Élisa Martin : « Grenoble n’est pas Chicago ! »

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ENTRETIEN – Pour installer la tranquillité publique à Grenoble, suffit-il d’avoir de l’énergie à revendre ? Certainement non. Élisa Martin, première adjointe de la ville de Grenoble qui en a fait son cheval de bataille, revient sur les objectifs, cadre ses actions et plaide avec feu pour défendre les choix de la municipalité.

 

 

Celle qui, après Éric Piolle, est aux com­mandes de la Ville, n’a nul besoin de for­cer sa nature pour endos­ser le cos­tume de femme poli­tique empres­sée. Montant les esca­liers de l’hô­tel de ville, elle échange au pas­sage avec un col­lègue. S’excusant du léger retard, elle ouvre rapi­de­ment son bureau. Puis, dans l’at­tente du début de l’in­ter­view, elle observe fran­che­ment, les avant-bras posés sur le bureau, le corps pen­ché en avant. Déjà concen­trée.

 

Élisa Martin, première adjointe chargée du parcours éducatif et de la tranquillité publique, dans son bureau de l'hôtel de ville de Grenoble. © Paul Turenne - placegrenet.fr

Élisa Martin, pre­mière adjointe char­gée du par­cours édu­ca­tif et de la tran­quillité publique, dans son bureau de l’hô­tel de ville de Grenoble. © Paul Turenne – placegrenet.fr

 

Au fond de son bureau, une maquette du quar­tier Mistral et un large plan sur le mur der­rière la porte rap­pellent qu’Élisa Martin est chef d’or­chestre à Mistral. Ses autres cas­quettes ? Déléguée à la tran­quillité publique et au par­cours édu­ca­tif. C’est appa­rem­ment insuf­fi­sant pour cette femme dotée d’un fort dyna­misme : « On a les res­pon­sa­bi­li­tés qu’on se confère un peu soi-même. J’essaie aussi de veiller sur le groupe, sur les autres élus, pour que cha­cun soit à peu près bien, là où il est. »

 

D’emblée, elle met les choses au clair. Elle appré­cie qu’on lui pose une ques­tion à la fois et y répond sou­vent en trois points, dans la pure tra­di­tion de l’Éducation natio­nale. Rien d’é­ton­nant pour cette ancienne pro­fes­seur de fran­çais qui, après des études de phi­lo­so­phie, exerça plu­sieurs années dans les quar­tiers popu­laires, au col­lège Lucie Aubrac et au col­lège olym­pique de Grenoble.

 

Élisa Martin, première adjointe chargée du parcours éducatif et de la tranquillité publique, dans son bureau de l'hôtel de ville de Grenoble. © Paul Turenne - placegrenet.fr

« Écoutez-moi  ! », coupe Élisa Martin en repre­nant la parole.     © Paul Turenne – placegrenet.fr

La meilleure défense étant l’at­taque, quand la ques­tion est poten­tiel­le­ment sen­sible, Élisa Martin vous la retourne comme une crêpe, se don­nant le temps de la réflexion : « Et vous, qu’est-ce que vous en pen­sez ? Qu’est-ce que vous feriez, hein ? »

 

Bien qu’an­cienne adjointe au maire de Saint-Martin-d’Hères et conseillère régio­nale Rhône-Alpes, elle était incon­nue de la plu­part des Grenoblois jus­qu’au 30 mars 2014.

 

Ce soir-là, face à la presse locale et natio­nale, devant une foule com­pacte réunie au pied du musée de Grenoble, alors qu’Éric Piolle ter­mine son dis­cours, elle se démarque à ses côtés, le poing levé.

 

« Née le 15 mai 1973, à Nancy, en Lorraine. Révoltée ». Le terme sur la fiche de l’é­lue Front de Gauche sur­prend. Révoltée, mais par quoi donc ? Les inéga­li­tés, les injus­tices, “les vio­lences du modèle de société libé­rale”. Rendre l’ac­tion pos­sible dans la droite ligne de ses convic­tions, c’est tout ce qui compte pour cette femme poli­tique qui a glissé du Parti socia­liste au Front de Gauche par fidé­lité à ses idéaux. A l’es­prit de com­bat, Élisa Martin ajoute une pas­sion de l’ac­tion col­lec­tive, inal­té­rée depuis ses jeunes années mili­tantes.

