A Voiron, François Bayrou vole au secours de la candidate macron-compatible

sep article



FOCUS – Sur les dix circonscriptions de l’Isère, le Modem a réussi à en arracher une aux macronistes, la neuvième. Mais, là, la candidate du parti centriste est critiquée à droite comme à gauche, accusée non seulement d’avoir été parachutée mais également de n’être qu’un pion dans les tractations d’appareils. Ce lundi 5 juin, François Bayrou est venu à Voiron voler à son secours et accessoirement apporter son soutien aux dix candidats macronistes sur l’Isère…

 

 

 

A Voiron, le ministre de la Justice qui a négocié avec Macron un certain nombre de circonscriptions, est venu soutenir les dix candidats de La République en marche sur l'Isère. © Patricia Cerinsek

A Voiron, le ministre de la Justice qui a négo­cié avec Macron un cer­tain nombre de cir­cons­crip­tions, est venu sou­te­nir les dix can­di­dats de La République en marche sur l’Isère. © Patricia Cerinsek

Si François Bayrou était à Voiron ce lundi 5 juin, face à un par­terre choisi d’acteurs éco­no­miques, c’était pour sou­te­nir les can­di­dats de La République en marche. Et plus par­ti­cu­liè­re­ment la repré­sen­tante du Modem, can­di­date mar­cheuse sur la 9cir­cons­crip­tion.

 

Sur ce ter­ri­toire qui court de Voiron à Rives, Élodie Jacquier-Laforge est la cible de cri­tiques grou­pées, à droite comme à gauche.

 

Sur son para­chu­tage d’abord. Car si elle est née dans la région, si elle a grandi à Voiron, si elle y a encore ses racines et même une mai­son de famille (quoique pas tout à fait dans la cir­cons­crip­tion), la can­di­date a fait ses classes ailleurs. En fait dans la région pari­sienne où elle vit depuis plus de vingt ans… Estampillée comme beau­coup “société civile”, Élodie Jacquier-Laforge n’est pas une novice en poli­tique pour autant. Collaboratrice d’une séna­trice Modem du Loir-et-Cher depuis 2004, elle s’est éga­le­ment pré­sen­tée en 2008 aux muni­ci­pales dans le 9arron­dis­se­ment à Paris, tou­jours sous l’étiquette du parti cen­triste.

 

 

 

Les négociations d’appareils en toile de fond

 

 

Le retour aux sources, à la faveur de trac­ta­tions d’appareils – François Bayrou a fina­le­ment obtenu 80 des 511 cir­cons­crip­tions – est d’autant plus au cœur des cri­tiques que d’autres can­di­dats, LREM ou Modem, bat­taient la cam­pagne depuis plu­sieurs semaines lorsque la délé­guée géné­rale de la fédé­ra­tion des entre­prises de crèches a été choi­sie par la com­mis­sion natio­nale d’investiture à un mois du pre­mier tour des légis­la­tives…

 

Lundi, François Bayrou a balayé ces cri­tiques d’un revers de la main. « Je connais Élodie Jacquier-Laforge depuis long­temps, a insisté le pré­sident du Modem. Je sais les qua­li­tés qui sont les siennes. Elle est enra­ci­née. Il y a des implan­ta­tions qui peuvent prendre. Le maire de Grenoble est bien de Pau… »

 

Sur les dix cir­cons­crip­tions de l’Isère, elle est la seule titu­laire à se pré­sen­ter sous la ban­nière La République en marche mais avec l’étiquette Modem. Une appar­te­nance que la jeune femme – qui se défi­nit non pas comme une pro­fes­sion­nelle de la poli­tique mais une « pro­fes­sion­nelle de la vie publique » – ne renie pas. Pas plus que son para­chu­tage. « Je ne suis pas une super élue locale, nous avait-elle répondu quelques jours aupa­ra­vant. Cela me per­met d’avoir des rela­tions d’égal à égal, construc­tives, plus de recul aussi. Je compte tra­vailler avec tous les élus locaux, sans dis­tinc­tion. »

 

A Voiron, le ministre de la Justice qui a négocié avec Macron un certain nombre de circonscriptions, est venu soutenir les dix candidats de La République en marche sur l'Isère. Dont la candidate du Modem, Elodie Jacquier-Laforge (à sa droite).

A Voiron, le ministre de la Justice qui a négo­cié avec Macron un cer­tain nombre de cir­cons­crip­tions, est venu sou­te­nir les dix can­di­dats de La République en marche sur l’Isère. Dont la cen­triste Élodie Jacquier-Laforge (à sa droite). © Patricia Cerinsek

 

De fait, man­dat natio­nal oblige, rien n’interdit à un can­di­dat à la dépu­ta­tion de se pré­sen­ter sur une cir­cons­crip­tion où il ne réside et donc ne vote pas. Mais les accords qui ont pré­sidé à cette can­di­da­ture res­tent en tra­vers alors que le gou­ver­ne­ment – et son ministre de la Justice en tête – se sont enga­gés à faire de la mora­li­sa­tion de la vie poli­tique l’acte pre­mier du quin­quen­nat. Un quin­quen­nat déjà secoué par l’ouverture d’une enquête pré­li­mi­naire visant le secré­taire géné­ral d’En marche Richard Ferrand.

 

Aujourd’hui ministre de la Cohésion des ter­ri­toires, Richard Ferrand est soup­çonné d’avoir favo­risé sa com­pagne dans une affaire de tran­sac­tion immo­bi­lière lors­qu’il était direc­teur géné­ral des Mutuelles de Bretagne. Jusque-là par­ti­cu­liè­re­ment silen­cieux, François Bayrou est sorti de sa réserve dans Le Journal du dimanche, où il a reconnu que l’affaire pesait sur les légis­la­tives. A Voiron, il n’en a pas dit plus, se bor­nant à un « Je suis le ministre de la Justice. Mon obli­ga­tion par la loi est de ne pas inter­ve­nir dans une enquête. »

 

Quant au pro­jet de loi de la mora­li­sa­tion de la vie poli­tique, qui devait ini­tia­le­ment être pré­senté le 7 juin en Conseil des ministres, il a été repoussé au 14 juin.
Patricia Cerinsek

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
commentez lire les commentaires
4834 visites | 1 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.