Participants juste avant le départ de la course d'obstacles Mud Gre à Grenoble le 8 novembre 2015 avec un coureur allongé au sol avec tuba et lunettes de plongée. © Yuliya Ruzhechka - placegrenet.fr

La.Mud.Gre à Grenoble : une pre­mière spor­tive, ludique et bariolée

La.Mud.Gre à Grenoble : une pre­mière spor­tive, ludique et bariolée

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REPORTAGE PHOTO – Des méde­cins, des plon­geurs, des per­son­nages de des­sins ani­més et de jeux vidéo… Environ 900 Isérois ont tra­versé les rues et les parcs de Grenoble, ce dimanche 8 novembre 2015, à l’oc­ca­sion de la pre­mière course La.Mud.Gre, offrant un spec­tacle inso­lite aux habi­tants de la capi­tale des Alpes.

Participants lors de la course d'obstacles Mud Gre à Grenoble le 8 novembre 2015. © Yuliya Ruzhechka - placegrenet.fr

Départ de la course d’obs­tacles La.Mud.Gre à Grenoble le 8 novembre 2015. © Yuliya Ruzhechka – pla​ce​gre​net​.fr

Douze kilo­mètres de tra­ver­sée en pas­sant par Gières, Saint-Martin-d’Hères et Grenoble, dans la boue et dans l’eau, à tra­vers des laby­rinthes de cordes, en se frayant un che­min à tra­vers des pneus et en sau­tant au-des­sus de voi­tures. Voilà ce qui atten­dait, ce dimanche 8 novembre, les par­ti­ci­pants de La.Mud.Gre, dont cer­tains s’é­taient dégui­sés pour l’occasion.

La course a démarré par une pre­mière vague de par­ti­ci­pants, d’une cen­taine de per­sonnes envi­ron. Parmi eux, le par­rain de la course Jean-François Dor, tri-ath­lète isé­rois ayant par­ti­cipé à la Norseman, une pres­ti­gieuse course de tri­ath­lon en Norvège à la dif­fi­culté jugée « extrême ».

Après cette « vague élite » – dont cer­tains cou­reurs s’at­ten­daient à un niveau de dif­fi­culté plus élevé et ont déploré une mau­vaise orga­ni­sa­tion* –, plu­sieurs départs dif­fé­rés ont suivi, avec des équipes ayant cha­cune leur code ves­ti­men­taire, mais pro­gres­sant toutes dans un esprit d’en­traide. Et pour cause : contrai­re­ment aux par­ti­ci­pants de la pre­mière vague, la com­pé­ti­tion n’é­tait pas le mot d’ordre pour ces cou­reurs du dimanche qui sou­hai­taient avant tout s’amuser.

Un par­cours du com­bat­tant urbain

D’où vient l’i­dée de ce par­cours urbain ? De la volonté de rendre le par­cours du com­bat­tant mili­taire ludique et acces­sible à tout le monde, explique l’é­quipe d’or­ga­ni­sa­tion de La.Mud.Gre.

Catherine, une par­ti­ci­pante à la course, nous pré­sente son com­pa­gnon, Olivier, qui a l’ha­bi­tude de par­ti­ci­per à des trails. « Aujourd’hui, il aurait pu jouer le chrono, mais il m’a­mène avec lui. Il lui fal­lait donc trou­ver un dégui­se­ment qui me per­mette de suivre son rythme tout au long de la course ! »

Participants juste avant le départ de la course d'obstacles Mud Gre à Grenoble le 8 novembre 2015 avec un coureur allongé au sol avec tuba et lunettes de plongée. © Yuliya Ruzhechka - placegrenet.fr

Olivier, cou­reur palmé, juste avant le départ de La.Mud.Gre. © Yuliya Ruzhechka – pla​ce​gre​net​.fr

« On nous a dit qu’il fau­dra tra­ver­ser l’Isère, conti­nue Olivier. J’ai donc choisi un dégui­se­ment qui me don­nera pro­ba­ble­ment l’a­van­tage sur les autres. Plus sérieu­se­ment, on par­ti­cipe à cette course pour rigo­ler ! »

Participants de la course d'obstacles Mud Gre à Grenoble le 8 novembre 2015 avec un coureur déguisé en plongeur avec des palmes. © Yuliya Ruzhechka - placegrenet.fr

© Yuliya Ruzhechka – pla​ce​gre​net​.fr

Avant le départ, Olivier et Catherine ont estimé leur temps de course à deux heures et demie ou trois heures. Tout au long du par­cours, ils ont fran­chi divers obs­tacles, tou­jours avec le sou­rire, et fina­le­ment réussi à finir la course en moins de trois heures.

