EN BREF – Le maire de Grenoble, Éric Piolle, a écrit le 5 novembre 2025 au président de la Société des grands magasins (SGM) pour lui demander de suspendre l’installation de Shein dans les bientôt ex-Galeries Lafayette. Une requête formulée alors que la marque de mode ultra-éphémère de vêtements est au cœur d’une nouvelle série de scandales et que le magasin grenoblois, en pleine transition d’identité, cristallise les tensions autour de son repositionnement commercial.
La polémique enfle autour de l’arrivée annoncée de Shein, marque fortement contestée de vêtements à prix très bas, au sein de l’emblématique magasin grenoblois. La future identité commerciale du site n’a pas encore été dévoilée mais la Société des grands magasins n’a plus le droit d’utiliser l’enseigne Galeries Lafayette, le groupe propriétaire du nom lui reprochant des « choix stratégiques incompatibles avec ses valeurs ». C’est dans ce contexte tendu que le maire Éric Piolle a adressé, le 5 novembre, un courrier au président du groupe SGM, lui demandant de suspendre l’installation de Shein.
Eric Piolle pointe les scandales visant Shein
Dans sa lettre, l’élu écologiste rappelle d’abord à Frédéric Merlin que l’implantation d’un corner Shein à Grenoble fait réagir bien au-delà du cadre commercial. « L’arrivée agressive, sur notre territoire, d’une enseigne incarnant les dérives sociales et environnementales de l’ultra fast-fashion a légitimement suscité une vive émotion », écrit-il. Ce avant d’indiquer que plusieurs marques ont déjà refusé d’être associées « à un modèle économique et sociétal qui nous conduit collectivement dans l’impasse ».
Éric Piolle rappelle également que « les Galeries Lafayette ont elles-mêmes marqué cette divergence de valeurs en […] retirant le droit d’utiliser leur nom ». Mais l’élu met surtout en avant une série de scandales récents visant la plateforme chinoise
Depuis le 31 octobre, Shein se voit en effet accusée d’avoir commercialisé des « poupées à caractère pédopornographique », un signalement transmis par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) à la procureure de Paris, désormais saisie d’une plainte pour « complicité de vente de produits à caractère pédocriminel ». « À l’horreur environnementale s’ajoute désormais l’horreur humaine la plus abjecte », s’indigne Éric Piolle.
Shein soupçonnée de vente d’armes relevant de la catégorie A
Une nouvelle alerte vient en outre pointer la vente présumée, par la plateforme, d’armes relevant de la catégorie A, interdites à la détention pour les particuliers. Les dirigeants de Shein seront convoqués par l’Assemblée nationale et devront s’expliquer sous quinze jours. Face à cet empilement de controverses, le maire de Grenoble attend donc que SGM revoie sa position.
« Je vous demande aujourd’hui de suspendre son arrivée [celle de Shein, ndlr] dans notre ville tant que ses dirigeants n’auront pas apporté à nos parlementaires toutes les garanties nécessaires quant au contrôle et à la vérification de la légalité des produits proposés à la vente par votre partenaire », conclut-il. La balle est donc désormais dans le camp du groupe SGM, alors que l’avenir du magasin grenoblois reste, plus que jamais, sous surveillance.



Une réflexion sur « Galeries Lafayette : Éric Piolle demande la suspension de l’arrivée de Shein à Grenoble »
C’est lui le responsable.
Les Galeries Lafayette de Grenoble ont été vendues à SGM parce qu’elles allaient mal après qu’il a rendu le centre-ville inaccessible. Sans ça, les Galeries Lafayette seraient toujours les Galeries Lafayette et Shein n’aurait pas pu s’installer à Grenoble.