Le parasite de la toxoplasmose peut être responsable de maladies graves. Mais le mécanisme qu'il a mis au point pourrait ouvrir la voie à de nouveaux médicaments.

Toxoplasma gondii, un parasite plein de promesses… thérapeutiques

Toxoplasma gondii, un parasite plein de promesses… thérapeutiques

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

FOCUS – Le parasite de la toxoplasmose, les femmes enceintes le connaissent bien pour les risques qu’il fait porter au fœtus. Les chercheurs grenoblois aussi qui l’étudient depuis plusieurs années. Et pour cause. Toxoplasma gondii a développé au fil des millions d’années de son évolution la capacité à arrêter une réaction inflammatoire. Un mécanisme unique qui ouvre la porte à la mise au point de nouveaux médicaments.

 

 

 

Toxoplasma gondii, le parasite de la toxoplasmose peut être responsable de maladies graves. Mais le mécanisme qu'il a mis au point pourrait ouvrir la voie à de nouveaux médicaments.

En rouge, la pro­téine secré­tée par Toxoplasma gon­dii dans le noyau de la cel­lule infec­tée où elle ira contrô­ler les gènes. DR

Le para­site de la toxo­plas­mose est un petit être vivant fabu­leux. D’abord parce que, comme tout bon para­site, il a la capa­cité à vivre et gran­dir aux cro­chets de celui qui l’héberge.

 

Ensuite parce qu’il a déve­loppé, au fil des mil­lions d’années de son évo­lu­tion, cette pro­priété de répri­mer voire d’arrêter une réponse inflammatoire.

 

Un méca­nisme qui inté­resse au plus haut point les cher­cheurs de l’Institut pour l’avancée des bios­ciences (Inserm/CNRS/Université Grenoble Alpes) et du CEA qui, depuis plu­sieurs années, tra­vaillent à décryp­ter Toxoplasma gon­dii et dont les der­niers tra­vaux ont été publiés dans le Journal of expe­ri­men­tal medi­cine.

 

Toxoplasma gon­dii, on le trouve un peu par­tout. Dans la viande crue ou peu cuite, les fruits et légumes mal lavés et la litière des chats. On estime d’ailleurs que la moi­tié de la popu­la­tion fran­çaise est infestée.

 

 

Toxoplasma gondii prend le contrôle des cellules

 

 

Si Toxoplasma gon­dii s’est fait une petite répu­ta­tion, c’est qu’il est aussi la bête noire des femmes enceintes non immu­ni­sées à qui il fait cou­rir le risque de mal­for­ma­tions fœtales, voire de mort in utero, mais aussi des patients dont le sys­tème immu­ni­taire est affai­bli ou imma­ture. D’autant que le para­site affiche une lon­gé­vité inéga­lée dans le monde des micro-orga­nismes. Une capa­cité à res­ter au chaud hors du commun.

 

« Nous avons là un para­site très adapté à son hôte et tout se passe bien ! », sou­ligne Mohamed-Ali Hakimi, direc­teur de recherche à l’Inserm. « C’est une forme de symbiotisme. »

 

Le Dr Hakimi, directeur de recherche à l'INSERM, spécialiste de Toxoplasma gondii, parasite de la toxoplasmose.

Le Dr Hakimi, direc­teur de recherche à l’Inserm. DR

De fait, Toxoplama gon­dii a mis au point une stra­té­gie ingé­nieuse, unique même, pour prendre le contrôle des cellules.

« Il pro­voque une inflam­ma­tion pas­sa­gère qui va per­mettre à la cel­lule hôte de tuer une par­tie de la popu­la­tion de para­sites, pour­suit le cher­cheur gre­no­blois. Mais pas tous. Certains vont alors se cacher dans d’autres par­ties du corps et pro­vo­quer une réac­tion anti-inflammatoire. »

 

Si les virus et les bac­té­ries par­tagent la capa­cité des para­sites à modu­ler la réponse immu­ni­taire des ani­maux qu’ils infectent, la com­plexité avec laquelle Toxoplasma gon­dii se joue des défenses de son hôte est sans com­mune mesure. Ainsi, contrôle-t-il la réponse immu­ni­taire pro-inflam­ma­toire de son hôte, dans le but de pour­suivre son cycle infec­tieux et… de persister.