« Depuis trois ans, chaque année, on par­ti­cipe à des courses ou des semi-mara­thons en étant dégui­sés », expliquent quant à elles Roseline et Marjorie.

Dans leur équipe, chaque membre est déguisé en un per­son­nage du jeu vidéo Mario Bros. « Pour nous, ce n’est pas une com­pé­ti­tion, on n’est pas des spor­tifs. En ce qui concerne notre dégui­se­ment, on a tous joué à la Wii. L’univers de Mario nous est fami­lier. On a donc choisi ce thème. »

Un seuil de ren­ta­bi­lité bien­tôt atteint

Prendre du plai­sir, s’a­mu­ser et rele­ver un défi ensemble avec ses amis : tel étaient donc les objec­tifs des orga­ni­sa­teurs de La.Mud.Gre. « On a été plu­sieurs à par­ti­ci­per l’an­née der­nière à la course d’obs­tacles à Lyon. Après cette expé­rience, nous avons voulu orga­ni­ser une course sem­blable à Grenoble. Début 2015, on a com­mencé à pré­pa­rer la pre­mière édi­tion. »

Pour envi­sa­ger les édi­tions sui­vantes, il fal­lait atteindre le seuil de ren­ta­bi­lité du pro­jet sur celle-ci. En clair, cou­vrir toutes les dépenses d’or­ga­ni­sa­tion, en réunis­sant envi­ron mille par­ti­ci­pants, le bud­get de la course étant de 30.000 euros. D’après le pre­mier bilan, le palier est presque fran­chi. Les Grenoblois peuvent donc com­men­cer à s’en­traî­ner et à par­faire leurs dégui­se­ments pour la pro­chaine édition.

Yuliya Ruzhechka

Revivez la course en images !

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Photos : © Yuliya Ruzhechka

* Complément d’in­for­ma­tion ajouté le 9 novembre, suite à plu­sieurs témoi­gnages de par­ti­ci­pants de la caté­go­rie “élite” mécon­tents, lais­sés en commentaires.

De gros pro­blèmes d’organisation

Absence de puces de chro­no­mé­trage (volées pen­dant la nuit selon les orga­ni­sa­teurs) et donc de résul­tats à l’ar­ri­vée, manque de diver­sité parmi les obs­tacles, absence de boue dans un évé­ne­ment “mud”, ravi­taille­ments jugés « ridi­cules », par­cours insuf­fi­sam­ment balisé et sécu­risé avec « des tra­ver­sées de route » et des « cyclistes pas­sant à contre-sens », pénu­rie de tickets de tram pour le retour, T‑shirts avec un choix de tailles insuf­fi­sant, manque de pho­tos de la course, absence de com­mu­ni­ca­tion et orga­ni­sa­teurs « injoi­gnables » depuis la fin de l’é­preuve… Sur les réseaux sociaux et en com­men­taires, la grogne se fait sen­tir. Beaucoup de cou­reurs demandent un dédommagement.

Ce mer­credi 10 novembre, l’é­quipe d’or­ga­ni­sa­tion a fina­le­ment posté un mes­sage sur Facebook à l’at­ten­tion des par­ti­ci­pants : « Nous tenions à tous vous remer­cier pour être venus en nombre pour notre grande pre­mière, un grand MERCI à tous les béné­voles pré­sents, MERCI à tous les coureurs.
Nous sommes conscients des ratés, l’heure est actuel­le­ment au ran­ge­ment, nous allons rapi­de­ment nous réunir et faire le bilan en toute trans­pa­rence, nous revien­drons vers vous pour par­ta­ger nos conclu­sions et suite à donner.
Nous sommes une petite asso­cia­tion à but non lucra­tif, nous ne dis­po­sons pas des res­sources ni des struc­tures comme d’autres grands noms recon­nus des courses à obs­tacles. Les pho­tos sont en cours de mon­tage, elles seront pro­chai­ne­ment dis­po­nibles et acces­sibles, vous serez infor­més. » Visiblement pas de quoi cal­mer la colère de cer­tains coureurs…

Mise à jour le 12 novembre 2015.

