Une rescapée socialiste au milieu des neuf députés marcheurs

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CARTE INTERACTIVE ET REPORTAGE VIDÉO – Avec neuf députés sur dix, La République en marche confirme en Isère la vague amorcée lors de la présidentielle. Malgré quelques résistances à gauche, les macronistes ne laissent qu’une circonscription à leurs adversaires politiques. En l’occurrence à Marie-Noëlle Battistel. La députée sortante, qui conserve son siège, sauve le parti socialiste d’une débâcle totale. Et renvoie accessoirement son ex-suppléant, qu’elle affrontait au second tour, à ses affaires municipales. Car, dans la bataille, Fabrice Hugelé pourrait (aussi) perdre son poste de vice-président à la Métro…

 

 

 

Elections législatives. Soirée électorale à la Préfecture de l'Isère. 11 juin 2017. Marie-Noëlle Battistel, socialiste, 11 juin 2017© Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Marie-Noëlle Battistel, 11 juin 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

La République en marche a sur l’Isère man­qué de peu le car­ton plein. Sur les dix cir­cons­crip­tions, elle en empoche neuf, lais­sant une socia­liste seule res­ca­pée de ce raz-de-marée macro­niste.

 

La député sor­tante Marie-Noëlle Battistel sauve donc les meubles et, par­tant de là, le parti socia­liste d’une débâcle totale.

 

Le parti de la rue Solférino comp­tait sept dépu­tés isé­rois dans la pré­cé­dente légis­la­ture ? Il devra se conten­ter d’une seule pour les cinq ans à venir.

 

C’est mieux que rien. Et mieux que (tous) les autres. Dans le Nord Isère, le Front natio­nal a été laminé. Dans le Sud Isère, les autres par­tis encore en lice pour ce deuxième tour, relé­gués aux places de chal­len­ger, ont certes un peu com­blé l’écart qui les sépa­rait des macro­nistes. Mais pas suf­fi­sam­ment pour décro­cher un stra­pon­tin dans l’hémicycle.

 

 

Fabrice Hugelé ne devrait pas rester vice-président de la Métro

 

 

Seule la député sor­tante sur la 4e cir­cons­crip­tion, la socia­liste Marie-Noëlle Battistel sauve donc son siège (54 % des voix). Mais au prix de sou­tiens mas­sifs engran­gés dans l’entre-deux tours. C’était peut-être le duel le plus incer­tain de ces légis­la­tives en Isère. En tout cas, le plus savou­reux : Marie-Noëlle Battistel, dépu­tée PS sor­tante face à Fabrice Hugelé, son ancien sup­pléant, converti “mar­cheur” de der­nière minute avant d’être exclu du PS.

 

L’avance engran­gée par le maire de Seyssins au pre­mier tour – 14 points – a donc fondu en l’espace d’une semaine. L’espace d’un entre-deux tours où Marie-Noëlle Battistel a engrangé de quoi ren­ver­ser la vapeur puisque dix mille voix la sépare de Fabrice Hugelé.

 

Réalisation : Joël Kermabon.

 

Fabrice Hugelé ne devra pas seule­ment faire une croix sur le siège de député. Le vice-pré­sident de la Métro ne devrait pas res­ter assis long­temps dans celui de Grenoble Alpes Métropole, comme l’a d’ores et déjà annoncé son pré­sident. Christophe Ferrari, qui sou­te­nait la dépu­tée sor­tante, a en effet plu­tôt mal digéré la tra­hi­son de son ex-sup­pléant…

 

Les candidats En marche au complet. Sur les dix, un seul n'a pas été élu député : le maire de Seyssins Fabrice Hugelé (à gauche).

