FOCUS – Sophie Romera, conseillère départementale et municipale d’opposition de Fontaine, a annoncé, vendredi 12 juillet 2024, son départ de La France insoumise. Elle rejoint en effet L’Après, le nouveau mouvement fondé par les « frondeurs » de LFI (dont Clémentine Autain, Alexis Corbière, Raquel Garrido et Danielle Simonnet). Si elle ne renie rien, assurant garder la « même boussole », l’élue iséroise pointe toutefois des désaccords stratégiques et un manque de démocratie interne depuis 2022.
Pour Sophie Romera, L’Après, c’est déjà aujourd’hui. Lors de la conférence de presse annonçant le lancement du nouveau mouvement, vendredi 12 juillet 2024, les dissidents ou « purgés » de LFI – Clémentine Autain, Alexis Corbière, Raquel Garrido, Danielle Simonnet, Hendrik Davi et Olivier Madaule – « ont cité dix élus locaux. J’étais la deuxième. Je fais donc partie des premiers soutiens », souligne la conseillère départementale, également élue d’opposition à Fontaine.

Militante et élue insoumise au Département et à Fontaine, Sophie Romera rejoint L’Après, le mouvement fondé par les dissidents de LFI. © Manuel Pavard – Place Gre’net
L’adhésion à l’Association pour une République écologique et sociale (L’Après) va ainsi de pair avec son départ de LFI, dont elle a été exclue le jour même… Mais après avoir déjà décidé de quitter un navire insoumis qui tanguait, selon elle, de plus en plus. Une rupture qui ne se fait néanmoins pas de gaieté de cœur, pour celle qui se décrit comme « une femme de gauche issue de la démocratie participative ».
Sophie Romera était « en phase » avec LFI entre 2017 et 2022
C’est cette idée qui a guidé son entrée en politique en 2014, à Fontaine, « après avoir co-créé une association d’habitants et co-animé une Amap ». « Mes valeurs sont profondément humanistes, écologistes et sociales, étroitement liées au collectif et au principe démocratique de co-construction », précise Sophie Romera, évoquant ses « moteurs ».
« C’est ce qui m’a séduite à La France insoumise, que j’ai rejointe en 2017« , explique-t-elle. Une époque riche de débats et discussions internes. « Entre 2017 et 2022, j’étais en phase« , affirme l’élue. C’est à cette période qu’elle est devenue tête de liste pour “Oser à Fontaine”, aux municipales 2020. Avant de poursuivre cette démarche de « co-construction » au Printemps isérois, pour les départementales 2021, puis au sein du groupe Uges1Union de la gauche écologiste et solidaire au Département.
« Un virage pris en 2022 avec l’affaire Quatennens »
Durant ces cinq années, Sophie Romera a « beaucoup travaillé et [s’est] beaucoup investie » à LFI, où elle se sentait alors parfaitement à l’aise. « J’ai co-animé le groupe d’action fontainois des insoumis pendant trois ans », ajoute-t-elle, se souvenant de débats accompagnés de « divergences mineures ». Ce qui était plutôt rassurant : « Avoir des désaccords, c’est ce qui permet de prouver qu’il y a de la démocratie. »

Le soutien de la direction de LFI à Adrien Quatennens, impliqué dans une affaire de violences conjugales, a constitué un tournant selon Sophie Romera. © Jean-Luc Hauser, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
La petite phrase n’est pas anodine. Sophie Romera fait ainsi référence au « virage pris en 2022 avec l’affaire Quatennens ». Un moment charnière. Pour elle, il y a en effet clairement « un avant et un après » au sein de La France insoumise où les accusations de violences conjugales visant l’ex-député du Nord ont suscité de nombreux remous. « Un front interne s’est levé, que certains ont pensé devoir éteindre de force », regrette-t-elle.
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Une réflexion sur « L’élue iséroise Sophie Romera quitte LFI et rejoint L’Après : « Je suis toujours libre, peut-être encore plus insoumise » »
Que valent toutes ses belles phrases alors qu’elle a soutenu Elisa Martin aux législatives ? Malgré les graves faits de concussion dévoilés par l’ancien conseiller de Piolle, et que l’intéressée a confessés … à Alan Confesson.
La morale à la LFI n’est pas plus brillante quand on en est sorti que quand on y est.