POST SCRIPTUM

Quelques jours après la La.Mud.Gre, le nombre de réac­tions de par­ti­ci­pants ne cesse de croître. Les avis sont par­ta­gés entre ceux qui sou­lignent la bonne ambiance de la course et ceux qui se disent pro­fon­dé­ment déçus par la façon dont a été orga­nisé cet évé­ne­ment, sur­tout par rap­port à d’autres courses du même type dans d’autres villes.

Parmi ces der­niers, Antoine, qui a par­ti­cipé à la course au sein d’une équipe de neuf per­sonnes : « Le terme “loi­sirs” dans les autres Mud ne signi­fie pas “caté­go­rie infé­rieure”. On peut cou­rir en loi­sir et se don­ner à fond ». Antoine avait d’ailleurs de grandes attentes pour cette course. La preuve : il s’en­traî­nait 4 à 5 fois par semaine depuis sep­tembre « pour pou­voir être à la hau­teur le jour J ».

Un autre point impor­tant sus­cite le ques­tion­ne­ment des par­ti­ci­pants : où est parti leur argent ? 40 euros, disent beau­coup entre-eux, n’est, en effet, pas une somme négli­geable. Surtout quand cer­tains cou­reurs racontent leur expé­rience dans d’autres courses d’obs­tacles en France : plus diver­si­fiées quant aux obs­tacles et par­fois même moins chères.

Cette com­pa­rai­son avec d’autres courses simi­laires n’a fait qu’augmenter la décep­tion d’Antoine et de son équipe, mais aussi des autres par­ti­ci­pants : « les obs­tacles, pour leur grande majo­rité, n’a­vaient rien à voir avec ce que les autres Mud pro­posent habi­tuel­le­ment ; ils étaient médiocres ». Selon ces cou­reurs, l’a­ni­ma­tion n’é­tait pas à la hau­teur ni au point de départ (« l’a­ni­ma­teur répé­tait tou­jours la même chose »), ni lors du warm-up – une séance d’é­chauf­fe­ment pro­mise par les orga­ni­sa­teurs – qui n’a pas eu lieu.

La manque de ravi­taille­ments, le buf­fet insuf­fi­sant à l’ar­ri­vée, l’ab­sence de chrono, des épingles pour les dos­sards, des bra­ce­lets… Autant de pro­messes non-tenues qui déçoivent de plus en plus les inter­nautes. Sans comp­ter la réac­tion des orga­ni­sa­teurs, vis-à-vis de ces retours néga­tifs, lais­sée sur les pages inter­net et Facebook, 48 heures après l’é­vè­ne­ment : « Nous ne pou­vons pas répondre pour le moment, nous finis­sons sous peu le ran­ge­ment de la course et la ges­tion des dif­fé­rentes démarches de fin de course. Nous allons éga­le­ment nous réunir très rapi­de­ment pour faire le point sur le dos­sier et vous avi­se­rons le cas échéant. Nous res­tons des béné­voles et devons gérer avec le quo­ti­dien pour appor­ter au plus vite notre réponse ».

Un mes­sage qui n’a rien de satis­fai­sant et témoigne d’une forme de lâcheté, selon Antoine : « Je suis quel­qu’un de posi­tif et je garde un super sou­ve­nir de cette jour­née car j’é­tais avec des amis que j’ap­pré­cie beau­coup. D’une manière géné­rale je suis com­pré­hen­sif et par­donne faci­le­ment les erreurs sur­tout pour les gens qui débutent. Cependant je suis très en colère car j’ai le sen­ti­ment que les orga­ni­sa­teurs se sont “cachés” et n’ont pas assumé leurs erreurs ni pris la peine d’ex­pli­quer au micro ou par mail ou via Facebook ce qui s’é­tait passé et pour­quoi les choses avaient mal tour­nées ».

Aujourd’hui, Antoine n’a pas l’in­ten­tion de par­ti­ci­per à cette course l’an­née pro­chaine : « Je pré­fère faire des kilo­mètres et payer dix euros plus chers pour faire une vraie Mud, plu­tôt que cette mas­ca­rade ».

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