rant pour éprou­ver sa méthode, mais aussi avoir le nombre suf­fi­sant d’adhé­rents. Ils sont actuel­le­ment 750, en comp­tant « beau­coup d’adhé­sions de sou­tien », pré­cise Olivier. Ce der­nier attend donc de voir com­bien de membres confir­me­ront leur volonté de don­ner trois heures de leur temps par mois, sachant qu’un véri­table super­mar­ché néces­si­te­rait entre 1 300 et 1 500 adhé­rents.

 

Il n’en est pas moins opti­miste quant à l’ou­ver­ture d’un super­mar­ché col­la­bo­ra­tif. « Si l’é­pi­ce­rie se passe bien, on pour­rait pré­tendre à une ouver­ture pour 2020 », estime ainsi Olivier Bret. Espace restruc­turé quar­tier Berriat, éco­quar­tier de Flaubert… les pos­sibles empla­ce­ments sont d’ores et déjà étu­diés de près. Mais le choix final revien­dra encore une fois aux adhé­rents.

 

 

Florent Mathieu

 

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