CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n°139 du lundi 20 avril 2026, retour sur l’élection du président de la Métropole de Grenoble.
« Aujourd’hui, nous allons parler de la Métropole de Grenoble. Vous savez ce que l’on dit : quand il n’y en a plus, il y en a encore ! Maintenant que les élections municipales sont terminées, ce sont les élections métropolitaines qui se profilent. Un conseil métropolitain se réunira jeudi 23 avril pour procéder à l’élection du président et de l’exécutif qui en découle. Car, rappelons-le, cette élection se fait au suffrage indirect, ce qui n’est pas sans susciter de plus en plus de critiques, au regard des compétences importantes qu’assument aujourd’hui les intercommunalités.
Et cette élection n’est pas anodine. Le mandat qui vient de s’écouler a été particulièrement chaotique, nous en avons parlé à plusieurs reprises sur cette antenne. Le président de la Métropole Christophe Ferrari avait été réélu à ses fonctions en 2020, au terme d’une séance interminable, sur fond de psychodrame avec la majorité grenobloise. Cette dernière souhaitait en effet l’élection de Yann Mongaburu, mais Christophe Ferrari avait refusé de se désister en sa faveur, bien qu’arrivé second au premier tour, et avait décroché une nouvelle présidence avec, notamment, des voix d’élus du centre ou de droite.
La fin des tensions à la Métropole de Grenoble?
Cette élection avait abouti à de nombreux bras de fer entre le président et le groupe Uma, composé en grande majorité d’élus grenoblois. Les tensions, parfois les quolibets, et les incidents de séance ont été monnaie courante durant six ans. Et personne n’a envie de voir l’histoire se répéter.
La leçon a donc été retenue? D’une certaine manière, oui. D’abord, parce que la majorité grenobloise a renoncé à proposer un élu issu de ses rangs et soutient à la place la candidature de Guillaume Lissy, maire socialiste de Seyssinet-Pariset. Une façon pour la ville-centre de contrer les accusations de volonté hégémonique qui lui sont faites et qui ont joué contre Yann Mongaburu en 2020.
Ensuite, parce que le président sortant Christophe Ferrari a fait savoir qu’il ne se présentait pas pour un troisième mandat. Et c’est une surprise, puisque tous les signes allaient dans le sens d’une nouvelle candidature. À la place, le groupe auquel il appartient soutient Raphaël Guerrero. Une façon, là aussi, d’essayer de contourner les animosités tant politiques que personnelles.
Reste que la gauche ne part pas unie. Sans compter que le futur groupe LFI compte bien présenter lui aussi un candidat, en la personne d’Allan Brunon. Rien ne dit que l’élection du président se fera de nouveau dans la tension et l’animosité… mais rien non plus ne dit le contraire.
Une élection éminemment politique
Tout cela est-il éminemment politique? En tout cas on peut le penser très fort. L’élection présidentielle et les élections législatives se profilent, et les appareils politiques veulent poser leurs pions. Cette période n’est donc pas la plus propice à l’union, même si les élus ont pleinement conscience qu’afficher ses divisions au grand jour participe aussi à dégoûter les électeurs.
Une chose est certaine : l’enjeu est perçu comme très important. Illustration ? Lundi 13 avril au matin, alors que Grenoble venait de connaître deux morts par arme à feu en l’espace de 48 heures, la maire Laurence Ruffin participait à une conférence de presse… consacrée à l’annonce de la candidature de Guillaume Lissy. Un choix qui en dit long sur le poids politique de l’élection métropolitaine à venir, quitte à paraître quelque peu décalé. »
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