Accessibilité de la rue Gabriel-Péri à Grenoble : un projet pour donner l’exemple

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Notre indépendance c

FOCUS – Treizième et dernier projet retenu dans le cadre du budget participatif, l’amélioration de l’accessibilité de la rue Gabriel-Péri relève autant de l’ultra-local que de l’exemplaire. Et pose en filigrane la question de comment des citoyens peuvent s’emparer de la question urbaine. Quitte à se substituer aux missions de la municipalité ?

 

 

 

Au bout de la rue Gabriel Péri... l'Estacade. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Au bout de la rue Gabriel-Péri… l’Estacade. © Florent Mathieu – Place Gre’net

« L’idée d’a­voir une ville plus acces­sible au plus grand nombre, c’est fina­le­ment quelque chose qui parle à pas mal de gens. » Delphine Débarre le constate, avec sur­prise, tant elle ne s’at­ten­dait pas à ce que son pro­jet porté à l’at­ten­tion des votants citoyens soit retenu dans le cadre du bud­get par­ti­ci­pa­tif.

 

L’initiative, elle le recon­naît elle-même, est en effet ultra-locale : amé­lio­rer l’ac­ces­si­bi­lité de la rue Gabriel-Péri, près du quar­tier Saint-Bruno. Et plus pré­ci­sé­ment encore : le tron­çon de la rue qui fait la jonc­tion entre le cours Berriat et le mar­ché de l’Estacade.

 

 

 

Une rue mal adaptée

 

 

Une pré­oc­cu­pa­tion de rive­raine ? Delphine Débarre n’ha­bite pour­tant pas la rue, pas plus pro­ba­ble­ment que la majo­rité des 1 185 per­sonnes ayant voté pour son pro­jet. « C’est une rue que beau­coup de gens empruntent sou­vent, en tout cas les jours de mar­ché, et qui n’est vrai­ment pas amé­na­gée pour les pié­tons », constate-t-elle sim­ple­ment.

 

Quiconque réside rue Gabriel-Péri ne pourra qu’al­ler dans son sens : dotée de trot­toirs étroits, la rue est fré­quem­ment obs­truée par les pou­belles des immeubles ou autres encom­brants qui contraignent le pié­ton à mar­cher sur la route. Une situa­tion d’au­tant plus pénible pour les per­sonnes à mobi­lité réduite, âgées ou en situa­tion de han­di­cap.

 

Delphine Débarre porte le projet d'amélioration de l'accessibilité de la rue Gabriel Péri © Florent Mathieu - Place Gre'net

Delphine Débarre porte le pro­jet d’a­mé­lio­ra­tion de l’ac­ces­si­bi­lité de la rue Gabriel-Péri. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

« Les fran­chis­se­ments de trot­toirs sont vrai­ment com­pli­qués. Passer du trot­toir à la route pour reve­nir est à cer­tains endroits très dif­fi­ciles, et même pas­ser les pas­sages clou­tés est dif­fi­cile », note ainsi Delphine Débarre. Mis en cause éga­le­ment, le manque d’ar­ceaux à vélo amène bien par­fois les cyclistes à se garer n’im­porte où.

 

Dès lors, ce sont bel et bien des empla­ce­ments réser­vés aux voi­tures qui devront être “sacri­fiés” au pro­fit d’a­mé­na­ge­ments de trot­toirs mieux adap­tés. Delphine table ainsi sur la sup­pres­sion de cinq à sept places de par­king. « L’idée ce n’est pas d’être cli­vant entre les dif­fé­rents modes de cir­cu­la­tion, mais de trou­ver un com­pro­mis. Tout le monde peut avoir besoin d’une voi­ture, on ne va pas tout sup­pri­mer en disant que c’est mal, mais sur des petites rues comme celles-ci, le dés­équi­libre est trop grand. »

 

 

 

Le vilain petit canard ?

 

 

Les com­merces ne devraient, a priori, pas trop souf­frir de ces nou­veaux amé­na­ge­ments : ils sont qua­si­ment inexis­tants sur ce tron­çon de rue, bien moins vivante de ce point de vue que son tron­çon reliant l’a­ve­nue Alsace-Lorraine au cours Berriat. Delphine note d’ailleurs que les com­mer­çants du cours Jean-Jaurès, paral­lèle à la rue Gabriel-Péri, ont accueilli le pro­jet de manière très favo­rable.

 

Alors, Gabriel-Péri, vilain petit canard oublié du centre-ville ? « Cela ne fai­sait pas du tout par­tie des rues iden­ti­fiées par la mai­rie ou la Métro néces­si­tant un tra­vail, fait remar­quer Delphine Débarre, et c’est aussi pour cela que nous avons déposé ce pro­jet : nous nous sommes dit que même si ça ne pas­sait pas, cela aler­te­rait sur la néces­sité de faire quelque chose. »

[…]
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Commentaires 10
  1. Les CCI ou Conseils Citoyens « Indépendants » ? Rien que le nom est une farce concer­nant ces groupes crées pour les besoins de la muni­ci­pa­lité Piolle.

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  2. Positif !
    Cette por­tion de rue fait sale, est mal équi­pée (je l’ai faite avec une pous­sette X fois, une hor­reur) et ce ne sera qu’un bien.
    Apres cer­tains se posent des ques­tions si il y a besoin d’une vota­tion pour faire qq chose ou l’in­verse : sans vota­tion que se pas­se­rait il ?