 

Une femme de cer­ti­tudes ? Elle paraît, en tout cas, sûre de sa capa­cité à lire les situa­tions sociales. D’où une grande confiance dans ses choix et les actions mises en œuvre. Lui arrive-t-il de dou­ter ? « Bien plus que vous ne le croyez mais la presse ne le voit pas. » De fait, elle se gar­dera bien de dou­ter devant nous. Place donc aux ques­tions et aux réponses du tac au tac sur la tran­quillité publique.

 

 

 

Dès votre arrivée, vous avez recadré les missions de la police municipale. Pourquoi ?

 

 

Nous avons cla­ri­fié les mis­sions de la police muni­ci­pale pour les mettre en cohé­rence avec notre pro­jet poli­tique, notre vision, qui dit que la com­pé­tence com­mu­nale s’ar­ti­cule autour de la notion de tran­quillité publique et pas de sécu­rité. La sécu­rité, tout comme le main­tien de l’ordre, est une mis­sion réga­lienne qui relève de la police natio­nale et des fonc­tions de jus­tice. Nous avons voulu faire clai­re­ment cette dis­tinc­tion. C’est le pre­mier point. D’autant que les poli­ciers muni­ci­paux ne sont pas offi­ciers de police judi­ciaire. Rendez-vous compte qu’en dehors de situa­tions très poin­tues, lors des contrôles rou­tiers par exemple, ils ne peuvent même pas vous impo­ser de décli­ner votre iden­tité !

 

Élisa Martin, première adjointe chargée du parcours éducatif et de la tranquillité publique, dans son bureau de l'hôtel de ville de Grenoble. © Paul Turenne - placegrenet.fr

Maquette du quar­tier Mistral dans le bureau d’Élisa Martin à l’hô­tel de ville de Grenoble. © Paul Turenne – placegrenet.fr

 

Nous avons aussi redé­fini les mis­sions de la police muni­ci­pale, en indi­quant bien que nous vou­lions une police au milieu des habi­tants. Nous n’a­vons pas à pal­lier le peu de moyens de la police natio­nale à cause des logiques gou­ver­ne­men­tales de Nicolas Sarkozy et main­te­nant de François Hollande. La police muni­ci­pale ne doit pas deve­nir une police d’in­ter­ven­tion sur demande. Ce n’est pas police secours !

 

Et puis, évi­dem­ment, il y a toute la par­tie res­pect des arrê­tés muni­ci­paux qui sont, de toute évi­dence, des outils de la tran­quillité publique effi­caces et que, sans nulle doute, nous uti­li­sons davan­tage que nos pré­dé­ces­seurs.

 

 

L’image de la police municipale est-elle brouillée, selon vous ?

 

 

Ce qui est sûr, c’est que la loi Chevènement de 1999 a créé de l’ambiguïté en impo­sant des séri­gra­phies et des uni­formes iden­tiques pour les polices natio­nale et muni­ci­pale. Ensuite, il y a deux effets qui se croisent : une demande sociale de sécu­rité assez forte et l’aus­té­rité du côté de la police natio­nale. Du coup, qu’on le veuille ou non, les habi­tants, la popu­la­tion, les citoyens inves­tissent aujourd’­hui de manière un peu faus­sée les polices muni­ci­pales. Enfin, le pays, la République, a besoin d’a­voir un temps de réflexion sur ses polices – police natio­nale, gen­dar­me­rie et polices muni­ci­pales – pour cla­ri­fier les cadres d’in­ter­ven­tion et redé­fi­nir les mis­sions de cha­cun.

 

 

Élisa Martin, première adjointe chargée du parcours éducatif et de la tranquillité publique, dans son bureau de l'hôtel de ville de Grenoble. © Paul Turenne - placegrenet.fr

© Paul Turenne – placegrenet.fr

La police muni­ci­pale s’oc­cupe donc de la tran­quillité publique et la police natio­nale de la sécu­rité. Est-ce à dire que la coopé­ra­tion entre ces deux corps de métier est moindre aujourd’­hui ?