 

C’est cette réac­tion anti-inflam­ma­toire que cherchent aujourd’hui à repro­duire les cher­cheurs. Des tra­vaux pour les­quels l’équipe a obtenu le finan­ce­ment de l’European Research Council (ERC) à hau­teur de deux mil­lions d’euros.

 

Avec l’espoir, en copiant le méca­nisme éla­boré par Toxoplasma gon­dii, de mettre au point de nou­veaux médicaments.

 

 

Patricia Cerinsek

 

 

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Patricia Cerinsek

Auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site est protégé par reCAPTCHA et le GooglePolitique de confidentialité etConditions d'utilisation appliquer.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

A lire aussi sur Place Gre'net

© IAB
Toxoplasmose : le moteur à propulsion de son agent infectieux élucidé par des chercheurs grenoblois

  FIL INFO - En étudiant l'agent infectieux de la toxoplasmose, des chercheurs grenoblois de l’Institut pour l’avancée des biosciences ont découvert son mécanisme de Lire plus

Toxoplasmose et paludisme : selon des chercheurs grenoblois, les parasites « ressentent » l’état des malades

  EN BREF – Des scientifiques grenoblois de l’Institut pour l’avancée des biosciences ont montré comment les parasites responsables de la toxoplasmose et du paludisme Lire plus

Toxoplasma Gondii parasites toxoplasmose Grenoble
Toxoplasmose : des chercheurs grenoblois ont trouvé une alternative à l’expérimentation sur les chats

  EN BREF – En cultivant in vitro les formes sexuées transmissibles du parasite de la toxoplasmose, des chercheurs grenoblois de l’Institut for Advanced Biosciences Lire plus

Des chercheurs de Grenoble ont découvert une molécule efficace pour lutter contre la cryptosporidiose

  EN BREF – Des chercheurs grenoblois de l’IAB viennent de découvrir un nouveau candidat - médicament pour contrôler la cryptosporidiose. Cette maladie intestinale est Lire plus

Toxoplasmose : des chercheurs grenoblois ont découvert comment le parasite pénètre dans les cellules

FIL INFO - Des chercheurs grenoblois de l'Institut pour l'avancée des biosciences viennent de décrypter les mécanismes déployés par le parasite Toxoplasma gondii, responsable de Lire plus

Via un don de la famille Luzzati, la Fondation Université Grenoble-Alpes va financer des projets de recherche au sein de collèges et lycées dans la région.
Première rencontre régionale entre patients et chercheurs, jeudi 7 décembre à Grenoble

L'Université des patients de Grenoble (UPDG) et plusieurs acteurs du monde de la recherche organisent la première rencontre régionale entre associations de malades et chercheurs, Lire plus

Flash Info

|

22/01

16h03

|

|

22/01

15h43

|

|

21/01

12h23

|

|

21/01

9h48

|

|

20/01

11h24

|

|

20/01

10h02

|

|

19/01

13h19

|

|

19/01

11h57

|

|

19/01

11h18

|

|

19/01

0h33

|

Les plus lus

Éric Piolle présentait ses voeux à la presse ce 13 janvier 2022. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Abonnement| Éric Piolle envisage un stationnement plus cher pour les SUV et de la vidéo-verbalisation en centre-ville

Chloé LE BRET

Politique| Grenoble : Chloé Le Bret, conseillère municipale à l’égalité des droits, démissionne suite à « une rupture de confiance »

Politique| Forte affluence à Grenoble pour la journée de grève dans l’Éducation nationale du jeudi 13 janvier

Agenda

Je partage !
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin