UNE Cabaret Frappé 2014 © Joël Kermabon - placegrenet.fr

Cabaret Frappé : visa pour un voyage musical

Cabaret Frappé : visa pour un voyage musical

ÉVÉNEMENT – La 17e édi­tion du Cabaret frappé orga­ni­sée par la ville de Grenoble s’installe, du 20 au 25 juillet, sous les fron­dai­sons du Jardin de Ville. Le fes­ti­val est devenu, au fil de seize ans d’exis­tence, un ren­dez-vous musi­cal incon­tour­nable, un temps fort de l’été gre­no­blois. Plus qu’une ani­ma­tion esti­vale, il s’af­firme comme un pro­jet artis­tique défri­cheur et révé­la­teur de talents. Tour d’ho­ri­zon avant embar­que­ment pour un voyage musi­cal autour du monde.

Cabaret Frappé 2014. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Cabaret frappé 2014. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Comme tous les mois de juillet depuis dix-sept ans, le grand cha­pi­teau du Cabaret frappé trône à nou­veau sous les pla­tanes cen­te­naires du Jardin de ville. À quelques jours du début du fes­ti­val, l’ef­fer­ves­cence règne. Les tech­ni­ciens s’af­fairent dans la cha­leur étouf­fante de ce mois de juillet. Tout doit être prêt le jour J !

Le chal­lenge ? Transformer les lieux en un espace de par­tage, de métis­sage des musiques et des cultures, créer une atmo­sphère cha­leu­reuse et convi­viale pro­pice à la découverte.

« Un micro­cosme musi­cal »

Implantée en plein cœur de la ville, c’est ce qui en fait tout le charme, la dix-sep­tième édi­tion du Cabaret Frappé s’ap­prête à pro­po­ser à des mil­liers d’a­fi­cio­na­dos des musiques actuelles « un micro­cosme musi­cal ».

Six jours de concerts gra­tuits et payants, une for­mule lar­ge­ment éprou­vée au fil des édi­tions et qui a véri­ta­ble­ment su trou­ver son public.

Concert sous le kiosque lors du Cabaret Frappé 2014. © Joël Kermabon - Place Gre'net.

Concert sous le kiosque lors du Cabaret Frappé 2014. © Joël Kermabon – Place Gre’net.

Vous sou­hai­tez boire une bière avec des amis en fin d’a­près-midi, en pro­fi­tant des concerts gra­tuits sous le kiosque ? Ou bien pré­fé­rez-vous appré­cier le pro­fes­sion­na­lisme d’un groupe confirmé sur la grande scène du chapiteau ?

Pas de pro­blème, vous trou­ve­rez votre compte, il y en aura pour tous les goûts. De l’élec­tro rock de I am un chien au rétro surf rock de Bikini Machine, en pas­sant par l’a­fro blues de Vieux Farka Touré ou encore le pop folk de Shake shake go, toute la palette mon­diale des musiques actuelles sera représentée.

Loran Stahl, direc­teur de la pro­gram­ma­tion du fes­ti­val, nous expose de bonnes rai­sons de venir faire un tour au Cabaret Frappé… et plus si affinités.

Réalisation Joël Kermabon

De la musique, beau­coup de musique, certes, mais pas seule­ment. Autour des concerts, plu­sieurs ani­ma­tions seront pro­po­sées. Jeux du monde pour petits et grands, ate­lier de séri­gra­phie, lec­tures dans le cadre de la rose­raie… Autant de pos­si­bi­li­tés de flâ­ner ou de s’oc­cu­per en atten­dant l’heure des concerts.

A signa­ler : les parents assis­tant aux concerts payants pour­ront pro­fi­ter d’une halte-gar­de­rie gra­tuite ins­tal­lée dans la crèche du Jardin de ville. De quoi pas­ser une agréable soi­rée avec des amis, en toute liberté, sans se sou­cier du bibe­ron du petit !

Un concert de pré-ouver­ture gratuit

Le groupe Blond Neil Young. © Office du tourisme de Grenoble

Le groupe Blond Neil Young. © Office du tou­risme de Grenoble

Au cha­pitre des nou­veau­tés, cette année, le fes­ti­val durera un peu plus long­temps. Le 19 juillet à 17 heures, avant même l’ou­ver­ture offi­cielle, un “before”, concert de pré-ouver­ture gra­tuit aura en effet lieu à la gare haute de la Bastille, en par­te­na­riat avec l’office du tou­risme de Grenoble et la Régie du télé­phé­rique. Au pro­gramme, le groupe Blond Neil Young qui inter­prè­tera des reprises magis­trales issues du réper­toire du monstre sacré de la folk music Neil Young.

Loran Stahl explique ce choix : « Nous savons que sur les concerts gra­tuits beau­coup de mômes viennent et nous avons eu envie de leur faire décou­vrir des anciens réper­toires ». Autre nou­veauté, tou­jours dans le cadre de ce même par­te­na­riat, la mise en place d’un “pass” spé­cial Cabaret frappé à 69 euros, des­tiné plus par­ti­cu­liè­re­ment aux non-Grenoblois.

« Une pro­gram­ma­tion touffue »

Cette année encore, res­tant fidèle à ses choix artis­tiques, Loran Stahl per­siste et signe. Ce sera une « pro­gram­ma­tion éclec­tique pour un voyage musi­cal autour du monde, convi­vial et fédé­ra­teur », prédit-il.

