EN BREF – Accusé par le syndicat Sud-PTT Isère-Savoie d’« attouchements » sur une intérimaire sur le site de La Poste Multiflux de Grenoble, le manager concerné estime avoir été victime d’un mensonge. À l’approche de son entretien préalable à un éventuel licenciement pour faute grave, il donne sa version des faits.
Le 1er octobre 2024, le syndicat Sud-PTT dénonçait, par le biais d’un communiqué, des « attouchements » faits par un manager de La Poste Multiflux, à Grenoble, à l’encontre d’une intérimaire. Et ce à la suite de premières constations de mêmes faits qui auraient été effectuées en avril 2024.
Les attouchements en question, qui seraient survenus lors du premier jour de travail de la supposée victime, ont immédiatement été sanctionnés. La direction a convoqué l’encadrant dès le 2 octobre 2024 pour un entretien préalable, dans le cadre d’une mise à pied à titre conservatoire débutant le 10 octobre.

Sud-PTT dénonce des « attouchements » de la part d’un encadrant contre une agente intérimaire sur le site postal Multiflux de Grenoble.
« À ce moment, je ne connaissais pas les tenants et les aboutissants de la situation », précise le principal concerné. S’étant saisi de la justice, il explique que le procureur de la République s’est rapidement emparé du dossier. À la demande de son avocat, La Poste lui a fourni les images de la vidéo de surveillance des locaux.
Après les avoir visionnées, il explique que « l’intérimaire a menti et Sud-PTT l’a bernée ». Car « on ne voit rien de déplacé sur la vidéo. Et certainement pas des faits aussi graves que ceux qui me sont reprochés », affirme-t-il, en considérant que la présomption d’innocence n’a pas été respectée.
Des accusations sur fond de rivalités syndicales, selon le manager
Des élections au Comité social et économique (CSE) auraient motivé « l’acharnement » dont le manager se dit victime. Ce dernier fait en effet partie de la CFDT et non pas de Sud-PTT. Il accuse, dès lors, le syndicat d’opposition d’avoir « diffusé un tract diffamatoire à [son] encontre le 7 octobre 2024 ». Et ce car « le premier jour du scrutin avait lieu le lendemain et [son] entretien préalable trois jours plus tard ».
« Mais le problème qui se pose pour moi est que le 30 octobre 2024, je passerai en commission consultative paritaire (CCP). Je risque ma place car mon entreprise prévoit un licenciement pour faute grave. Il n’y a aucune tolérance, ajoute-t-il. Et cette situation a un impact sur ma santé. »
Soutenu par la CFDT, qui estime que « l’ensemble des éléments du dossier [doivent être] examinés de manière rigoureuse », le manager relève une autre « bizarrerie ». Il assure qu’à ce jour, l’intérimaire n’a pas déposé de plainte, ni même sa société d’intérim.
Droit de réponse de Sud-PTT apporté le 30 octobre 2024 à la suite de la parution de l’article le 29 octobre 2024 :
«Tout d’abord, l’intérimaire dont il est question a porté plainte le 29 octobre 2024, explique Sud-PTT. Les faits dont il est question sont réels, concrets, documentés et ne sont pas sortis en période électorale ».
Le syndicat précise en effet que depuis fin 2023, des salariés de La Poste Lionel Terray ont écrit diverses attestations à l’adresse de la directrice de l’établissement Grand Grenoble, qui gère plusieurs sites de l’agglomération. En conséquent, « nous ne sommes pas étonnés qu’il y ait eu cet incident. Le manager avait été déplacé de Lionel Terray à Multiflux, puis à Villard-de-Lans et de nouveau à Multiflux pour les mêmes raisons. À Villard-de-Lans, nous savons seulement qu’il y a eu deux incidents et qu’il y est resté très peu de temps ».
Sud-PTT regrette que la directrice ait refusé sa demande d’audience, mais aussi « qu’elle n’ait pas protégé les salariés comme elle aurait dû le faire ». Il n’a à son avis fait que « dénoncer les faits depuis de nombreux mois ». Et désirait que le manager soit mis à l’écart, mais à la place, il s’est vu confier une deuxième équiper à manager.










