“Ma chère auto” : le service d’autopartage qui reprend les voitures des particuliers

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FOCUS – Lancé par le réseau d’autopartage Cité Lib, le service « Ma chère auto » devrait taper dans l’œil d’un certain nombre d’automobilistes grenoblois. Le principe ? Faire don de sa voiture à Cité Lib et se débarrasser d’un poids financier. En contrepartie, changer son mode de déplacement et toucher une petite rente mensuelle…

 

 

 

Le dispositif "Ma chère auto" propose à l'automobiliste de partager sa voiture avec les abonnés du réseau d'autopartage Citélib, contre une rente mensuelle. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Voiture du réseau d’au­to­par­tage Cité Lib. Au fil des pro­chaines semaines, des voi­tures de par­ti­cu­liers vont venir étof­fer ce réseau. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Le réseau de voi­tures en auto­par­tage Cité Lib vient de frap­per fort, avec son ser­vice « Ma chère auto ». « C’est un ser­vice qui va per­mettre à beau­coup d’au­to­mo­bi­listes qui uti­lisent très peu leur voi­ture de s’en sépa­rer en dou­ceur », affirme, convaincu, Martin Lesage, direc­teur géné­ral de la Scic Alpe-AutoPartage, qui gère le réseau Cité Lib.

 

Il s’agit ainsi pour le pro­prié­taire de don­ner sa voi­ture à Cité Lib et de se déchar­ger au pas­sage de tous les frais inhé­rents à la pos­ses­sion d’une auto (frais d’as­su­rance, contrôle tech­nique, entre­tiens, répa­ra­tions)*. De fait, privé de sa voi­ture per­son­nelle, l’« homo auto­mo­bi­lis » n’a plus qu’à se conver­tir à l’au­to­par­tage ou à d’autres moyens de dépla­ce­ment : vélo, tram, bus, etc. Cerise sur le gâteau, l’ex-propriétaire peut per­ce­voir chaque mois, jusqu’à 200 euros, en fonc­tion des recettes issues de la loca­tion de son ancienne voi­ture.

 

 

 

« Vous avez réussi votre coup : je lâche ma voiture ! »

 

 

Martin Lesage indique qu’une cen­taine de per­sonnes, inté­res­sée par le ser­vice « Ma chère auto », a déjà contacté Cité Lib. « C’est à Grenoble que nous atti­rons le plus de can­di­dats à ce ser­vice, car c’est là où il y a le plus de contraintes urbaines » remarque-t-il.

 

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« Grenoble a été pen­sée comme un cir­cuit auto­mo­bile », com­mente Eric Piolle, maire de Grenoble. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Pas si éton­nant… « Grenoble a été pen­sée comme un cir­cuit auto­mo­bile, com­mente Eric Piolle, maire de Grenoble. Notre poli­tique de dépla­ce­ment […] et ce type ce ser­vice visent à regri­gno­ter de la qua­lité d’usage, et de l’espace public sur la voi­ture ».

 

Maxime Tassin, pré­sident de la Scic, abonde et va plus loin : « Une voi­ture en auto­par­tage, c’est 9 voi­tures en moins sur la voie publique ! »

 

De quoi faire sérieu­se­ment réflé­chir les habi­tants de Grenoble, tout par­ti­cu­liè­re­ment ceux du centre-ville… S’ajoute, en effet, à la dif­fi­culté de trou­ver chaque jour une place de sta­tion­ne­ment, la hausse récente du ticket résident qui touche 60 % des ménages. Et le maire de Grenoble de rap­por­ter, avec satis­fac­tion, cette anec­dote : « J’ai ren­con­tré récem­ment une per­sonne qui mani­fes­tait sa désap­pro­ba­tion à l’égard de la hausse des tarifs sta­tion­ne­ment… Elle a fini par dire : “Vous avez réussi votre coup : je lâche ma voi­ture !” »

 

 

 

Entre 20 à 40 utilisateurs par voiture partagée

 

 

Yoann Morlé fait par­tie des cinq pion­niers gre­no­blois à avoir fran­chi le pas. Sa che­vro­let spark rouge n’est désor­mais plus « sa » che­vro­let. Elle est même sus­cep­tible désor­mais d’être uti­li­sée par 20 à 40 per­sonnes, selon les chiffres de Cité Lib.