Les can­di­dats En marche (manque Catherine Kamowski). De gauche à droite : Fabrice Hugelé, maire de Seyssins (le seul qui n’a pas été élu député), Élodie Jacquier-Laforge (9e cir­cons­crip­tion), Caroline Abadie (8e), Émilie Chalas (3e), Olivier Véran (1re), Monique Limon (7e), Cendra Motin (6e), Jean-Charles Colas-Roy ( 2e) et Marjolaine Meynier-Millefert (10e). © Patricia Cerinsek

 

Les sou­tiens n’auront en revanche pas été suf­fi­sants à Raphaël Briot sur la troi­sième cir­cons­crip­tion. Le ras­sem­ble­ment quelque peu chan­ce­lant, ini­tié au for­ceps entre les deux tours autour du can­di­dat de La France insou­mise, n’a pas per­mis au méde­cin urgen­tiste de refaire tout son retard puisque la mar­cheuse Émilie Chalas l’emporte avec 54 % des voix. Laquelle suc­cède après six man­dats au socia­liste et ex-maire de Grenoble Michel Destot.

 

Réalisation : Joël Kermabon.

 

 

Jean-Charles Colas-Roy, élu sur la 2e circonscription, fait le meilleur score en Isère

 

 

C’est fina­le­ment face à la droite, répu­bli­caine comme extrême, que les mar­cheurs font leurs meilleurs scores. La palme à Jean-Charles Colas-Roy qui, sur la deuxième cir­cons­crip­tion, l’a net­te­ment emporté avec 73,55 % des suf­frages expri­més face au can­di­dat du Front natio­nal Alexis Jolly (26,45 %). C’est même le meilleur score en Isère. Mais aussi parmi les plus forts taux d’abstention puisque plus de six élec­teurs de la cir­cons­crip­tion sur dix ont boudé les urnes. 61,06  % exac­te­ment.

 

Réalisation :  Joël Kermabon.

 

 

Également élu haut la main, sur la pre­mière cir­cons­crip­tion, l’ex-député et sup­pléant de Geneviève Fioraso, Olivier Véran. L’ex-socialiste devenu macro­niste avant d’être exclu du PS confirme son score du pre­mier tour avec 68,09 % des voix face au can­di­dat du centre-droit Jean-Damien Mermillod-Blondin (LR-UDI). Même s’il a réussi à faire un peu de son retard, le maire de Corenc reste sous la barre des 32 %.

 

Réalisation : Joël Kermabon.

 

 

Confirmation éga­le­ment du côté de la cin­quième cir­cons­crip­tion où la mar­cheuse Catherine Kamowski est élue dépu­tée sans trop de sur­prise. Avec 66,52 % des voix, elle arrive ainsi lar­ge­ment devant le can­di­dat Les Républicains Philippe Langenieux-Villard (33,48 %). La mai­resse de Saint-Egrève devra pro­chai­ne­ment quit­ter son poste de pre­mière magis­trate, même si elle conserve son siège de conseillère muni­ci­pale.

 

Réalisation : Joël Kermabon.

 

Le can­di­dat de la droite répu­bli­caine, Bruno Gattaz, cou­sin ger­main du patron du Medef, n’a rien pu faire non plus sur la 9e cir­cons­crip­tion face à la can­di­date du Modem adou­bée par Macron, Élodie Jacquier-Laforge. Ni les attaques sur son para­chu­tage – elle tra­vaille dans la région pari­sienne – ni les cri­tiques sur sa can­di­da­ture impo­sée par les trac­ta­tions inter-par­tis – confir­mées à la faveur de la venue de François Bayrou à Voiron – n’ont pu enrayer la pro­gres­sion de la mar­cheuse. Laquelle s’impose avec 60,25 % des voix.

 

Réalisation : Joël Kermabon.

 

Carton plein pour les macro­nistes & co ? Ils laissent les autres par­tis exsangues, un pay­sage poli­tique en pleine décom­po­si­tion-recom­po­si­tion et un élec­to­rat débous­solé. Un élec­teur sur deux ne s’est pas déplacé dimanche. Un (nou­veau) record sous la Ve République…

 

 

La rédac­tion

 

 

Découvrez les résul­tats du second tour en Isère, en cli­quant sur votre cir­cons­crip­tion.

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Commentaires 3
  1. Félicitations aux nou­veaux élus, féli­ci­ta­tions aussi pour avoir mis fin à ces ten­ta­tions FN trop affir­mées par le pre­mier tour.

