Raz de marée écologiste à Grenoble

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DÉCRYPTAGE – Avec 40,03 % des voix, la liste écologiste et citoyenne « Grenoble, une ville pour tous » conduite par Eric Piolle est arrivée largement en tête ce dimanche 30 mars. Loin devant Jérôme Safar, successeur désigné de Michel Destot, qui plafonne à 27,45 %. Un tournant sans précédent après dix neuf ans de mandat socialiste.

 
 

 

Eric Piolle nouveau maire écologiste à Grenoble

© Nils Louna – placegrenet.fr

Le score est sans appel. Avec 40,03 % des voix contre 29,41 % au premier tour, Eric Piolle, la tête de liste de « Grenoble, une ville pour tous » réunissant Europe Écologie Les Verts, le Parti de gauche et le réseau citoyen, a encore creusé l’écart.
 
Il recueille ainsi près de 7 000 voix de plus, avec un taux de participation en hausse de 6,65 points par rapport au premier tour. Le candidat UMP-UDI Matthieu Chamussy frôle, pour sa part, les 24 % alors que la Mireille d’Ornano, tête de liste Front national, récolte 8,53 % des voix. Les Grenoblois ont donc clairement persisté et signé ce dimanche 30 mars.
 
Grenoble devient ainsi la seule ville française de plus de 100 000 habitants gérée par une équipe écologiste, avec une majorité de 42 sièges sur 59. La liste divers gauche « Aimer Grenoble pour vous » conduite par Jérôme Safar doit se contenter de 8 sièges, « Croire en Grenoble » menée par Matthieu Chamussy de 7. Quant au Front national, il fait son entrée au conseil municipal après dix-neuf ans d’absence, la liste « Grenoble Bleu Marine » de Mireille d’Ornano ayant obtenu deux sièges. En revanche, l’ancien maire Alain Carignon, condamné pour corruption, ne pourra faire son retour au conseil municipal, n’étant que neuvième sur la liste UMP-UDI.
 
 

« Réparer ce qui a été cassé »

 
 

 

Public devant le Musée de Grenoble pour écouter Eric Piolle nouveau maire écologiste

© Nils Louna – placegrenet.fr

Le futur maire a pris la parole, peu après 22h00, devant des centaines de Grenoblois réunis sur le parvis du musée. « Nous sommes des pionniers. Nous avons réussi à renverser l’ordre établi qui nous promettait un maire choisi », a affirmé le leader écologiste. « Nous avons inventé quelque chose de nouveau et les Grenoblois nous ont entendus. »
 
« Je serai un maire au milieu des Grenoblois. Nous retisserons la confiance entre les Grenoblois et la mairie, car à Grenoble rien de grand n’a été fait sans [eux]. Je serai un maire qui répare ce qui a été cassé. […] Nous avons maintenant l’immense responsabilité de faire de Grenoble la première grande ville à s’engager vraiment dans la transition sociale et écologique, dans le renouvellement démocratique. »
 
Regrettant que Jérôme Safar ait refusé sa main tendue, il a renouvelé son invitation à l’égard de ce dernier et appelé à la réconciliation : « J’ai toujours dit que la porte du rassemblement serait ouverte au-delà des élections. C’est toujours le cas. Je le répète ce soir, la porte du rassemblement est ouverte à tous les socialistes de bonne volonté, à tous ceux qui se reconnaissent dans nos valeurs. »
 
Piolle2014CreditNilsLouna015
 
 
 
 
« Ni remords ni regrets »
 
 
Jérôme Safar – qui s’était vu retirer l’investiture du Parti socialiste du fait du maintien de sa candidature – a affirmé n’avoir « ni remords ni regrets ». Et a imputé son échec au rejet du parti socialiste : « La lame de fond qui a tout emporté ou presque dans notre pays est un avertissement national évident. Le PS est tiraillé entre plusieurs lignes qui s’affrontent et dont le leadership est aujourd’hui contesté. »
 
 

 

© Jean-Baptiste Auduc - placegrenet.fr

Michel Destot et Jérôme Safar lors de la présentation de la liste Aimer Grenoble pour vous. © Jean-Baptiste Auduc – placegrenet.fr

Un argumentaire repris par Michel Destot dans un communiqué. « Comme Saint-Etienne, Valence, Chambéry, mais aussi Reims, Roubaix, Caen, Quimper et de très nombreuses autres grandes villes, Grenoble n’a pas résisté au vote protestataire qui s’est confirmé ce dimanche », a jugé le maire sortant.
 
« Chiffres du chômage en hausse, censure de la “Loi Florange”, rumeurs de remaniement… Les mauvaises nouvelles qui se sont encore accumulées entre les deux tours laissaient présager l’amplification de cette vague de mécontentement face au pouvoir en place qui a clairement profité à Grenoble à la liste conduite par Eric Piolle. »
De son côté Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur, n’a pas caché son inquiétude pour le modèle grenoblois, face à un programme qu’elle juge “décliniste”.
 
 
 Muriel Beaudoing et Paul Turenne
 
 
 
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Commentaires 1
  1. petite anecdote vécue :
    Vendredi je me fait aborder par une tracteuse safarienne
    – désolée, lui dis-je, mon choix est fait, je vote Piolle et c’est fort dommage que Safar n’ait pas voulu que les listes fusionnent
    – quoi ? mais Piolle nous proposait 19 sièges !
    – et alors ? c’est à la proportionnelle des résultats obtenus au 1er tour, vous n’avez pas fait fort
    – ah non, il nous en fallait plus …

    Résultat : 8 sièges … j’en rigole encore.
    Voilà ce que c’est de ne pas vouloir reconnaitre l’immense désir de changement exprimée par la population ! et le changement, à Grenoble, ce n’est pas pour la droite extrême, mais pour la vraie gauche, celle qui s’occupe du bien être des citoyens.

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