Loi El Khomri : les syndicats crient à la trahison après le recours au 49.3

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REPORTAGE VIDÉO – L’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl appelait à une cinquième journée de mobilisation, ce jeudi 12 mai à Grenoble. Plus d’un millier de personnes ont ainsi manifesté pour demander le retrait de la loi El Khomri et surtout crier leur colère contre ce qu’ils estiment être une trahison. Celle du coup de force du gouvernement qui a utilisé l’article 49.3 pour faire passer la loi Travail le 10 mai.

 

 

 

Échanges de regards... © Joël Kermabon - Place Gre'net

Échanges de regards… © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Quarante-neuf trois, on n’en veut pas ! » ou bien « P comme pour­ris, S comme salauds, à bas le Parti socia­liste ! » Voici quelques-uns des slo­gans scan­dés par les mani­fes­tants qui ont déam­bulé, durant près de trois heures, dans les rues de Grenoble ce jeudi 12 mai.

 

Galvanisés par des sonos à fond et des lea­ders syn­di­ca­listes remon­tés comme des pen­dules, ils ont laissé libre cours à leur colère.

 

En cause, l’a­dop­tion de la loi El Khomri par le camp socia­liste via l’u­ti­li­sa­tion de l’ar­ticle 49.3. Une tra­hi­son, selon les syn­di­cats, qui passe par­ti­cu­liè­re­ment mal.

 

 

 

Une manifestation très encadrée par les forces de l’ordre

 

 

Toujours déci­dés à ne rien lâcher, plus d’un mil­lier de mani­fes­tants contre la loi El Khomri, dont des sym­pa­thi­sants de Nuit debout, se sont regrou­pés place de Verdun aux alen­tours de 10 heures. Avant de déam­bu­ler durant près de trois heures jus­qu’à la gare, sous l’é­troite sur­veillance des forces de l’ordre.

 

Manifestement très échau­dés par les débor­de­ments en marge de la mani­fes­ta­tion “sau­vage” du mou­ve­ment Nuit debout de l’a­vant-veille, les pou­voirs publics ont en effet pris toutes leurs pré­cau­tions.

 

Une manifestation étroitement encadrée par les forces de l'ordre. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Une mani­fes­ta­tion étroi­te­ment enca­drée par les forces de l’ordre. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Tous les car­re­fours du par­cours étaient pro­té­gés par un cor­don de CRS. Tout comme les banques situées sur le tra­jet ainsi que les com­merces atta­qués l’a­vant-veille – notam­ment le siège du Dauphiné Libéré.

De quoi expli­quer que la mani­fes­ta­tion se soit dérou­lée dans le calme jus­qu’au bout.

 

Un groupe de jeunes mani­fes­tants s’est ensuite dirigé vers le tri­bu­nal de Grenoble afin de sou­te­nir l’une des per­sonnes inter­pel­lées mardi der­nier. Finalement, cette der­nière, sus­pec­tée d’a­voir lancé des pro­jec­tiles sur les forces de police lors des débor­de­ments, a écopé de six mois de pri­son avec sur­sis et devra accom­plir 105 heures de tra­vaux d’in­té­rêt géné­ral.

 

Retour en images sur le dérou­le­ment de cette mani­fes­ta­tion avec les inter­ven­tions de Lynda Bensella, secré­taire dépar­te­men­tale de la CGT, et Étienne Sapin de Solidaires Isère.

 

 


Reportage Joël Kermabon

 

 

 

La cible du jour : les députés locaux

 

 

Un déni de démo­cra­tie. C’est ainsi que les mani­fes­tants qua­li­fient le pas­sage en force du gou­ver­ne­ment. Ceux qui l’in­carnent à Grenoble en ce jour de pro­tes­ta­tion, ce sont Geneviève Fioraso et Michel Destot, les dépu­tés socia­listes locaux “félons” à leurs yeux. Ils les accusent ni plus ni moins d’a­voir « trahi le peuple ».

 

Fakir, le journal indépendant et alternatif engagé à gauche. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Fakir, le jour­nal indé­pen­dant et alter­na­tif engagé à gauche. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Cette dis­cus­sion par­le­men­taire était fina­le­ment une énorme farce. On s’y atten­dait, le 49.3 avait été annoncé dès les pre­miers jours où Myriam El Khomri avait pré­senté son pro­jet de loi, s’in­digne Étienne Sapin, de Solidaires Isère. Force est de consta­ter que c’est confirmé. »

Et de pour­suivre avec convic­tion : « Nous ne pou­vons que comp­ter sur nous. C’est aux sala­riés, chô­meurs et pré­caires mais aussi lycéens et étu­diants de conti­nuer à battre le pavé et que ce mou­ve­ment leur prouve qu’ils avaient tort. »

 

Ce 12 mai n’est de toute façon qu’une jour­née inter­mé­diaire, explique encore le syn­di­ca­liste. « L’objectif c’est tou­jours la vic­toire et nous y croyons encore. » Pour lui, les véri­tables enjeux se joue­ront les 17 et 19 mai. A savoir, à par­tir du 17 mai, des appels à la grève recon­duc­tible et le 19 mai, une nou­velle mani­fes­ta­tion inter­pro­fes­sion­nelle. « Entre ces deux dates, nous allons essayer de construire et d’en­tre­te­nir la grève et de faire en sorte qu’elle puisse se géné­ra­li­ser dans le pays », conclut Étienne Sapin.

 

 

Joël Kermabon

 

 

 

Pays Voironnais, un jour, une activité
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