 

 

Non, nous coopé­rons très for­te­ment avec la police natio­nale, quasi-quo­ti­dien­ne­ment et aussi au tra­vers de ren­dez-vous régu­liers où l’on échange nos points de vue, des infor­ma­tions et où l’on prend des déci­sions ensemble. Par exemple à Mistral, nous avions repéré sous la barre Anatole France des locaux qui n’é­taient plus exploi­tés par des com­mer­çants mais par les dea­lers du quar­tiers. Avec la pré­fec­ture, la police natio­nale et le bailleur Actis prin­ci­pa­le­ment, on s’est tous mis autour de la table et avons décidé de détruire les locaux. Se pose aussi la ques­tion de qui va payer parce que les poli­tiques menées par le gou­ver­ne­ment ont rendu l’argent public tel­le­ment rare que tout le monde est un peu en dif­fi­culté.

 

 

 

Actuellement, la Ville dispose d’un policier municipal pour 7 500 habitants, ce qui correspond à une patrouille de quatre agents pour 30 000 habitants. La police municipale peut-elle assurer l’ensemble de ses missions avec un ratio si faible ?

 

 

[…]
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Commentaires 18
  1. Mme MARTIN a faux, ce qui dog­ma­ti­que­ment est nor­mal vu son bord poli­tique
    La police natio­nale a pour pre­mière mis­sion la pro­tec­tion des ins­ti­tu­tions de l’é­tat tout comme la gen­dar­me­rie d’ailleurs, puis la sécu­rité publique.(puis d’autres mis­sions je ne vais pas ren­trer dans le détail )
    La police muni­ci­pale à pour pre­mière mis­sion le main­tien du bon ordre ( et pas le main­tien de l’ordre qui lui est rigou­reu­se­ment inter­dit ) puis la sécu­rité, la tran­quillité et la salu­brité publique ( puis d’autres mis­sions éga­le­ment )
    le maire a d’ailleurs des pou­voirs de police qu’il peut faire entre autre appli­quer par sa police muni­ci­pale mais pas que.
    La police muni­ci­pale n’est pas une obli­ga­tion c’est cer­tain mais lors­qu’elle existe son emploi et ses pré­ro­ga­tives sont très enca­drées ( loi 99 – 291 au mini­mum puis tout un tas de décret )
    Tous les poli­ciers natio­naux et gen­darmes ne sont pas offi­ciers de Police Judiciaire et les com­mis­saires peuvent m^me refu­ser cette habi­li­ta­tion !!!
    Les uni­formes ne sont pas iden­tiques loin s’en faut il suf­fit de savoir lire !!!
    Les poli­ciers natio­naux sont com­pé­tents pour les arrê­tés muni­ci­paux éga­le­ment !!!
    Les échanges avec la PN pour défi­nir les mis­sions en col­la­bo­ra­tion peuvent ( et doivent au des­sus de 5 poli­ciers muni­ci­paux ) se faire et s’écrire par l’intermédiaire d’une conven­tion de coor­di­na­tion signée par le Préfet , le Maire , le Directeur Départemental de la Sécurité Publique et visée par le Procureur de la République.
    C’est une garan­tie écrite et oppo­sable, par rap­port à des réunions ou les paroles peuvent s’en­vo­ler …
    En gros faux, faux et encore faux
    Mme MARTIN ne connait pas son sujet, et uti­lise les vieilles ficelles des anti-PM pour se jus­ti­fier.
    Que l’on veuille ou ne veuille pas de police muni­ci­pale ne se dis­cute pas , mais au lieu de la détruire à petit feu jusqu’à sa dis­pa­ri­tion par la nécrose et le dégoût, on la sup­prime avec des reclas­se­ments ou des muta­tions. On est hon­nête et cohé­rent, c’est tout.
    J’ai des amis en gen­dar­me­rie, en police natio­nale et en police muni­ci­pale et hors quelques spé­ci­fi­ci­tés nous fai­sons sur le ter­rain tous le même métier , veiller sur nos com­pa­triotes et nous avons tous le m^me cir­cuit d’in­ter­ven­tion APJA ou APJ puis OPJ puis par­quet.
    trois pré­ci­sions
    J’ai mes entrées sur Grenoble en bri­gade de recherche notam­ment et je peux vous confir­mer que Grenoble c’est très chaud et ce ne sont pas les chiffres du minis­tère de l’intérieur qui disent le contraire, envoyer des poli­ciers muni­ci­paux sur le ter­rain en leur disant qu’ils ne doivent faire que des misions de tran­quilli­tés et si cela évo­lue pas­ser le relais à la police natio­nale, c’est ne rien connaitre du métier de la voie publique.
    La légi­ti­mité des deux polices n’est pas celle que l’on croit , la pre­mière c’é­tait la Police Municipale , la police natio­nale a été créé par le régime de Vichy, hélas…
    Cela ne veut pas dire que les poli­ciers natio­naux sont mau­vais ou des col­la­bos, cela veut dire qu’ils sont la plus jeune des forces de sécu­rité qu’elles soient éta­tiques ou ter­ri­to­riales.
    Les poli­ciers muni­ci­paux avec les pom­piers pro­fes­sion­nels sont les seuls fonc­tion­naires ter­ri­to­riaux à ne pas avoir l’exer­cice du droit de retrait , en clair si l’in­ter­ven­tion passe de la tran­quillité à la sécu­rité publique, ils n’ont pas le droit de se désen­ga­ger de l’in­ter­ven­tion et peuvent finit au tri­bu­nal pour cela !
    Mme MARTIN il est très dom­mage que vous ayez voulu inter­ve­nir sur ces deux sujets , la Police Municipale et la sécu­rité publique, parce que vous ne les connais­sez que très approxi­ma­ti­ve­ment ou pas .
    ne vous inquié­tez pas , beau­coup d’é­lus sont comme vous.

