La jeune chambre économique de Grenoble lance le CV citoyen

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FOCUS – Promouvoir l’investissement des jeunes au service de la société, tout en mettant en valeur leurs compétences extraprofessionnelles et extrascolaires : telle est la vocation du CV citoyen lancé par la Jeune chambre économique de Grenoble dans le cadre de son Pacte citoyen. Une solution concrète qui vise à valoriser l’engagement associatif des jeunes durant leurs expériences de volontariat, mais aussi au moment de leur premier contact avec le marché du travail, dans un contexte économique toujours plus compétitif.

 

 

 

Un CV consa­cré aux expé­riences, com­pé­tences et connais­sances acquises… par le biais du béné­vo­lat. Voici la par­ti­cu­la­rité du CV citoyen que la Jeune chambre éco­no­mique de Grenoble va bien­tôt lan­cer en ville. « Cette mesure s’inscrit, entre autres, dans le cadre du Pacte citoyen créé par la Jeune chambre éco­no­mique fran­çaise (JCEF) en début d’année. Il consiste en un ensemble de pro­po­si­tions effi­caces dont les objec­tifs, dans l’immédiat, sont à la fois d’ap­por­ter un regard dif­fé­rent sur le monde du tra­vail, de don­ner envie aux jeunes de faire des expé­riences béné­voles, et d’in­vi­ter les chefs d’entreprise à chan­ger leur vision du recru­te­ment, en assou­plis­sant les cri­tères deman­dés aux can­di­dats », explique Ismaël Sylla, pré­sident de la JCE de Grenoble.

 

La JCE de Grenoble lance son CV citoyen.

 

Depuis février, la JCEF joue en effet le rôle de média­teur dans le dia­logue entre les asso­cia­tions béné­voles et les pro­fes­sion­nels. Son but ? Promouvoir l’insertion éco­no­mique des jeunes diplô­més, au chô­mage ou à la recherche d’un pre­mier emploi, en accor­dant la même impor­tance au savoir-être qu’au savoir-faire. C’est ainsi qu’a­près avoir été expé­ri­menté dans 40 villes, le CV Citoyen – ini­tia­tive de l’Association natio­nale des DRH (ANDRH) et de l’Observatoire du dia­logue et de l’intelligence sociale (ODIS) – débarque enfin à Grenoble.

 

 

 

 

Le CV « qui permettra aux jeunes de faire la différence dans leurs entretiens »

 

 

Complémentaire au CV pro­fes­sion­nel, le CV citoyen per­met de mettre en évi­dence toutes les qua­li­tés et com­pé­tences acquises grâce à des mis­sions dans le béné­vo­lat. Parmi elles, « le mana­ge­ment, la ges­tion des finances, d’un pro­jet et d’un plan­ning. Ou encore, la capa­cité à par­ler en public, à com­mu­ni­quer avec assu­rance avec des per­son­nages que, géné­ra­le­ment, on met­trait sur un pié­des­tal », pré­cise Nathalie Toussaint, chef d’entreprise et ex-pré­si­dente de la JCE de Grenoble, invi­tée à témoi­gner de sa double expé­rience dans le monde asso­cia­tif et pro­fes­sion­nel, à l’occasion du lan­ce­ment de cette ini­tia­tive dans la ville gre­no­bloise.

 

Lancement du CV Citoyen à la JCE de Grenoble.

Ismaël Sylla, pré­sident de la JCE de Grenoble, lance le CV Citoyen avec des repré­sen­tants d’as­so­cia­tions béné­voles et d’en­tre­prises gre­no­bloises. © Giovanna Crippa – Place Gre’net

 

