ÉVÉNEMENT – Trois offres de reprise d’Arthaud ont été dévoilées ce 31 janvier, dont deux sont susceptibles d’aboutir. De quoi certainement permettre à la librairie grenobloise de poursuivre ses activités et aux salariés de conserver leur emploi.

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La vitrine de la librairie Arthaud, le 9 janvier 2014.
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Le projet de Muriel Bignon inclut par ailleurs un financement participatif. L’occasion d’appeler les Grenoblois à poursuivre leur mobilisation pour que survive la librairie. « Je pense qu’elle a vu tout ce qui a été fait à Grenoble par l’association Les amis de la librairie Arthaud et qu’elle souhaite s’appuyer aussi sur les Grenoblois » souligne le délégué CFDT.
L’ombre de Chapitre plane sur « Rue des écoles »
La deuxième proposition réjouit un peu moins les syndicats. A commencer par David Lucchetti : « Il y a un petit problème, c’est que dans le conseil d’administration de « Rue des écoles », on retrouve notre patron actuel ». C’est-à-dire Jorg Hagen, le Président du groupe Actissia, qui comprend notamment France Loisirs, le site Chapitre.com et le réseau de librairies Chapitre. Même son de cloche du côté de Fabrice Eyraud : « Des personnes au conseil d’administration de « Rue des écoles » sont de chez Chapitres. On ne voudrait donc pas jouer de nouveau de malchance. Ce n’est pas grave outre mesure, mais on préférerait ne plus avoir de lien avec des gens de chez Chapitre ».
Un sauvetage « au bout du bout »
« On est passé au bout du bout ! » déclare, soulagé, David Lucchetti. En effet, à partir du 10 février, en l’absence de proposition, les conditions de reprise auraient été totalement modifiées. « Des gens auraient pu venir chez Arthaud, installer une banque ou un magasin de fringues. Malheureusement, pour d’autres librairies non reprises du groupe, c’est ce qui va se produire. Environ cinq cents personnes vont ainsi rester sur le carreau ».
Arthaud fera donc très probablement partie des librairies qui auront la chance de survivre sur les cinquante et une que compte le groupe Chapitre. Une survie capitale aux yeux de Fabrice Eyraud, parce que cette enseigne est « emblématique du paysage grenoblois mais aussi national ». Et celui-ci de conclure, enthousiaste : « J’espère qu’avec ce qui viendra, on va faire redémarrer cette belle librairie ! ». C’est bien parti.
Guillaume Rantet