    sep article
  2. Concernant l’an­nexion du centre ville par les mar­gi­naux, l’al­cool et les chiens, il y a un blog apo­li­tique avec péti­tion qui mérite d’être connu de tous les gre­no­blois.

    http://petitiongrenette.blogspot.fr/

    sep article
  3. Bonjour,
    men­tir, tra­ves­tir la réa­lité, orga­ni­ser une fausse repré­sen­ta­tion des quar­tiers popu­laires, payez la paix sociale à grand coup d’argent public,voilà le résul­tat.
    Grenoble et son agglo­mé­ra­tion sont pris en otages par un per­son­nel poli­tique de gauche incom­pé­tent, et des élus plus au ser­vices de leurs ré- élec­tions qu’au ser­vice des admi­nis­trés.
    Le piston,des beni-oui-oui, une mécon­nais­sance des enjeux du 21° siècle, vous pen­siez gérer une grande ville comme Grenoble avec si peu de com­pé­tences.
    A votre place je pré­sen­te­rai ma démis­sion, mais bon, nous n’a­vons pas la même manière de faire de la poli­tique.

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  4. Depuis cet article, une fusillade, des armes place saint bruno, des agres­sions, un meurtre à SMH…chicago on y est pour une taille de ville comme Grenoble. Allez voir la vidéo d un jour­nal local bien connu. Mme Martin et M Piolle voient enfin le nivel­le­ment vers la vio­lence de la non déci­sion. Le Non seul motif pour ne pas faire du loge­ment, le Non pour ne pas faire de la place à la Police Minicpale sou­hai­tée, le Non contre la video.
    Raz le bol de cette pseudo concer­ta­tion intello des bars gre­no­blois à la mode ecolo et reve­nez sur terre elus de nos quar­tiers. Grenoble c’est chaud.

    sep article
  5. M BENYOUB tou­jours en forme pour dénon­cer avec rai­son les poli­tiques agis­sant sou­vent par idéo­lo­gie, poli­tiques éloi­gnés de la réa­lité de ter­rain en usant des mêmes méthodes que leurs pré­dé­ces­seurs, avec une pointe de mépris. La las­si­tude, la rési­gna­tion gagne les habi­tants. Ce n’est pas un bon signe pour notre démo­cra­tie. M BENYOUB, ils ne veulent pas lais­ser leur place ! Continuez votre com­bat, agis­sez avec rai­son, faites les choses bien pour le bien de tous !