    Je pré­fère remer­cier de l’i­ni­tia­tive et espé­rer que le rue re-vive, pour moi c’est le résul­tat qui compte, pas le poli­tique (et j’ai suf­fi­sam­ment râlé sur la vota­tion et le sta­tion­ne­ment…)

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  3. La rue Gabriel Péri fait par­tie du péri­mètre de CVCM et si elle n’y a pas été incluse, c’est pour évi­ter l’é­tude d’im­pact.
    « « C’est la mai­rie elle-même qui l’a sol­li­cité, crai­gnant de ne pas voir assez de pro­jets pro­po­sés pour sa nou­velle cam­pagne de bud­get par­ti­ci­pa­tif ».
    Nous avons la preuve que les pro­jets par­ti­ci­pa­tifs sont tru­qués et que c’est bien la muni­ci­pa­lité qui impose les pro­jets.

    Nous sommes très vigi­lants quant à la réa­li­sa­tion et /ou l’ex­ten­sion de CVCM par une mul­ti­tude de petits tra­vaux sous cou­verts de pseudo« ini­tia­tives citoyennes ». Puisque ce la touche à la com­pé­tence voi­rie de la Métro, c’est ni plus ni moins que du sau­cis­son­nage, donc illé­gal et cela exige une concer­ta­tion avec TOUS les rive­rains.

    Commission Européenne informé et ces faits ont été rajou­tés à notre plainte.

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    • FM

      22/11/2016
      11:29

      Merci pour votre com­men­taire. Pour infor­ma­tion, madame Débarre nous a expli­qué que la muni­ci­pa­lité avait sol­li­cité le CCI pour leur deman­der de faire connaître le bud­get par­ti­ci­pa­tif et ne pas hési­ter à pro­po­ser lui-mêmes un pro­jet. À aucun moment il n’a été ques­tion durant notre entre­tien d’une muni­ci­pa­lité « impo­sant » des pro­jets.

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    • quand on fait une cita­tion, mon­sieur GAM, la moindre des choses est d’en don­ner la source, si non, on ne vous croit pas. Un jour vos accu­sa­tions et plaintes (où est-elle ?) sans fon­de­ments se retour­ne­ront contre vous et vous serez accusé de dif­fa­ma­tion.
      La rue Gabriel Péri est tout à fait acces­sible, comme on le voit dans la vidéo
      http://www.grenoble.fr/projet/162/667 – 13-ameliorer-l-accessibilite-rue-gabriel-peri-categorie-petits-projets-.htm
      Le pro­jet est une demande d’a­mé­lio­ra­tion de la rue pour le pas­sage des pié­tons. Le pro­jet est bien porté par les rive­rains.

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  4. L’accessibilité est une OBLIGATION légale des com­munes et donc n’a rien à faire dans des bud­gets par­ti­ci­pa­tifs ! Rien !
    Par ailleurs, les citoyens s’emparent le chose urbaine en France depuis 1810 et la loi sur les enquêtes publiques !

    Ces bud­gets par­ti­ci­pa­tifs, ce n’est que de la com”: non ! , l’Histoire n’a pas com­mencé le jour de votre nais­sance.
    Au sur­plus, ce pro­jet n’a même pas com­mencé et quand on voit le lead­time de ce ceux votés en 2015 (dont seuls deux ont été réa­li­sés), 100% effet d’an­nonce.

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    • La rue Gabriel Péri, que je connais pour ne pas habi­ter bien loin, est acces­sible, même si les pié­tons ont du mal, ce n’est pas de la faute de la mai­rie si les copro­prié­taires ne rentrent pas leurs pou­belles. Si un amé­na­ge­ment est pro­posé par les rive­rains eux-mêmes, c’est très bien. Arrêtez de démo­lir toute ten­ta­tive de faire par­ti­ci­per les habi­tants à la vie de la citée, on attend encore les pro­po­si­tions qu’au­raient pu faire l’an­cienne muni­ci­pa­lité, balayée aux der­nières élec­tions.

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      • Bonjour « Caro »,

        Pour y avoir habité le tron­çon de rue est sale, en désué­tude et mal équipé/adpaté
        c’est dom­mage de pas­ser par ce type de pro­cess pour « répa­rer », regar­dons le posi­tif ; la rue va s’a­mé­lio­rer

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      • Bonsoir « Lasavanne »
        Je suis d’ac­cord que « la rue rue sale, en désué­tude et mal équipé/adpaté »
        mais ça ne veut pas dire qu’elle n’est pas acces­sible, comme l’af­firme GAM. Ayant habité long­temps pas loin, j’empruntais cette rue (je la ren­dais, of course) pour aller vers l’es­ta­cade.
        Même si j’ai démé­nagé, je suis contente que des rive­rains veuillent amé­lio­rer leur quo­ti­dien et leurs dépla­ce­ments et n’at­tendent pas tout de la muni­ci­pa­lité. Je trouve cette ini­tia­tive fort inté­res­sante.

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  5. « Et pose en fili­grane la ques­tion de com­ment des citoyens peuvent s’emparer de la ques­tion urbaine. Quitte à se sub­sti­tuer aux mis­sions de la muni­ci­pa­lité ? »

    Les citoyens ne se sub­sti­tuent pas aux mis­sions de la muni­ci­pa­lité, ils tra­vaillent AVEC la muni­ci­pa­lité en étant force de pro­po­si­tion. C’est ce qui dif­fé­ren­cie une poli­tique auto­cra­tique d’une poli­tique démo­cra­tique.
    😉

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