CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique sur RCF épisode 101 du lundi 16 décembre 2024, retour sur ces étranges émanations observées à l’Institut de biologie et pathologies du CHU de Grenoble.
« Aujourd’hui, pour cette dernière chronique de l’année, nous allons parler de l’Institut de biologie et pathologies du CHU de Grenoble. Jeudi dernier, le 12 décembre, les personnels de l’institut de biologie et pathologies (IBP) ont manifesté devant la direction du CHU Grenoble-Alpes. Nous étions en pleine journée de grève nationale, notamment dans la fonction publique, mais la mobilisation, dans ce cas précis, avait pour cause un sujet tout à fait local. À savoir, d’étranges émanations qui frappent le bâtiment depuis des années.
Des émanations qui ont des conséquences sanitaires. Les syndicats décrivent des personnes atteintes de maux de tête, d’irritations, et cela peut aller jusqu’à des vertiges voire des malaises. Certaines personnes ont même pris le chemin des urgences. Qui, il est vrai, ne sont pas très loin.
Ce sont des symptômes, nous a-t-on encore précisé, qui peuvent perdurer dans le temps, c’est-à-dire après le départ des agents de leur lieu de travail. Ils peuvent ainsi durer plusieurs heures, sinon plusieurs jours. Et les organisations ont aussi décrit des cas de chimico-sensibilité. Des personnels qui sont devenus ultra-sensibles, par exemple aux produits utilisés chez le coiffeur ou à la piscine, alors que cela ne leur posait aucun souci auparavant.
Des émanations aux origines mystérieuses
Mais d’où viennent ces émanations? Tout le monde aimerait bien le savoir. Comme nous l’avons dit, cela fait des années que dure le problème, depuis 2019 a minima, avec plus ou moins d’intensité selon les périodes. Pourtant, les études de la qualité de l’air intérieure, non seulement ne révèleraient rien de probant, mais seraient même excellentes. Des pistes ont été explorées, des enquêtes menées, mais on en est encore au stade des théories. En l’occurrence, la grande coupable pourrait être une cuve.
Comme on s’en doute, les laboratoires ne rejettent pas directement dans les égouts les produits chimiques qu’ils utilisent, mais ceux-ci sont stockés pour traitement. La cuve qui recueille les effluents de l’institut pourrait ainsi être à la source d’émanations dans le bâtiment, à la faveur d’un système de ventilation particulièrement complexe. Mais tout cela, c’est une entreprise chargée de réaliser un audit qui va devoir le confirmer ou l’infirmer.
En attendant, une certaine fatigue prédomine. Autant chez les personnels qu’à la direction, d’ailleurs. Nous nous sommes entretenus avec le directeur délégué au pôle biologie du CHU, qui n’a pas caché que pour lui aussi, la situation est « usante ». Jean-Marc Baietto (à ne pas confondre avec Marc Baietto, ex-président de la Métro), compte très fort sur l’audit pour, enfin, apporter un début de réponse.
Un institut indispensable au CHU de Grenoble
Il faut en effet comprendre que l’institut de biologie et pathologies est une énorme machine, indispensable au fonctionnement du CHU. Des millions d’analyses y sont réalisées chaque année. On ne peut donc pas le fermer ou le déménager du jour au lendemain.
Chacun fait ainsi face à ce paradoxe: un laboratoire d’analyses médicales lui-même sujet à des pathologies dont il ne parvient pas à trouver la cause. On mesure le degré de frustration des équipes, victimes de ces étranges odeurs spectrales. Bref, ce n’était pas vraiment un conte de Noël, mais cela ne nous empêche pas de vous souhaiter de joyeuses fêtes. »
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