“Cent papiers” : le Musée Géo-Charles revient aux fondamentaux

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EN BREF – Une nouvelle exposition temporaire se tient depuis fin janvier au Musée Géo-Charles d’Échirolles. À travers cent œuvres, « Cent papiers » explore ce matériau, le papier, désormais délaissé au profit du tout numérique. Visite.

 

 

 

Ce dessin de Dominique Torrente (feutre noir, gouache, aquarelle sur pages d'un ancien mémento technique) fait partie d'une série intitulée "Les travailleurs", 2014, Collection de l'artiste

Ce dessin de Dominique Torrente (feutre noir, gouache, aquarelle sur page d’un ancien mémento technique) fait partie de la série intitulée « Les travailleurs », 2014, Collection de l’artiste.

« Sans papiers » ? Non, « Cent papiers ». L’homophonie du titre de la nouvelle exposition du Musée Géo-Charles est voulue. De même que les significations qu’elle charrie avec elle.

 

 

Est-ce une exposition engagée sur les immigrés en quête d’identité ? Ou plutôt l’éloge d’une matière jugée parfois obsolète dans notre société de la dématérialisation ? C’est un peu tout cela mais aussi, plus prosaïquement, le nombre d’œuvres exposées : cent pièces autour du papier, réalisées par 87 artistes.

 

 

À nous d’y lire ce que chacune porte de signification car l’ensemble est loin de former un tout cohérent. Ce qui n’est pas un mal. Ainsi, la série de dessins de Dominique Torrente intitulée “Les travailleurs” (voir ci-contre) exploite le sens qu’offre le support : d’anciens mémentos techniques sur lesquels figurent des hommes en bleu de travail, portant des charges, etc. Dans un tout autre registre, on trouvera aussi de nombreuses pièces proches de l’art brut, évoquant les gribouillages auxquels on pourrait se livrer à la faveur d’un coup de fil…

 

 

 

Un cabinet de curiosité à la gloire du papier

 

 

Au rez-de-chaussée du musée, sont donc accrochées, à la manière de constellations, de petites pièces – encadrées pour la plupart – qui rappellent que l’art contemporain peut se faire modeste. On s’approche et on devine le papier sous ses formes plurielles. Déchiré, en volume, crayonné, recyclé, porteur de signes, d’écrits indéchiffrables, de peintures, de dessins, planches de bandes dessinées, enluminures…

 

 

Le rez-de-chaussée du Musée Géo-Charles d'Échirolles prend des allures de cabinet de curiosité avec ses cent œuvres dédiées au papier. © Adèle Duminy

Le rez-de-chaussée du Musée Géo-Charles d’Échirolles prend des allures de cabinet de curiosité avec ses cent œuvres dédiées au papier. © Adèle Duminy

 

 

Élisabeth Chambon, conservatrice du Musée Géo Charles, rappelle que le papier – dont la fabrication remonte à l’Antiquité – a accompagné les révolutions de l’art moderne, via le collage notamment. Aujourd’hui, il n’a plus spécialement bonne presse dans les arts contemporains mais Élisabeth Chambon souhaite célébrer sa survivance.

 

 

Elle aime se rapporter à l’étymologie du mot « curateur », autre terme pour désigner sa charge de conservatrice de musée : « C’est celui qui prend soin… » Le papier, qui est loin d’avoir dit son dernier mot en art comme au quotidien, est en effet choyé dans cette exposition, qui nous le rend intrigant, et donc précieux.

 

 

Adèle Duminy

 

 

 

Infos pratiques

 

Musée Géo Charles

1 rue Géo-Charles à Échirolles

Exposition du 29/01 au 24/04 2016

Du lundi au dimanche de 14 heures à 18 heures

Fermeture le mardi et tous les jours fériés

 

 

 

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