FOCUS – Dans le cadre d’une année d’échanges entre la France et le Brésil, le Musée de Grenoble consacre une exposition à José Antônio da Silva, méconnu en France mais très populaire au Brésil. Loin du carnaval de Rio ou de la Bossa Nova, le peintre représente le Brésil rural, ses champs de coton, sa vie au rythme de la nature, comme sa profonde religiosité dans un style résolument libre et empruntant à de nombreuses influences. En parallèle, tout autre univers : le Musée propose un parcours autour du thème du jardin, à l’occasion de l’exposition d’un tableau de Caillebotte prêté par le Musée d’Orsay.
Au mois de juin 2024, à l’occasion d’une rencontre à Paris, le président du Brésil Luiz Inácio Lula da Silva Lula et le président de la France Emmanuel Macron décidaient de faire de 2025 une nouvelle année d’échanges entre leurs deux pays. Ceci vingt ans après une année Brésil en France riche de nombreux événements et couronnée de succès. C’est dans cette optique que le Musée de Grenoble accueille, jusqu’au 6 juillet 2025, une exposition dédiée au peintre José Antônio da Silva, baptisée Pintar O Brasil (« Peindre le Brésil« ).

De gauche à droite, Gabriel Perez-Barreiro, commissaire de l’exposition, Emilio Kalil, commissaire de la saison du Brésil en France, et Sébastien Gökalp, conservateur du Musée de Grenoble. © Florent Mathieu – Place Gre’net
Le rendez-vous est remarquable à plusieurs titres. L’exposition du Musée de Grenoble est la première à marquer cette année d’union entre les deux pays, si l’on excepte celle du Musée d’Orsay qui, en réalité, était programmée avant même que les deux présidents ne conviennent d’organiser une année spéciale.
Mais elle est aussi, sinon surtout, la première exposition française à mettre en avant le travail et la personnalité de José Antônio da Silva. S’il est méconnu dans l’Hexagone, l’artiste est très important dans le paysage culturel brésilien, qu’il a marqué de son empreinte dans la seconde moitié du XXe siècle.
José Antônio da Silva, fier représentant de caipira
Présent à l’occasion de la présentation de l’exposition, le commissaire de la saison du Brésil en France, Emilio Kalil, a souligné l’intérêt de faire découvrir en France des aspects peu connus de ce pays, à travers la figure de José Antônio da Silva.
Loin du carnaval de Rio ou de l’activité intense d’une Sao Paulo, da Silva représente un Brésil profondément rural. Avec lui, c’est le caipira, une culture populaire brésilienne ancrée dans la terre et résolument fière, qui s’exprime. L’artiste provenait d’un milieu marqué par la pauvreté, au sein duquel il a d’ailleurs choisi de vivre jusqu’à la fin de sa vie.
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