    Une grande fierté pour Marie-Noëlle BATTISTEL, c’est une femme de ter­rain, de proxi­mité qui a tra­vaillé tant sur l’éner­gie que pour la mon­tagne en dépas­sant les cli­vages, elle mérite cette vic­toire, Fabrice HUGELE a en effet joué à un drôle de jeu.

    Sur la 3ème, je reste per­suadé que l’u­nion aurait per­mis de conser­ver cette cir­cons­crip­tion dans le giron de la gauche, le can­di­dat insou­mis ne pou­vait être ras­sem­bleur, même si l’é­cart entre les deux tours s’est beau­coup réduit, témoi­gnant aussi que Mme Chalas n’a pas la pleine légi­ti­mité pré­ten­due. Dommage que Piolle ait aidé à pla­cer des dis­si­dents bien inutiles.

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    • Bonjour Eloïse.
      Dommage que vous tapiez encore une fois sur Piolle… Est-ce à cause de lui s’il y a eu 39,97% seule­ment de par­ti­ci­pa­tion au 2e tour de la 3e cir­cons­crip­tion ? Pour rap­pel, Soukaïna Larabi était arri­vée en 3e posi­tion, bat­tant les caciques poli­tiques gre­no­blois.
      Le ras­sem­ble­ment à gauche ne s’est pas fait, déjà au 1er tour où il y avait beau­coup trop de pos­tu­lants. Il fau­drait ana­ly­ser pour­quoi il ne s’est pas fait au 2e tour, alors que l’en­semble des voix de gauche aurait per­mis de battre LREM, comme a si bien su le faire Marie-Noëlle Battistel, pour­tant du PS honni par beau­coup.

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      • Il existe une dif­fé­rence fon­da­men­tale entre la 4ème et les autres où Piolle a ins­tallé des dis­si­dents. Le PS a orga­nisé des pri­maires internes, dans la 3ème par exemple, Destot l’a emporté dans un pro­ces­sus d’ap­pa­reil.

        Ce n’é­tait pas mon choix per­son­nel. Mais c’est le choix d’un parti, donc de mili­tants. Je le res­pecte car c’est un pro­ces­sus qui a fonc­tionné au niveau natio­nal avec Benoit HAMON qui était mon can­di­dat, et que j’ai suivi. Si Larabi avait été can­di­date interne lors des pri­maires dans la 3ème en face de Destot, ou de Noblecourt, peut être l’au­rait elle emporté, et peut être tout sim­ple­ment que d’autres mili­tants auraient natu­rel­le­ment voté pour elle.

        Ce n’a pas été le cas. Nombreux mili­tants que j’ai croi­sés ont voté Destot par dis­ci­pline. Sans cette dis­si­dence dire que le can­di­dat du PS aurait cumulé les voix de Larabi et de Destot est une erreur, mais croire qu’il aurait été second était quasi cer­tain.

        Aussi, ins­tal­ler des can­di­dats PS dis­si­dents, en face d’un can­di­dat PS dési­gné, tout Destot qu’il est, est sim­ple­ment un acte sui­ci­daire dans une période où les divi­sions de la gauche pro­fitent néces­sai­re­ment à En Marche. Cette dis­si­dence a été sou­hai­tée par Piolle lui-même. Il a alors com­posé avec un atte­lage dis­si­dent PS/EELV.

        Pour ma part, je n’ai pas fran­chi le pas des Insoumis pour dif­fé­rentes rai­sons. Notamment autour des ques­tions euro­péennes, et éga­le­ment concer­nant les tra­jec­toires peu claires sur l’éner­gie car in fine ils se rap­pro­che­ront des Communistes à l’Assemblée. Conclusion, un vote nul au second tour…car je ne crois ni à En Marche ni aux Insoumis.

        Ainsi, lors­qu’il n’y a pas eu d’é­cla­te­ment des voix PS, les rééqui­libres deve­naient pos­sibles, Battistel l’a démon­tré comme d’autres ailleurs.
        Aujourd’hui s’a­bri­ter der­rière l’abs­ten­tion pour refu­ser l’é­vi­dence d’une dis­si­dence soi­gneu­se­ment orga­ni­sée n’est pas tout à fait à la hau­teur de lais­ser s’ins­tal­ler un député En Marche…

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