FLASH INFO – À compter du 1er janvier 2025, les agents de la Ville et du CCAS de Grenoble auront la possibilité de prendre 30 jours de congé paternité de plus que la durée prévue par la loi. Une mesure que la municipalité présente comme une façon de réparer une « injustice » liée à la différence entre la durée du congé maternité et celui dont dispose le second parent. Elle entend ainsi favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes dans la sphère professionnelle et personnelle.
La Ville de Grenoble a adopté une rallonge de 30 jours au « congé d’accueil de l’enfant » accordé aux agents municipaux comme du CCAS. À compter du 1er janvier 2025, les seconds parents pourront ainsi bénéficier d’une autorisation spéciale d’absence (Asa) de 30 jours, en plus du congé paternité prévu par la loi, d’une durée pour sa part de 25 jours calendaires. L’Asa peut être prise en une fois ou en plusieurs fois dans les six mois suivant la naissance de l’enfant.
« Cette proposition s’inscrit dans le cadre de la politique volontariste d’égalité entre les femmes et les hommes menée par la Ville », indique la municipalité grenobloise. Égalité notamment en matière de rémunération, tout d’abord, alors que « les inégalités salariales et de carrière se creusent entre les femmes et les hommes dès la naissance du premier enfant ». De plus, « la prolongation du congé d’accueil de l’enfant [permet] à chaque parent [d’accomplir] sa part des tâches parentales, ce qui est vecteur là aussi d’égalité entre les hommes et les femmes dans la sphère professionnelle ».

Le conseil municipal de Grenoble du 16 décembre 2024 a adopté une rallonge de 30 jours pour le congé paternité des agents municipaux comme du CCAS. © Manuel Pavard – Place Gre’net
Pierre Mériaux, adjoint au Personnel de la Ville de Grenoble, estime que l’adoption de cette mesure répare une « injustice » de la loi. Laquelle, « en 2021, rallongeait le congé paternité ou d’accueil de l’enfant de 2 à 4 semaines, sans pour autant égaler le congé maternité », constate l’élu. La rallonge de 30 jours pour le deuxième parent lui permet dès lors de prendre jusqu’à dix semaines de congés, ce qui place ainsi le congé paternité sur le même plan que le congé maternité. Présentée lors du conseil municipal du 16 décembre 2024, la mesure a été adoptée à l’unanimité sans susciter de débats.
La Ville de Grenoble rappelle, pour l’occasion, avoir voté en décembre 2023 en faveur de deux autorisations spéciales d’absence pour les agents atteints de règles douloureuses ou de maladies lourdes. Dans le premier cas, l’agent peut bénéficier d’une absence (ou de jours de télétravail) sur présentation d’un certificat médical. Dans le second cas, l’Asa permet aux agents de s’absenter pour se rendre à une consultation, à condition de fournir une lettre de leur médecin.



4 réflexions sur « La Ville de Grenoble adopte une rallonge de 30 jours du congé paternité pour ses agents »
Pas de problème, les Grenoblois sont là pour casquer pour de moins en moins de services rendus ! 🙄
Bonjour,
S’il y a bien un domaine où les hommes et les femmes ne sont pas égaux, c’est en ce qui concerne la maternité. C’est la femme qui a porté son enfant pendant 9 mois et lui a donné naissance. Elle a besoin de plus de temps de récupération que le père. Je trouve donc ridicule cette nouvelle mesure démagogique prise aux frais des contribuables grenoblois, comme si on ne payait pas assez d’impôts sur Grenoble !
Vous semblez oublier que les hommes aussi peuvent être enceints !
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/des-hommes-aussi-peuvent-etre-enceints-une-campagne-du-planning-familial-fait-polemique-20220820
« Présentée lors du conseil municipal du 16 décembre 2024, la mesure a été adoptée à l’unanimité sans susciter de débats. »
C’est bien sûr le genre de mesure pour laquelle aucun élu n’osera sortir du consensus, et manifestement aussi n’osera questionner. On pourrait quand même évoquer la nécessité d’une étude d’impact pour évaluer comment les services pourront y faire face : réorganisation ? mutualisation ? Ou (osons le gros mot) effort de productivité ? Le pire dans le contexte budgétaire de la ville de Grenoble déjà suradministrée (cf débat budgétaire et comparaison avec les autres villes de la même strate) serait d’augmenter encore la masse salariale et le niveau de frais de structure.