 

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Martin Lesage, direc­teur géné­ral de Citélib, et Yoann Morlé, adhé­rent de « Ma chère auto ». © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Yoann tra­vaille sur la Presqu’île scien­ti­fique, au CEA, où les sala­riés uti­lisent déjà par­ti­cu­liè­re­ment bien le ser­vice d’au­to­par­tage Cité Lib. Quand il a eu connais­sance du nou­veau dis­po­si­tif « Ma chère auto », il a immé­dia­te­ment voulu sai­sir l’op­por­tu­nité. « J’habitais Tullins, aupa­ra­vant. Mais depuis quatre ans, je vis à Grenoble. Je n’utilisais ma voi­ture que pour faire les courses. J’ai voulu la revendre, mais ce n’était pas inté­res­sant ! »

 

Sa voi­ture étant encore suf­fi­sam­ment en bon état, condi­tion pour être accep­tée par le réseau. Citélib l’a prise sous son aile.

 

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Cette che­vro­let spark rouge est à pré­sent dis­po­nible pour tous les abon­nés du ser­vice d’au­to­par­tage Citélib, sur le quar­tier Cambridge à Grenoble. © Yoann Morlé

Le réseau a trouvé un empla­ce­ment idéal pour la petite Chevrolet rouge, à proxi­mité du CEA. Elle pourra par ailleurs être emprun­tée par les habi­tants du nou­veau quar­tier Cambridge (à condi­tion qu’ils soient abon­nés à Citélib). Quant à Yoann, il a rejoint, cette fois pour de bon, la com­mu­nauté des 8 000 adeptes que compte le réseau de Cité Lib (pré­sent éga­le­ment à Saint-Étienne, Chambéry, Annecy, etc.) dont 2 000 abon­nés, rien que sur l’agglomération gre­no­bloise.

 

 

 

Quand le maire écolo donne l’exemple

 

 

« Ce nou­veau ser­vice ques­tionne la notion de pos­ses­sion », pointe Eric Piolle, maire EELV de Grenoble. Une ques­tion qu’Eric Piolle s’est posée et qu’il a tran­chée, puis­qu’il a lui-même renoncé à sa voi­ture, qu’il fait du vélo comme cha­cun sait, et qu’il pra­tique l’au­to­par­tage – ce que l’on sait un peu moins.

 

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Eric Piolle, maire EELV de Grenoble s’est débar­rassé de sa voi­ture et pra­tique l’au­to­par­tage. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

En outre, le maire de Grenoble est éga­le­ment socié­taire de la coopé­ra­tive [à l’instar de nom­breux par­ti­cu­liers et col­lec­ti­vi­tés, selon le prin­cipe d’une scic, ndlr].

 

Selon Eric Piolle et les diri­geants de Citélib, l’heure de la mutua­li­sa­tion des voi­tures indi­vi­duelles serait ainsi venue… « Il sera bien­tôt aussi natu­rel de par­ta­ger une auto que les rési­dents d’un immeuble, l’as­cen­seur », estiment Eric Piolle et Maxime Tassin, pré­sident de Cité Lib. Pour ne pas perdre de vue trop bru­ta­le­ment leur « chère voi­ture », Cité Lib s’engage à trou­ver un empla­ce­ment sur la voi­rie, non loin du domi­cile ou du lieu de tra­vail de son ancien pro­prié­taire…

 

 

Séverine Cattiaux

 

 

* Le coût d’une voi­ture repré­sente le deuxième poste de dépenses dans un ménage avec une moyenne de 5 000 euros par an, selon les chiffres de Cité Lib.

 

 

CAMPAGNE DE FINANCEMENT PARTICIPATIF SUR KOCORIKO

 

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Image extraite du tea­ser de « Ma chère auto »

Dans l’agglomération, Cité Lib dis­pose d’une cen­taine de véhi­cules en auto­par­tage clas­sique (en boucle) et de 250 sur tout son réseau. Le ser­vice « Ma chère auto » doit aussi per­mettre au réseau d’autopartage de faire face à son rapide déve­lop­pe­ment (+ de 40 % de nou­veaux adhé­rents  en 2016).

 

150 voitures « ma chère auto » en 2017

 

Le réseau espère ainsi inté­grer, par le ser­vice « Ma chère auto », à moindre frais, de nou­velles voi­tures dans sa flotte : 50 voi­tures « ma chère auto » en 2016 et 150 en 2017. Il en coûte tou­te­fois encore 1 000 euros à Cité Lib à chaque entrée d’une nou­velle voi­ture, entre l’installation du boî­tier infor­ma­tique dans la voi­ture et la créa­tion d’un empla­ce­ment réservé.

 

La Scic fait donc appel au finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif par la pla­te­forme Kocoriko, pour récol­ter 250 000 euros… Il vaut mieux que l’ex-propriétaire soit content du ser­vice Cité Lib car, tous les ans, il peut déci­der de reprendre sa voi­ture. Cela dit, selon les sta­tis­tiques de Cité Lib, un auto­par­ta­geur a plu­tôt ten­dance à se ser­vir de moins en moins d’une voi­ture.

 

 

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