REPORTAGE – Dix-huit mois après l’éboulement du coteau d’Artets, qui a enseveli la RD1532 à La Rivière, Philippe Puthod, président de la SAS Carrière de La Rivière, et Jean-Pierre Carron, son directeur général, ont comparu devant le tribunal correctionnel de Grenoble, mardi 31 mars 2026. Les deux hommes sont poursuivis pour avoir continué d’exploiter la carrière située en contrebas, en violation d’une mise en demeure préfectorale. Le procureur a requis six mois de prison avec sursis et 410 000 euros d’amende à leur encontre. La décision est mise en délibéré au 27 avril 2026.
Le 25 juillet 2024, en début de soirée, un pan entier du coteau d’Artets – un million de mètres cubes de roches– s’effondrait au-dessus des communes de La Rivière et de Saint-Gervais, ensevelissant la RD1532 et ravageant les cultures en contrebas. Dix-huit mois plus tard, au tribunal correctionnel de Grenoble, une question se pose : les dirigeants de la carrière exploitant le coteau doivent-ils répondre de cette catastrophe ?
C’est ce qu’ont cherché à établir les magistrats, mardi 31 mars 2026, devant une salle d’audience comble où se pressaient habitants, exploitants agricoles, élus et représentants d’associations du Sud Grésivaudan, avec tous en tête l’image d’un paysage éventré et les conséquences de ce gigantesque éboulement, qui depuis rythment leur quotidien.

C’est devant une salle d’audience comble que s’est ouvert le procès des deux dirigeants. © Joël Kermabon – Place Gre’net
À la barre, deux hommes : Philippe Puthod, 59 ans, président de la SAS Carrière de la Rivière, et Jean-Pierre Carron, 70 ans, directeur général de la société. Tous deux, poursuivis par le parquet de Grenoble, comparaissaient pour « la poursuite d’exploitation d’installation classée soumise à autorisation non conforme à une mise en demeure, atteinte grave à la santé ou à la sécurité des personnes ou dégradation substantielle de l’environnement ».
L’éboulement de la Rivière, une catastrophe résultant d’une combinaison de facteurs
Un constat s’impose d’emblée : le dossier, complexe, comprend de nombreux rapports techniques, issus de différents organismes spécialisés. Dont ceux de l’Office national des forêts (ONF) via son service de restauration des terrains en montagne (RTM), et du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema).
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