FOCUS – La société DataOne développe deux datacenters (centres de données) dédiés à l’intelligence artificielle en Isère, dont un à Eybens. Présentés comme des infrastructures de pointe, ces projets ambitionnent de positionner ce territoire parmi les leaders européens du calcul haute performance. Dans le même temps, considérés comme opaques par les associations locales, ils suscitent de fortes inquiétudes concernant leur impact environnemental et leur intégration dans le paysage. Dans une logique d’information, la Métropole de Grenoble et la Ville d’Eybens organisent une réunion publique le jeudi 8 janvier 2026.
Pas un supercalculateur géant mais deux en Isère. DataOne installe en effet actuellement deux infrastructures de calcul haute performance dédiés à l’intelligence artificielle (IA) : l’une à Eybens, à quelques kilomètres de Grenoble, et l’autre à Villefontaine, près de Lyon. La société a choisi ce département propice à l’innovation scientifique et technologique pour y implanter deux datacenters de grande envergure. Selon le porteur du projet, leur capacité devrait atteindre 400 MW d’ici quelques années.
Une montée en puissance progressive pour DataOne
À ce jour, les deux sites fonctionnent à une capacité réduite. « Les infrastructures sont déjà installées pour atteindre 15 MW à Eybens, mais nous attendons que notre client finalise l’installation des GPU1Processeur graphique, prévue pour février prochain, explique Charles-Antoine Beyney, PDG de DataOne. Nous espérons alors atteindre cette puissance d’ici le deuxième trimestre 2026. »
« Ils racontent que cela ne pose pas de problème, que la chaleur monte et devient des nuages, mais c’est loin d’être évident »
DataOne espère ensuite une augmentation progressive de sa capacité, avec un objectif de 200 MW par site, à terme. Pour y parvenir, il faudra réussir à raccorder les sites aux lignes à très haute tension du Réseau de transport d’électricité en France métropolitaine (RTE) via la procédure « Fast Track ». « Nous avons demandé à RTE un raccordement plus puissant, mais cela prendra probablement deux à trois ans avant d’atteindre 200 MW à Eybens et 200 MW à Villefontaine », précise le PDG.
Un impact environnemental sous surveillance
Les associations locales comme Alternatiba Grenoble, Attac Isère ou Extinction Rebellion Grenoble ou Scientifiques en Rébellion Grenoble2 Mais aussi le collectif F.I.C. (Faut-il continuer ?), Les Ecologistes Isère, Nos Voisins lointains 3.11, NPA – L’Anticapitaliste Isère et Sortir Du Nucléaire Isère, s’interrogent sur les risques d’îlots de chaleur urbains et une consommation excessive d’eau. « Ils racontent que cela ne pose pas de problème, que la chaleur monte et devient des nuages, mais c’est loin d’être évident », dénonce ainsi Jérémie, porte-parole d’Alternatiba Grenoble.
Poursuivez votre lecture
Il vous reste 55 % de l’article à lire. Obtenez un accès illimité.
Vous êtes déjà abonné.e ? Connectez-vous



9 réflexions sur « Datacenters géants à Eybens et Villefontaine : entre promesses technologiques et inquiétudes des populations locales »
Dommage que l’article ne parle pas avant tout de l’utilité de ce projet.
La vraie question c’est pourquoi faire un datacenter destiné à l’IA. A‑t-on vraiment besoin de mettre tant de ressource la dedans.…
Qui a décidé que l’IA était si important pour l’humanité ? Un groupe d’experts mondiaux conscient des problèmes géopolitiques, économiques ou climatique ?
Ou des investisseurs qui souhaitent les max de profit…
Bref l’article mais bien en dessous tout ça, ce qui pas arranger la chose…
Bonsoir,
L’angle de l’article n’est pas « pour ou contre l’IA ? ou « L’IA est-elle utile ? » mais bien l’opposition locale à ce data center.
Dans la pétition (de l’opposition locale) on parle clairement (bien que pas assez…) de l’utilité publique de l’IA. Sauf que l’article n’en parle pas.
C’est le problème que je pointe, en dépolitisant le sujet on le rend plus acceptable ! On en revient à discuter de faisabilité et pour cela il y a toujours une solution. Compensation, réduction et autre blablabla. En parallèle la machine dystopique avance tranquillement…
Voici la pétition dont il est question dans l’article :
https://agir.greenvoice.fr/petitions/non-au-supercalculateur-pour-l-ia-a-eybens
1/ pas de surprises au niveau des organisations signataires d’extrême gauche anticapitaliste et anti-nucléaire avec un paravent ecologique. On est quand même bien content d’avoir en France une énergie nucléaire décarbonée pour faire face aux besoins de la population. Préférez-vous les centrales au charbon de l’Allemagne, chez qui d’ailleurs on exporte notre énergie décarbonée ?
https://www.lefigaro.fr/flash-eco/la-consommation-d-electricite-en-france-atteint-des-sommets-20260106
Il y a beaucoup de sous-questions dans votre question, c’est très confus et un peu agressif, je ne me sens pas tellement obligé de vous répondre.
Quel que soit son origine et son mode de production, réduire notre consommation d’énergie devrait être une préoccupation majeure. Pour éviter la flopée des faux-dilemmes manipulateurs « tout ou rien », le concept de « discernement technologique » et très utile. La question n’est « Est ce que c’est faisable ? » ni « Est ce que ça peut être utile ? » mais « Est ce suffisamment utile pour justifier la consommation de ressources nécessaire ? ».
Sur le sujet de l’IA la question du discernement technologique est particulièrement pressante vu la consommation de ressources astronomique de cette technologie. Force est de reconnaître qu’il y a un monde entre les potentiels progrès en imagerie médicale et le potentiel addictif du filtre « Bold glamour » !
Un document très intéressant donnant les consommations électrique de la métropole grenobloise en particulier la part de l’industrie : c’est 2,2 TWh.
https://observatoire.enedis.fr/epci/grenoble-alpes-metropole-38#thematique-consommation
Le data center de 200 MW avec l’hypothèse d’un facteur de charge de 100 % et sa consommation annuelle de 1.7 TWh augmenterait significativement la part de l’industrie.
Si c’est bien le cas, les objectifs du plan climat énergie doivent intégrer cette donnée.
Ce serait intéressant de connaître le facteur de charge des data centers pour en déduire la consommation électrique. En supposant que cette puissance de 200 MW est utilisée en permanence, cela conduirait à une consommation électrique de 1,7 TWh. Ce que l’on peut rapporter à la production d’électricité en France en 2024 qui était de 536 TWh (cela représentant donc 0,3 % pour un data center).