L’avantage de cet outil de can­di­da­ture ? Il per­met aux jeunes de mettre en valeur leur dimen­sion humaine en valo­ri­sant leur enga­ge­ment social et leurs atouts extra­pro­fes­sion­nels. En d’autres termes, une manière de se dis­tin­guer de la masse, mais aussi de s’adapter aux nou­velles exi­gences des recru­teurs. D’ailleurs, comme l’explique Olivier Gastineau, consul­tant RH actif à Grenoble, « aujourd’hui la pre­mière chose qu’une entre­prise demande c’est le savoir-être. Entendez par là la capa­cité à dis­cu­ter, à échan­ger, à s’insérer dans un groupe : que des com­pé­tences qu’on acquiert sur­tout par le biais du béné­vo­lat, des asso­cia­tions, grâce au contact avec les autres. C’est ce qui per­met­tra aux jeunes de faire la dif­fé­rence dans leurs entre­tiens. » Le savoir-faire sem­ble­rait, quant à lui, être devenu secon­daire dans le recru­te­ment parce que, selon Olivier Gastineau, « on peut tou­jours le déve­lop­per plus tard, au cours des pre­mières expé­riences de tra­vail ».

 

 

 

 

Une solution gagnante pour tous

 

 

« Pour la mise en place du CV Citoyen, la JCEF a choisi trois cibles : les asso­cia­tions, les entre­prises et les jeunes. Dans l’agglomération gre­no­bloise, des orga­ni­sa­tions telles que France béné­vo­lat, AIESEC et l’Accueil de villes fran­çaises (AVF) ont accepté de s’engager dans la pro­mo­tion de ce pro­jet, tout en col­la­bo­rant avec des chefs d’entreprises et pro­fes­sion­nels actifs dans la cité » rap­pelle Ismaël Sylla.

 

Olivier Gastineau, consultant RH et Martin Grange, président AIESEC, lors du lancement du CV citoyen.

Olivier Gastineau, consul­tant RH, et Martin Grange, pré­sident de l’AIESEC, lors du lan­ce­ment du CV citoyen.

 

Leur défi ? Démontrer au public gre­no­blois qu’a­vec le CV citoyen tout le monde est gagnant. En pre­mier lieu, les can­di­dats qui, en joi­gnant ce modèle ori­gi­nal à leur CV pro, devraient pou­voir se dif­fé­ren­cier aux yeux d’un recru­teur ; les entre­prises, qui choi­si­ront leurs futurs employés sur la base de leur poten­tiel humain, en plus de leurs com­pé­tences pra­tiques ; les asso­cia­tions, enfin, qui fidé­li­se­ront leurs béné­voles en réfé­ren­çant un ensemble de savoir-faire et de savoir-être acquis à tra­vers l’engagement dans le volon­ta­riat. Un front com­mun, somme toute, devant un seul com­bat : celui de l’employabilité des jeunes lors de leur entrée dans le monde du tra­vail.

 

 

 

Giovanna Crippa, cor­res­pon­dante à Gières

 

 

 

ENTREPRISES, ASSOCIATIONS ET JEUNES AUTOUR D’UNE TABLE LE 18 MAI

 

Toujours dans le cadre du Pacte citoyen porté par la JCE, jeudi pro­chain, le 18 mai, six inter­ve­nants se retrou­ve­ront à l’IAE de Grenoble lors d’une table ronde pour expo­ser au grand public leur posi­tion sur l’engagement asso­cia­tif et mon­trer l’intérêt de rédi­ger un CV citoyen.

 

Côté volon­ta­riat, pren­dront la parole Luc Verona, vice-pré­sident de France Bénévolat, Martim Grange, pré­sident de l’association d’étudiants AIESEC, et Martine Beltranda, la pré­si­dente d’AVF. Pour le volet entre­prises, seront pré­sents Alain May, direc­teur d’alliance stra­té­gique chez Hewlett-Packard, Olivier Gastineau, consul­tant RH et Nathalie Toussaint, chef d’entreprise et adjointe muni­ci­pale à Seyssinet-Pariset.

 

« Le but est de favoriser l’interaction entre les acteurs cibles du CV citoyen »

 

Animée par Damien Baptiste, admi­nis­tra­teur de la JCEF délé­gué au thème natio­nal du Pacte citoyen, cette ren­contre por­tera sur trois axes prin­ci­paux : la valo­ri­sa­tion des com­pé­tences acquises dans le cadre d’un enga­ge­ment asso­cia­tif, la recon­nais­sance de ces savoir-être aux yeux des employeurs, et les mesures à mettre en place pour favo­ri­ser l’insertion éco­no­mique de la jeu­nesse.

