Plus de cas de surendettement en Isère malgré un taux de chômage inférieur

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EN BREF – La Commission de surendettement de la Banque de France Isère a dressé le bilan de son activité sur l’année 2016. Un rythme de réunions soutenu pour traiter près de 3 700 dossiers. Et des chiffres en diminution moindre que celle observée sur l’ensemble de la Région et plus encore du pays. 

 

 

« Une acti­vité régu­lière, impor­tante et qui fonc­tionne ! » C’est par ces mots que Lionel Beffre, pré­fet de l’Isère, a tenu à féli­ci­ter les membres de la Commission de sur­en­det­te­ment de l’Isère. Cette ins­tance, pla­cée sous l’é­gide de la Banque de France, tenait en effet sa réunion plé­nière mer­credi 15 février, afin de dres­ser le bilan de l’an­née 2016.

 

Et pour ce qui concerne l’ac­ti­vité, la Commission n’en manque pas. En une année, sur l’en­semble du dépar­te­ment, ce sont 3 670 dos­siers de sur­en­det­te­ment qui ont été trai­tés. Des dos­siers tou­jours dépo­sés par des par­ti­cu­liers, dont l’im­mense majo­rité (9 sur 10) ont été jugés rece­vables.

 

La Commission de surendettement de l'Isère dresse son bilan 2016 © Florent Mathieu - Place Gre'net

La Commission de sur­en­det­te­ment de l’Isère dresse son bilan 2016. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

La Commission s’est ainsi réunie à 26 reprises sur l’an­née 2016, mobi­li­sant à chaque fois plus d’une dizaine d’in­ter­ve­nants : des res­pon­sables de la Banque de France, mais éga­le­ment des repré­sen­tants des créan­ciers ou des asso­cia­tions de consom­ma­teurs.

 

 

 

Moins de dossiers qu’en 2015

 

 

3 670 dos­siers, sou­ligne Lionel Beffre, soit 6 % de dos­siers de moins qu’en 2015, année qui avait déjà observé une baisse de 5 % par rap­port à 2014. Pour autant, cette dimi­nu­tion est infé­rieure à celle consta­tée sur la Région (9,3 %) ou sur l’en­semble du ter­ri­toire natio­nal (10,6 %).

 

« Globalement, nous avons un nombre de dos­siers supé­rieur à la moyenne régio­nale alors que nous avons un taux de chô­mage qui, lui, est infé­rieur. Le lien immé­diat que l’es­prit pour­rait faire entre la situa­tion de chô­mage et le sur­en­det­te­ment n’est pas si méca­nique que cela », déve­loppe Lionel Beffre.

 

Quelles expli­ca­tions don­ner, dans ce cas, à cette – rela­tive – contre-per­for­mance ? La Commission recon­naît ne pas avoir enquêté pré­ci­sé­ment sur la ques­tion. Sans avan­cer d’élé­ments pré­cis, le pré­fet note qu’au-delà des don­nées éco­no­miques, ce sont des don­nées socio­logues qu’il fau­drait prendre en compte. Par exemple, en rap­por­tant le “pro­fil type” de la per­sonne sur­en­det­tée à la popu­la­tion isé­roise.

 

 

 

Des personnes souvent seules et sans travail

 

 

Lionel Beffre et Bernard Kapell © Florent Mathieu - Place Gre'net

Lionel Beffre et Bernard Kapell © Florent Mathieu – Place Gre’net

C’est Bernard Kapell, adjoint au direc­teur dépar­te­men­tal de la Banque de France en Isère, qui dresse le por­trait-robot du sur­en­detté en 2016. « Une per­sonne seule pour deux tiers des dos­siers dépo­sés, c’est-à-dire céli­ba­taire, sépa­rée, veuve ou divor­cée. »

 

Des per­sonnes entre 35 et 55 ans dans la moi­tié des cas.

 

« Et des per­sonnes qui ne tra­vaillent pas. Soit parce qu’elles sont au chô­mage, soit en retraite, ou dans des situa­tions par­ti­cu­lières telles que l’in­va­li­dité ou les congés mala­die », décrit encore Bernard Kapell. Dernier élé­ment qui a son impor­tance : 56 % des per­sonnes sur­en­det­tées sont des femmes.

 

 

 

De 5 000 euros à un million de dettes

 

 

La nature des dettes ? Les cré­dits à la consom­ma­tion dans la grande majo­rité des dos­siers trai­tés : ils repré­sentent en effet 77 % des cas. On note par ailleurs une pro­gres­sion régu­lière des cré­dits immo­bi­liers, qui appa­raissent pour leur part dans 11 % des dos­siers. Mais bien sou­vent, la per­sonne sur­en­det­tée a plu­sieurs dettes, et plu­sieurs créan­ciers.

 

Le mon­tant des sommes dues, en dimi­nu­tion éga­le­ment, s’é­lève en moyenne à 44 283 euros en 2016. Une moyenne à rela­ti­vi­ser, tient à pré­ci­ser Serge Crosio, repré­sen­tant des asso­cia­tions de consom­ma­teurs, qui évoque « des dos­siers à 5 000 euros, et d’autres à un mil­lion ! »

 

 

 

Des « solutions pérennes » pour 4 dossiers sur 5

 

 

Mais en matière de chiffres, Lionel Beffre veut avant tout mettre en avant la réus­site de la com­mis­sion. « Quatre dos­siers sur cinq sont fina­li­sés par des solu­tions pérennes. Nous offrons à quatre per­sonnes sur cinq la pos­si­bi­lité d’é­vo­luer, avec de l’a­pu­re­ment total ou par­tiel du pas­sif. Ou des mesures de réta­blis­se­ment per­son­nel qui per­mettent de sor­tir d’une situa­tion dif­fi­cile. »

 

Le siège de la Banque de France en Isère © Florent Mathieu - Place Gre'net

Le siège de la Banque de France en Isère. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Des solu­tions « pérennes », pou­vant donc aller jus­qu’à l’ef­fa­ce­ment de la dette, mais qui ne se « péren­nisent » pas tou­jours. La Commission admet en effet qu’il n’est pas rare que des per­sonnes reviennent dépo­ser un dos­sier quelques années plus tard, leurs condi­tions de vie ne leur per­mettent sim­ple­ment pas de faire face aux dépenses du quo­ti­dien. Car la pau­vreté aussi peut être pérenne.

 

 

 

Florent Mathieu

 

 

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