EN BREF – Alors que le site Valeo de l’Isle-d’Abeau (Saint-Quentin-Fallavier) connaît un mouvement de grève après l’annonce de sa mise en vente, les syndicats dénoncent une agression physique de la part du responsable des ressources humaines (RHH). Ce dernier aurait violemment bousculé ou poussé trois délégués syndicaux, lesquels ont déposé plainte à la gendarmerie.
S’agit-il d’une escalade dans le conflit social en cours sur le site Valeo de l’Isle-d’Abeau (Saint-Quentin-Fallavier)? Dans un communiqué commun, les syndicats Sud Industrie, CGT et CAT (confédération autonome du travail) dénoncent des violences commises contre trois salariés le vendredi 4 octobre 2024 au matin par un responsable des ressources humaines. Ce alors que le site est le théâtre d’une grève (soutenue sur Leetchi), après l’annonce de sa mise en vente.
Serge Gonnellaz, délégué Sud Industrie Valeo, explique à Place Gre’net que le groupe a tenté de faire venir des salariés d’un autre site pour remettre en route les machines. Ce à quoi des syndicalistes se sont opposés, en faisant valoir que leurs collègues ne disposaient pas d’une habilitation pour manœuvrer les engins en question. En réponse, le RHH aurait alors bousculé violemment deux syndicalistes, avant de pousser brusquement le délégué Sud, en leur criant : « Vous dégagez d’ici ! »
« Personne ne peut nous interdire l’accès à l’entreprise »
Les trois personnes concernées sont allées déposer plainte auprès de la gendarmerie de La Verpillière. « Je pense très sincèrement qu’il a fait ça en espérant qu’on réponde », estime aujourd’hui le syndicaliste Serge Gonnellaz, sous le coup d’une ITT de huit jours après l’altercation.
Une réponse qui n’aura été que verbale, ajoute-t-il : « Nous sommes élus du personnel. Personne ne peut nous interdire l’accès à l’entreprise. On va où on veut et quand on veut. » Et pas question pour le délégué Sud de s’entendre dire qu’il n’a pas le droit de gêner le travail. « En effet, on n’a pas le droit mais, en l’occurrence, la personne ne travaillait pas puisqu’elle n’est pas habilitée », rétorque-t-il.
« Chaque salarié du site reconnaît que le mouvement engagé depuis le mois de juin se passe sans débordement et est géré professionnellement par les délégués et les salariés engagés dans cette cause noble et juste », indique le communiqué intersyndical. Et ceci malgré des accusations de « séquestration », portées en juillet par une directrice des ressources humaines (qui aurait depuis quitté l’entreprise), dont les syndicats dénoncent le caractère mensonger. « Il est temps que Valeo se ressaisisse et mettre en place plus de professionnalisme dans ses recrutements », ironisent-ils.
« Rien ne sera plus pareil sur le site de Valeo »
Une chose est sûre, selon les organisations syndicales : « Rien ne sera plus jamais pareil sur le site de Valeo Saint-Quentin-Fallavier » après le vendredi 4 octobre. Et de fustiger un responsable des ressources humaines qui « fait mine d’essayer de régler une situation catastrophique mise en place par lui […] et [tente de] tout mettre sur le dos des syndicats ». Avant de conclure : « À la vue de ce qu’il offre en tant que garant du dialogue social, on peut légitimement douter de la réussite du projet en agressant violemment des représentants du personnel du site ».
Contactée, la direction de Valéo n’a, pour l’heure, pas donné suite à notre demande d’interview.




