EN BREF – L’entreprise grenobloise Spartoo, spécialiste de la vente de chaussures en ligne, a annoncé la mise en liquidation judiciaire de sa filiale TooStores R1, chargée de la gestion de ses sites de vente physique. Les 22 magasins (représentant 54 salariés) ont d’ores et déjà fermé leurs portes. Parmi eux, figure celui du centre commercial de la Caserne de Bonne, à Grenoble, qui ferme ses portes quelques années après celui situé rue de Sault en centre-ville.
Le magasin Spartoo de la Caserne de Bonne à Grenoble a baissé le rideau au début du mois de mars 2025. Le spécialiste de la vente de chaussures en ligne dont le siège social demeure à Grenoble a en effet demandé la mise en liquidation judiciaire de sa filiale TooStores R1, qui gérait le réseau de ses boutiques physiques. L’annonce a été faite le 19 février 2025 et les fermetures sont d’ores et déjà effectives. Au total, 22 sites et 54 salariés sont concernés
L’aventure du “physique” avait débuté en 2015 pour Spartoo, avec l’ouverture d’une première boutique au 1 rue de Sault dans le centre-ville de Grenoble. Boris Saragaglia, fondateur de l’entreprise, expliquait alors miser sur « la proximité avec ses clients, [et] apporter une dimension humaine dans le commerce pour fidéliser les consommateurs et générer de la préférence de marque ».

Le premier magasin Spartoo avait ouvert en mars 2015, rue de Sault, dans le centre-ville de Grenoble. © Pierre Jayet
En 2017, c’est à Annecy qu’une seconde boutique allait voir le jour, avant que Spartoo ne parte à la conquête d’autres villes de France comme Reims, Toulouse, Perpignan, Riom ou encore Limoges et s’installe à la Caserne de Bonne à Grenoble. Dans le même temps, en 2018, le groupe rachetait la marque André et son réseau d’une centaine de boutiques… avant d’annoncer (déjà) sa mise en redressement judiciaire deux ans plus tard.
Hausse des coûts et contraction de la demande
Boris Saragaglia explique, par voie de communiqué, que la demande de liquidation judiciaire « est la conséquence de l’évolution importante de l’indice des loyers et de l’inflation sur [les] frais fixes dans un contexte de contraction de la demande ». Autant d’éléments, ajoute-t-il, qui « ont impacté massivement la rentabilité de l’exploitation ». Au 31 décembre 2024, TooStores R1 enregistrait ainsi une perte financière de 2 millions d’euros, avec un chiffres d’affaires de 6 millions d’euros.
« L’approche omnicanale reste toutefois résolument au centre de nos priorités au travers d’une stratégie asset-light1Stratégie consistant à céder des actifs, en général immobiliers, pour les louer au nouveau propriétaire ou les gérer dans le cadre d’un contrat de gestion. focalisée sur notre réseau d’affiliés et sur la création de corners [franchises, ndlr] », assure malgré tout Boris Saragaglia. Qui revendique sa volonté de préserver « les fortes synergies existantes entre le modèle de vente en ligne et les points de vente physiques qui soutiennent la fidélisation tout en générant des ventes additionnelles ».
Highland Capital Partners revend ses parts à Spartoo
La société d’investissement Highland Capital Partners retire ses billes de Spartoo. Cette dernière a ainsi annoncé, le 7 mars 2025, le rachat par son management de 2 867 401 actions, soit 15,72 % de ses parts, détenues jusqu’ici par le partenaire américain.
« Je tenais à remercier Highland Capital Partners, un actionnaire historique de long terme, pour son accompagnement et sa présence au capital de Spartoo depuis plus de 15 ans. […] Cette opération renforce la position du management de Spartoo au sein de son actionnariat et démontre toute sa confiance dans le projet d’entreprise », a déclaré Boris Saragaglia, cofondateur et PDG.
Outre ce dernier, le management du groupe Spartoo inclut ses autres co-fondateurs, à savoir Jérémie Touchard et Paul Lorne, mais aussi Aymeric Moser (directeur général adjoint) et François Bordet (directeur des systèmes d’information). Ils détiennent désormais ensemble 28,9% du capital et 28,9% des droits de vote de la société.




Une réflexion sur « Spartoo : l’enseigne grenobloise a fermé, après la liquidation judiciaire de sa filiale TooStores R1 »
Mais alors l’emplacement va devenir quoi ? Un bar à bières ? Une épicerie de nuit ? Un tacos kebab ? Un barber shop ? Un lieu de repos pour les deliveroo ? Un magasin de bombes pour taguer ? Ou du CBD ?
Heureusement les solutions de reprise ne manquent pas à Grenoble crassepitale verte.