EVENEMENT – Le Raffut collectif lance son festival musical du 1er au 3 novembre 2024, au Sappey-en-Chartreuse. Au programme : de la musique, des ateliers d’écriture, des récits ou encore des repas partagés. Le tout pour célébrer la mort différemment des us et coutumes.
« Qu’est-ce qu’ils nous veulent nos morts, à rester dans nos têtes, à nous réveiller la nuit ou à ne pas nous lâcher la main ? (…) Que faire de toutes ces mémoires qui nous peuplent ? » Toutes ces interrogations rythmeront le festival du Raffut collectif, du 1er au 3 novembre au Sappey-en-Chartreuse.
À l’occasion de la Toussaint, les artistes du festival proposent ainsi de « regarder les morts en face ». Ils souhaitent les « mettre à l’œuvre ». Mais aussi « pétrir leurs créations de leurs récits et de leurs chants, incendier leurs tristesses dans le feu d’un grand bal vivifiant, invoquer les esprits du marais au cours d’une étrange balade sonore ».
De la musique pour réveiller les cœurs
Pour pénétrer le monde des morts, rien de tel qu’une veillée. C’est ainsi que commencera le festival, le 1er novembre à 20 h 30. Le quartet La Cozna, composé de chant, violoncelle, guitare électrique, clarinette basse, contrebasse, saxophone soprano et de machines, interprètera des chansons traditionnelles.
« Transmis à voix basse dans le secret des fourneaux, ces chants de femmes sont des histoires d’amour, de violence et de liberté ». Ils se « jouent des dominations avec humour, drame et poésie ». La soirée mêlera collectage, création sonore et improvisation.

Lors du Raffut collectif, le groupe La Cozna jouera un concert. ©La Cozna
Dès le lendemain, les festivaliers pourront se rendre à l’église du Sappey-en-Chartreuse pour un concert de musiques nouvelles. La compagnie Mobiles proposera dès 16 heures une performance musicale et sonore créée à partir de trompettes, de flûtes et d’instruments jouets.
Puis, dans la soirée, le Fakir Trio se démènera pour faire voyager les spectateurs. Rituels, transes du Maghreb et autres mélodies seront de la partie… Avant le début du grand bal « qui fera trembler le parquet de la salle des fêtes ».
Des espaces peuplés par l’imaginaire
Pour débuter la soirée du 2 novembre, un apéritif partagé permettra à tous d’entendre des légendes populaires. Les plus aventureux pourront se rendre à la chapelle en petit groupe pour écouter des récits et autres contes.
Des balades sonores ponctueront le festival. Le 3 novembre, à partir de 13 h 45, il s’agira notamment de déambuler en plein cœur du marais des Sagnes. Et ce pour une « expérience sonore insolite en compagnie des musiciens du collectif ».

Des groupes comme Fakir Trio animeront les soirées lors du festival du Raffut collectif. © Fakir Trio
Un peu plus tard, il s’agira de « déplier la mort » dans un parcours « sensible et réflexif ». Deux artistes proposeront de « dépasser l’intime de cette expérience commune ». Pour cela, il y aura de nombreux visionnages et écoutes. Mais aussi des présentations. Elles « dévoileront la dimension politique, les représentations anthropologiques » et la manière dont la mort structure les rapports sociaux.
À défaut de réussir à réveiller les morts en cette Toussaint, l’événement pourrait bien tenir éveillés tous ses participants jusqu’au petit matin.