    sep article
  6. Bonjour,
    Une équipe muni­ci­pale com­plè­te­ment à l’ouest.
    Ancienne élue à Saint Martin d’heres, je vous laisse le soin de juger un bilan plus que néga­tif.
    Jeunesse perdue,le pis­ton a rem­placé le mérite, ges­tion com­mu­nau­taire des habitants,services sociaux dépassés.……Pour résoudre un pro­blème dans un pays,il faut au mini­mum connaître l’his­toire poli­tique de ce dernier,ce qui n’est pas le cas ici.
    Petit rap­pel :
    ‑Dans la cin­quième République le pou­voir exé­cu­tif est séparé du pou­voir légis­la­tif.
    Madame Martin la stra­té­gie poli­tique ne suf­fit pas pour avoir 5des résul­tats, votre incom­pé­tence est fla­grante.

    sep article
  7. C’est peut-être pas encore Chicago, mais il y a tout de même des voi­tures qui brûlent tous les jours et quelques fusillades de temps en temps (en plein centre-ville dimanche der­nier, ça nous change de Mistral ou de la Villeneuve)…

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  8. La police muni­ci­pale peut vous deman­der de décli­ner votre iden­tité ailleurs que lors de contrôles rou­tiers.
    Cela s’ap­pelle le cadre régle­men­taire. Il dom­mage de consta­ter qu’en­core une fois un élu de la répu­blique ne connaît en matière de sécu­rité sur son ter­ri­toire com­mu­nal. Alors qu’il s’a­git de ses pré­ro­ga­tives si on se réfère aux dif­fé­rents textes de loi. Il est bien plus facile de ne pas prendre des res­pon­sa­bi­li­tés.

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  9. Bonjour, mes­sieurs les repré­sen­tants de la police muni­ci­pale (FO et USPPM), une ques­tion me taraude : ne confond-on pas les mis­sions de police admi­nis­tra­tive, englo­bant effec­ti­ve­ment la sécu­rité et dont est investi le maire, des mis­sions de police judi­ciaire, qui relèvent davan­tage de la police natio­nale, bien que l’Etat ait ten­dance à confier davan­tage ce rôle à la police muni­ci­pale ? n’est-ce pas le sens de l’in­ter­ven­tion de Mme Martin, bien que je pense qu’elle devrait mettre de l’eau dans son vin ?

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  10. je suis d’ac­cord avec le dis­tingo entre police natio­nale et police muni­ci­pale, le pre­mier pour la sécu­rité et le second pour la pré­ven­tion (entre autres). Je me sou­viens de sarko se moquant des poli­ciers jouant au foot avec les enfants des quar­tiers. Il avait ainsi coupé tous les liens entre la police et les habi­tants, liens qu’il faut réta­blir et la police muni­ci­pale étant plus proche des habi­tants que la police natio­nale, c’est plus à elle à tis­ser ou re-tis­ser les liens et la confiance. C’est de la pure pré­ven­tion.

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  11. Chers(e) inter­nautes
    il semble utile d’ap­por­ter quelques pré­ci­sions concer­nant les mis­sions et pré­ro­ga­tives des poli­ciers muni­ci­paux :
    Il n’existe aucune ambi­guïté concer­nant et la tenue d’u­ni­forme et la séri­gra­phie des véhi­cules de police muni­ci­pale défi­nis par des textes de loi rap­pe­lés dans le Code de la Sécurité Intérieure.
    Les mis­sions inhé­rentes aux poli­ciers muni­ci­paux sont éga­le­ment rap­pe­lées dans de nom­breux textes dont le code Général des Collectivités Territoriales, ils assurent le bon ordre, la salu­brité et la tran­quillité mais éga­le­ment la sûreté et la SECURITE publiques.
    Ils ne sont certes pas des offi­ciers de police judi­ciaire, seuls quelques agents de la police natio­nale et de la gen­dar­me­rie le sont, tou­te­fois en appli­ca­tion du 2° de l’article 21 du Code de pro­cé­dure pénale, les agents de police muni­ci­pale ont la qua­lité d’agents de police judi­ciaire adjoints. Ils ne peuvent pro­cé­der à des contrôles d’identité, mais ont la faculté de rele­ver les iden­ti­tés dans les cas pré­vus par la loi. En effet, l’article 78 – 6 du même code, créé par la loi n° 99 – 291 du 15 avril 1999 rela­tive aux polices muni­ci­pales, pré­voit qu’ils sont habi­li­tés à rele­ver l’identité des contre­ve­nants pour dres­ser les pro­cès-ver­baux concer­nant :
    des contra­ven­tions aux arrê­tés de police du maire ;
    des contra­ven­tions au Code de la route que la loi et les règle­ments les auto­risent à ver­ba­li­ser ;
    des contra­ven­tions qu’ils peuvent consta­ter en vertu d’une dis­po­si­tion légis­la­tive expresse.
    Ils ont donc pour mis­sion :

