CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique sur RCF épisode 121 du lundi 23 juin 2025, retour sur la grève des transports en commun dans l’agglomération grenobloise les 20 et 21 juin.
« Aujourd’hui, nous allons parler de la grève des transports à Grenoble. Nous ne savons pas si vous avez eu à marcher durant de longues dizaines de minutes sous un soleil caniculaire vendredi ou samedi dernier, mais cela a forcément été le cas d’un certain nombre d’habitants de Grenoble et de son agglomération. En cause : une grève très suivie sur le réseau M Tag, qui a fortement perturbé la circulation des bus, tandis que les trams sont tous restés au dépôt.
Et les dates du 20 et 21 juin n’avaient pas été choisies par hasard. Le 21 juin est la date de la Fête de la Musique, qui tombait un samedi cette année, jour où les transports sont très sollicités. Le calendrier 2025 offrait donc l’occasion idéale aux organisations syndicales de faire d’une pierre deux coups.
Des organisations qui, il faut le dire, ont fait preuve d’un tantinet de mauvaise foi en dénonçant le fait que les transports étaient gratuits le 21 juin à partir de 17 heures. Dans un communiqué, elles ont attaqué une « communication fantaisiste » autant qu’une « décision incompréhensible, voire provocatrice« . Sauf que ce n’est pas la première année que les transports sont gratuits à l’occasion de la Fête de la Musique, et que la décision en question n’a certainement pas été prise à la dernière minute.
Une grève pour dénoncer le contrat signé avec le Smmag
Quelles sont les raisons de cette grève ? Les syndicats, qui avaient déjà exprimé leur mécontentement comme nous l’avions indiqué dans une précédente chronique, font savoir leur opposition au contrat qui a été signé avec le Smmag, soit l’autorité régulatrice des transports de l’agglomération. Ce contrat implique des réorganisations de services au sein de la société, que les représentants du personnel analysent comme une dégradation des conditions de travail. Le tout, ajoutent-ils, sur fond de cure d’austérité.
Dans ces conditions, on aurait pu s’attendre à ce que le Smmag prenne la parole. Mais une fois encore, ça n’a pas été le cas. Alors que M Tag est une société publique locale, le Smmag un syndicat mixte composé d’élus, et la Métropole l’entité qui chapeaute le tout, le silence politique sur le mouvement de grève a été quasi complet.
Le président de M Tag s’est tout de même exprimé. Jean-Paul Trovero, s’est fendu d’un communiqué… pour ne pas dire grand-chose. Essayant de ménager la chèvre et le chou, l’ancien maire de Fontaine prône l’importance du dialogue social mais en appelle aussi à « la responsabilité et à l’intérêt général« . Tout en rappelant les rôles de chacun, pour mieux dédouaner la Métropole, et sa propre personne, des difficultés rencontrées aujourd’hui.
Un dialogue de sourds qui remonte à loin
Mais il suffit de revoir la session du Smmag du 4 juillet 2024, moment où le contrat a été validé, pour comprendre les racines du dialogue de sourds. Les élus du groupe Uma, membre de la majorité métropolitaine mais très critique à son égard, y avaient rappelé les positions des syndicats. Résultat? Une véritable volée de bois vert en réaction et des accusations de postures politiciennes de la part de Sylvain Laval, président du Smmag et vice-président de la Métropole.
Un contexte qui peut laisser penser que le dialogue social sera décidément difficile. En attendant, les trams et les bus circulent de nouveau, et sous cette chaleur accablante, les Grenoblois transpirent en commun ! »
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