 

« À cha­cune de ces trois thé­ma­tiques on consa­crera un ate­lier spé­ci­fique, où inter­vien­dront conjoin­te­ment un repré­sen­tant du monde asso­cia­tif et un porte-parole de la caté­go­rie des entre­pre­neurs, explique Lætitia Fougeirol, res­pon­sable de la com­mu­ni­ca­tion à la JCE de Grenoble. Et de pré­ci­ser : « L’idée est d’ouvrir un dia­logue avec les par­ti­ci­pants aux ate­liers, que ce soit des étu­diants, des jeunes diplô­més, des pro­fes­sion­nels actifs ou non dans le recru­te­ment, ou encore des membres d’associations de béné­vo­lat. Le tout, dans le but de favo­ri­ser l’interaction entre les acteurs cibles à qui s’adresse le CV citoyen ».

 

Infos pratiques :

 

La table ronde se tien­dra le jeudi 18 mai 2017 à 19 heures à l’IAE de Grenoble.

Elle est gra­tuite et acces­sible à tous, sur simple ins­crip­tion.

 

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Commentaires 3
  1. Pour avoir assisté à cette confé­rence, j’ai trouvé l’i­dée du CV citoyen très inté­res­sante. On a évo­qué aussi le Passeport du béné­vo­lat avec France Bénévolat. Il s’a­git d’ou­tils qui per­mettent de valo­ri­ser les com­pé­tences et de les faire recon­naître par les employeurs. Je crai­gnais entendre seule­ment des asso­cia­tions, mais d’a­voir aussi le regard de diri­geants et recru­teurs était une excel­lente idée. Bravo pour ça ! Je n’ai pas perdu mon temps et j’ai appris beau­coup. Dommage que j’ai plus de 40 ans pour rejoindre la JCE :”(

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  2.  » Jeune chambre éco­no­mique » ???? ce n’est pas plu­tôt « vieille chambre éco­no­mique » ?
    Ayant tra­vaillé en Mission locale, je peux dire que ça fait des années et des années que les expé­riences extra-pro­fes­sion­nelles sont inclues dans les CV pour qui sait faire un CV, car ces expé­riences dégagent un savoir-faire, et pas seule­ment un savoir-être, trans­po­sable dans une entre­prise ou auprès d’un autre employeur. Il est inutile de faire un CV spé­ci­fique « citoyen », mot à la mode. C’est la pos­si­bi­lité de mon­trer la conti­nuité d’une acti­vité et non la sau­cis­son­ner entre acti­vité rému­né­rée et acti­vité béné­vole.
    Le chal­lenge (par­lons « entre­prise ») est de faire admettre à TOUS les employeurs le béné­fice qu’ils auraient à embau­cher des per­sonnes ayant tra­vaillé « pour la bonne cause, quelle qu’elle soit ». Là, la jeune chambre éco­no­mique a toute sa place pour pro­mou­voir ces CV.

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    • D’accord avec la réac­tion de caro, et pour­tant je ne tra­vaille auprès des jeunes que depuis 5 ans, mais déjà en 2012 on par­lait de CV « soli­daire » avec le Club Face (fon­da­tion agir contre l’ex­clu­sion) qui pro­po­sait a quelques détails près exac­te­ment la même chose. Bref, rien de nou­veau, si ce n’est l’ap­pel­la­tion.
      Si on se tourne du côté de l’Europe, le « Youthpass », avec ses qua­li­tés et ses défauts, per­met éga­le­ment la valo­ri­sa­tion des com­pé­tences acquises dans des cadres infor­mels depuis bien des années.
      L’objectif de JCE est louable, mais je déplore le fait que les expé­ri­men­ta­tions se répètent au fil des années, en ayant cette impres­sion qu’on ne capi­ta­lise pas les bilans de celles-ci et qu’on réin­vente sans cesse la même chose en fai­sant croire à une inno­va­tion…

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