    De secon­der, dans l’exer­cice de leurs fonc­tions, les offi­ciers de police judi­ciaire ;
    De rendre compte à leurs chefs hié­rar­chiques de tous crimes, délits ou contra­ven­tions dont ils ont connais­sance ;
    De consta­ter, en se confor­mant aux ordres de leurs chefs, les infrac­tions à la loi pénale et de recueillir tous les ren­sei­gne­ments en vue de décou­vrir les auteurs de ces infrac­tions, le tout dans le cadre et dans les formes pré­vues par les lois orga­niques ou spé­ciales qui leur sont propres ;
    De consta­ter par pro­cès-ver­bal les contra­ven­tions aux dis­po­si­tions du code de la route dont la liste est fixée par décret en Conseil d’État.

    Lorsqu’ils constatent une infrac­tion par pro­cès-ver­bal, les agents de police judi­ciaire adjoints peuvent recueillir les éven­tuelles obser­va­tions du contre­ve­nant.
    De plus, le maire est un agent de l’Etat et la sécu­rité publique est bien de sa com­pé­tence à la lec­ture des articles L 2212 – 1 et sui­vants du CGCT.
    Il ne fau­drait pas sous cou­vert d’i­déo­lo­gie poli­tique occul­ter la réa­lité.
    cor­dia­le­ment

    M Del Pistoia jean louis
    Directeur natio­nal de la com­mu­ni­ca­tion de l’Union Syndicale Professionnelle des Policiers Municipaux

    sep article
  12. Depuis quand la sépa­ra­tion des pou­voirs judi­ciaires et exé­cu­tifs est elle remise en cause par une élue locale ? Je crois rêver…Mme Martin ne connaît donc pas les prin­cipes fon­de­ma­nen­taux de la République fran­çaise. Il n’y a pas de réflexion à avoir sur les polices par une per­sonne de l’exé­cu­tif, c’est un non sens répu­bli­cain !!!
    Vraiment des ama­teurs ces élus gre­no­blois, c’est presque dan­ge­reux de lire qu’ils sont au pou­voir sans même com­prendre com­ment fonc­tionne le pou­voir de Police.
    Plus spé­ci­quue­ment elle mélange les mis­sions et com­pé­tences de la Police Nationale et de la Police Municipale, elle se place comme membre du conseil consti­tu­tion­nel alors qu’elle est élue muni­ci­pale, et oui c’est pour­tant l’é­lue réfè­rente.
    Je suis hor­ri­fié de lire de tels pro­pos qui témoignent d’un manque cruel de connais­sance des dos­siers.

    sep article
    • Il n’y a pas de remise en cause for­melle de l’in­dé­pen­dance des pou­voirs, il y a juste un ques­tion­ne­ment ouvert d’une élue, je ne par­tage pas votre ana­lyse même si la for­mu­la­tion de Mme Martin est ambi­guëe.