« C’est une pro­gram­ma­tion touf­fue. Il y a beau­coup de choses à voir et à décou­vrir », explique le direc­teur. L’occasion aussi de déni­cher de nou­veaux talents. « L’année der­nière, il y avait à l’af­fiche un artiste qui a été Victoire de la musique juste après, et ça, ça arrive régu­liè­re­ment », se félicite-t-il.

Cabaret Frappé 2014. © JOël Kermabon - Place Gre'net

Cabaret frappé 2014. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Loran Stahl en est convaincu : « Le Cabaret frappé, ce sont les grands noms de demain à petits prix ».

La for­mule n’est pas inno­cente, les tarifs du Cabaret frappé sont parmi les moins chers de France. « C’est le fruit d’une poli­tique tari­faire volon­taire menée depuis des années. Cette année, avec la nou­velle équipe muni­ci­pale, il a été décidé que nous n’aug­men­te­rions pas les tarifs », sou­ligne le directeur.

Autre signe de la volonté d’ou­ver­ture du fes­ti­val au plus grand nombre, la der­nière jour­née le samedi 25 juillet sera, tout comme l’an­née pré­cé­dente, entiè­re­ment gra­tuite. C’est la chan­teuse pop-soul de renom­mée inter­na­tio­nale Ayo – la femme à la gui­tarequi clô­tu­rera cette der­nière soi­rée sous les platanes.

Quid de la scène locale ?

Pour autant, le Cabaret frappé n’ou­blie pas la pro­duc­tion artis­tique locale, très pré­sente dans cette nou­velle édi­tion. Notamment avec les concerts gra­tuits qui auront lieu sur la « troi­sième scène du fes­ti­val » : le Zicbus. Le prin­cipe ? Une ving­taine de pas­sa­gers embarquent dans un bus “vin­tage” pour assis­ter aux concerts don­nés à l’in­té­rieur. Attention, il faut se ser­rer, les places sont comptées !

Le Zicbus. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Le Zicbus. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Ceux qui n’ont pas pu mon­ter peuvent tout de même assis­ter au concert à l’ex­té­rieur, dans la limite de cin­quante spec­ta­teurs, grâce à une retrans­mis­sion en direct et des casques fournis.

C’est sur cette scène hors-norme que se pro­dui­ront, tous les soirs à 21 heures, les artistes pro­gram­més par l’as­so­cia­tion Retour de scène – Dynamusic, qui a pour voca­tion de pro­po­ser un accom­pa­gne­ment et un sou­tien aux artistes locaux en voie de professionnalisation.

Autre facette de l’im­pli­ca­tion du fes­ti­val dans la scène locale, les concerts de “l’af­ter Cabaret frappé” qui auront lieu le dimanche 26 juillet au Ciel, dans le cadre d’une co-réa­li­sa­tion Cabaret frappé – Régie 2C. Deux groupes seront ainsi pro­pul­sés : Singe Chromes (post rock) et H‑Burns (ame­ri­cana). « Il y a un énorme sou­tien du Cabaret frappé à la Régie 2C, se féli­cite Corinne Bernard, adjointe à la culture et pré­si­dente du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de la Régie 2C. Malgré nos inquié­tudes pour l’a­ve­nir, je vois que nous pour­rons comp­ter sur lui ».

Le Cabaret frappé, Graal pour les artistes locaux

Pour un artiste local, être pro­grammé au Cabaret frappé « c’est un peu la conquête du Graal ! », s’a­muse Loran Stahl. Faisant réfé­rence au dis­po­si­tif mis en place pour les scènes de musiques actuelles (Smac) à Grenoble, le direc­teur plante le décor. « Nous tra­vaillons avec le show-bizz, avec la culture, avec les médias, avec la sphère poli­tique. »  Une façon de mieux appré­hen­der la façon dont se déroule la car­rière des artistes.

Des jeux pour petits et grands. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Des jeux pour petits et grands. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Nous n’a­che­tons pas sur cata­logue et ne pre­nons pas, par oppor­tu­nité, tel artiste payé plein pot pour rem­plir nos salles. Nous nous refu­sons à dépen­ser de l’argent public de cette manière-là. » 

Et l’é­vé­ne­ment semble bien faire fi des chan­ge­ments poli­tiques, comme le confirme Olivier Bertrand, adjoint à l’a­ni­ma­tion et aux évé­ne­ments fes­tifs : « La ville de Grenoble tient beau­coup au Cabaret frappé, ani­ma­tion d’été sur le centre-ville chère au cœur des Grenoblois mais aussi pro­jet artis­tique de plus en plus affirmé. Cette édi­tion, qui sera la pre­mière à être sou­te­nue du début à la fin par la nou­velle muni­ci­pa­lité, montre que nous nous ins­cri­vons sur cet évé­ne­ment dans une réelle conti­nuité ».

Un temps impor­tant pour la ville de Grenoble, donc et les Grenoblois de manière géné­rale. La preuve ? Bon nombre d’entre eux affirment ne par­tir en vacances qu’a­près qu’il se soit déroulé.

Joël Kermabon

Vous dési­rez en savoir plus ? Consultez toutes les infor­ma­tions pra­tiques sur le site du Cabaret frappé.

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