Cinéma gay et lesbien : le festival Vues d’en face tient bon malgré les baisses de subventions

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FOCUS – Le festival grenoblois de cinéma gay et lesbien Vues d’en face va tenir sa 17e édition du 5 au 9 avril, accompagnée de divers événements dès le 30 mars. Un festival à la programmation et la durée réduites par rapport aux années précédentes, conséquence directe des baisses de subventions du Département et de la Région. 

 

 

Une 17e édition sous le signe… des économies. En cause, sa subvention départementale revue à la baisse, passée de 3 500 à 2 000 euros, et une subvention régionale plus qu’incertaine. Le festival international de films gay et lesbien de Grenoble Vues d’en face se voit donc contraint de réduire la voilure.

 

Françoise Folliot et Christophe Prat de Vues d'en face en peine découverte des exemplaires du programme 2017 © Florent Mathieu - Place Gre'net

Françoise Folliot et Christophe Prat de Vues d’en face en pleine découverte des exemplaires du programme 2017. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Ainsi, l’année 2017 sera celle d’un festival “light”, se déroulant sur cinq jours, du 5 au 9 avril, au lieu de neuf les années précédentes. Moins de films, moins d’invités également, et une soirée de clôture qui se déroulera à la Bobine plutôt qu’au Drak-Art, toujours par souci d’économie. « Mais nous restons très motivés ! », tempère Françoise Folliot, déléguée générale du festival.

 

 

 

Des partenaires toujours présents

 

 

Les partenaires sont, pour leur part, toujours au rendez-vous. À commencer par le cinéma Le Club, lieu attitré du festival. Un cinéma, et c’est une nouveauté, où se déroule également chaque mois une « séance d’en face ». L’occasion de découvrir des films rares sur les questions de l’homosexualité “hors festival”, tout au long de l’année.

 

 

Autre partenaire, la Cinémathèque de Grenoble, qui proposera en “after” une projection du chef d’œuvre de Rainer Werner Fassbinder Les Larmes amères de Petra Von Kant le 11 avril à 20 h 30. L’Atelier du 8, rue Raymond Bank accueille pour sa part le pot d’ouverture du festival au soir du 5 avril, ainsi que l’exposition M To Me de la photographe Véronique Serre, qui fit partie de l’aventure Place Gre’net à ses débuts.

 

Car si le festival se déroule pendant cinq jours au cinéma Le Club, il fédère autour de lui d’autres événements. Notamment dès le 30 mars, en « before », une projection du film Le Chanteur à la bibliothèque Kateb Yacine ou, le 4 avril, une conférence de Jean Dorel à l’École supérieure d’art et de design (Esad) de Grenoble. Des “extras“ encore une fois moins nombreux que les années précédentes, faute de budget.

 

 

 

Identité, famille, immigration : des thématiques fortes

 

 

Reste un cœur de festival, même resserré, qui s’articule toujours autour de thématiques fortes. Certaines en lien direct avec l’homosexualité, comme le thème de l’identité sexuelle à travers les documentaires Like Other Girls ou Gender Troubles : The Butches. Ou celui de la famille, avec le documentaire Inside The Chinese Closet ou le film espagnol Rara, narrant les aventures d’une famille composée de deux petites filles… et de deux mamans.

 

Les actrices du film Rara : Agustina Muñoz, Mariana Loyola, Julia Lübbert, Emilia Ossandón. DR

Les actrices du film Rara : Agustina Muñoz, Mariana Loyola, Julia Lübbert, Emilia Ossandón. DR

 

Mais des thématiques sociétales plus générales sont également au centre de films s’inscrivant pleinement dans une réalité du quotidien. La question de l’immigration se distingue ainsi parmi les problématiques fortes de cette édition. Le film allemand Where are you going Habibi ? raconte ainsi l’amour d’Ibrahim pour Alexander, jeune voyou blond aux yeux bleus. Fronteras décrit pour sa part l’attirance d’un adolescent pour un jeune Marocain récemment émigré.

 

 

 

« Éviter les films trop clichés »

 

 

Moms On Fire, un court-métrage suédois trash. DR

Moms On Fire, un court-métrage suédois trash. DR

En tout, 12 longs-métrages et 15 courts-métrages seront projetés à l’occasion de cette 17e édition de Vues d’en face. Une édition plus que jamais tournée vers l’international puisque pas moins de 18 nationalités différentes seront représentées, depuis l’Amérique du Nord et du Sud jusqu’au Vietnam en passant, naturellement, par les pays d’Europe.

 

« Nous avons essayé d’éviter les films trop clichés », note Christophe Prat, coresponsable de la programmation. L’espoir ? Faire sortir l’homosexualité de sa case, y compris cinématographique, en proposant des œuvres inédites, loin des circuits traditionnels et toujours choisies en fonction de leur qualité, insistent les organisateurs.

 

Baisses de subventions ou non, la passion pour faire vivre le festival anime donc toujours autant les nombreux bénévoles qui le portent à bout de bras, et offrent comme chaque année un programme cinématographique d’une grande richesse.

 

 

Florent Mathieu

 

 

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