      Je ne crois qu’il faut y voir une manoeuvre car c’est un fait il y a un empi­le­ment de struc­tures, certes aux com­pé­tences dif­fé­rentes mais dont les fina­li­tés sont par­fois en recou­vre­ment. L’article pointe sur­tout des oppo­si­tions à la poli­tique géné­rale de l’Etat, mais pour­rait entendre une élue muni­ci­pale sans aucune enver­gure natio­nale ?
      Le lieu est mal choisi, c’est un tra­vail de par­le­men­taires et non d’é­lus de proxi­mité de faire de la poli­tique de comp­toirs sur les effec­tifs de sécu­rité, de police, sur leurs com­pé­tences res­pec­tives gérés par l’Etat…

      In fine, ce qui compte c’est l’exer­cice de la sécu­rité, et savoir s’il est ration­nel­le­ment cor­rec­te­ment exercé, et les poli­ciers muni­ci­paux natio­naux, tout comme les gen­darmes ne sont pas à cri­ti­quer il me semble mal­gré des effec­tifs ten­dus.

      Et Mme Martin a rai­son : Grenoble ce n’est pas Chicago il ne faut pas non plus tom­ber dans la sinis­trose ; je ne vois pas trop pour­quoi la vio­lence aurait évo­lué à la hausse depuis un an parce que la majo­rité a changé ?! Les argu­ments des oppo­sants d’en face ne sont pas cré­dibles sur cette ques­tion qui doit dépas­ser les cli­vages.

      sep article
  13. La Section Nationale FO Police Municipale vou­drait pré­ci­ser à Madame Martin qu’elle confond ses convic­tions poli­tique et le rôle de la Police Municipale.
    En effet, les fon­da­men­taux de notre métier sont : Sécurité. Tranquillité. Salubrité !
    La sécu­rité est donc l’une des mis­sions de base de notre cor­po­ra­tion ! Première erreur !

    Si dans sa ville, cette élue sou­haite orien­ter dif­fé­rem­ment ses effec­tifs libre à elle, mais qu’elle n’in­duise pas en erreur les lec­teurs.

    Ensuite, nous sommes par l’ar­ticle 21 – 2 du code pénal, agent de police judi­ciaire adjoint, ce qui fait de nous des agents de consta­ta­tion et non de recherche, donc pas d’in­ves­ti­ga­tion. C’est l’une des grandes dif­fé­rences avec nos homo­logues de la Police Nationale qui eux peuvent éga­le­ment effec­tuer du main­tien de l’ordre.

    Enfin der­nier point, l’ar­ticle R 233 – 1 du code de la route sti­pule que tout conduc­teur doit pré­sen­ter aux forces de l’ordre, les docu­ments affé­rents à la conduite et à la mise en cir­cu­la­tion du véhi­cule. En clair, les agents de police muni­ci­pale peuvent bien évi­dem­ment avoir l’i­den­tité du conduc­teur sur ses docu­ments !
    En dehors de cet article, les PM peuvent in-facto consta­ter toutes infrac­tions au code de la route que la loi les y auto­rise ( feu rouge, stop, cein­ture, alcoo­lé­mie…)
    Il est triste de lire de tels pro­pos éma­nant d’un élu de la répu­blique…
    Pour la SNFOPM
    Frantz MICHEL

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    • Bonjour Michel,
      Mme Martin parle bien de « situa­tions très poin­tues, lors de contrôle rou­tier »
      « Rendez-vous compte qu’en dehors de situa­tions très poin­tues, lors des contrôles rou­tiers par exemple, ils ne peuvent même pas vous impo­ser de décli­ner votre iden­tité ! »
      Pourquoi donc dites-vous le contraire ? quelque chose m’au­rait échappé ?

      sep article
  14. Si on résume le dis­cours, la police muni­ci­pale n’a pas de pou­voirs de police donc pas la peine de dis­cu­ter sécu­rité avec la mai­rie (et cela parait logique, c’est une mis­sion réga­lienne) mais dans ce cas autant de poli­ciers muni­ci­paux pour essen­tiel­le­ment col­ler des contra­ven­tions de par­king, ça fait pas un peu cher et beau­coup de gas­pillage de res­sources ??

    sep article
    • bon­jour
      exact
      si on ne les uti­lise sur toutes leurs pré­ro­ga­tives
      pour les contra­ven­tions , uti­li­sez des ASVP ( leurs com­pé­tences sont moins larges évi­dem­ment ) mais ils coûtent beau­coup moins cher !

      sep article