EN BREF – Le procès en appel n’aura rien changé. La cour d’assises d’Angoulême a confirmé, dans la nuit du 3 au 4 avril 2026, les peines de quatorze et douze ans de prison infligées à trois anciens joueurs du FC Grenoble pour viol en réunion. Ce verdict, rendu après un procès en appel à huis clos, met un terme à la révision des condamnations prononcées en 2024, mais ouvre la voie à un nouveau recours en cassation.
Neuf ans après les faits, la cour d’assises confirme la condamnation. Trois anciens joueurs du FC Grenoble ont été jugés pour le viol d’une jeune femme lors d’un après-match très alcoolisé en 2017. À l’issue d’un procès d’appel à huis clos à Angoulême, la cour d’assises de la Charente a confirmé le verdict rendu en première instance à la fin de l’année 2024 à Bordeaux pour les trois ex-rugbymen grenoblois.
Dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 avril 2026, l’Irlandais Denis Coulson, le Français Loïck Jammes et le Néo-Zélandais Rory Grice ont ainsi vu leurs condamnations maintenues : quatorze ans de réclusion criminelle pour les deux premiers, douze ans pour le troisième.
Des faits remontant à 2017
Les événements se sont déroulés dans la nuit du 12 mars 2017, après un match de Top 14 perdu par le FC Grenoble contre l’Union Bordeaux-Bègles. La victime, une étudiante, avait rencontré les joueurs dans un bar avant de les suivre en boîte de nuit.

La cour d’assises d’Angoulême a confirmé le verdict rendu en première instance en 2024. © Google Maps
Elle a déclaré s’être réveillée le lendemain matin, nue dans une chambre d’hôtel de Mérignac, avec une béquille insérée dans son vagin, entourée de plusieurs hommes. Les accusés, eux, ont toujours affirmé que la jeune femme était consentante, en s’appuyant notamment sur une vidéo tournée lors de la soirée.
Les avocats des ex-rugbymen déterminés à poursuivre la bataille judiciaire
À l’annonce du verdict, prononcé à 2 heures du matin, les proches de la victime, désormais âgée de 30 ans, ont exprimé leur soulagement. Quant aux familles des condamnés, visiblement affectées, elles ont pu échanger quelques mots avec eux à travers la paroi vitrée du box des accusés.
La présidente de la cour, Marie-Dominique Boulard-Paolini, a justifié le maintien des peines par « la gravité des faits et l’absence d’évolution notable » dans la défense des accusés, qui ont toujours clamé leur innocence.
Les défenseurs des trois hommes ont immédiatement annoncé leur intention de se pourvoir en cassation, dénonçant des sanctions « excessives et disproportionnées ». Me Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Denis Coulson, a ainsi déclaré à l’AFP : « Ce verdict est une répétition d’une sanction injuste. On leur reproche de ne pas avoir évolué dans leur position, c’est-à-dire de ne pas avoir avoué. » Les avocats de la partie civile, eux, ont salué la rigueur de la procédure et exprimé leur soulagement pour leur cliente, qualifiée d’« effondrée » par Me Anne Cadiot-Feidt.







Une réflexion sur « Verdict confirmé en appel pour les trois ex-rugbymen grenoblois condamnés pour viol en réunion »
Affaire sordide avec un débat juridique intéressant engagé par les avocats de la défense.
Autres réactions des avocats de la défense issues d’un article de France Bleu Isère pour expliciter encore l' »absence d’évolution notable » : On est abasourdis », a réagi Me Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Denis Coulson. « C’est la répétition d’une sanction excessive et disproportionnée et la seule raison, (…) c’est qu’ils ont adopté une position de défense qui ne convient pas à la cour », a-t-elle ajouté. « On semble leur reprocher de ne pas avoir évolué dans leur comportement, c’est-à-dire de ne pas avoir avoué », a abondé Me Denis Dreyfus, avocat de Loïck Jammes, « Si c’est comme ça qu’on conçoit la procédure d’appel, cela fait peur. »
https://www.francebleu.fr/auvergne-rhone-alpes/isere-38/grenoble/proces-de-trois-ex-rugbymen-juges-pour-un-viol-collectif-les-peines-sont-confirmees-en-appel-jusqu-a-14-ans-de-prison-6367471
Sujet connexe : il n’y a pas si longtemps, la sévérité de la peine d’une responsable politique dans le cadre d’une affaire de détournement avait été justifiée par le fait qu’elle refusait de considérer la gravité des agissements.
Autre sujet : dans la procédure du plaider- coupable, la peine est minorée quand il y a reconnaissance de culpabilité.
Prochain sujet du bac : « Désormais, un justiciable condamné en première instance peut-il continuer à se prévaloir innocent en appel ? » Ou bien « faut-il faire acte de contrition pour bénéficier de l’indulgence du tribunal »
Vous avez quatre heures.