EN BREF – Le Parti communiste français de l’Isère a dénoncé par communiqué, le 9 avril 2024, une « stigmatisation des citoyens français itinérants » (ou gens du voyage) par la municipalité de Villette-d’Anthon, située dans la 6e circonscription du département. En cause ? Un message diffusé dans un article consacré au chantier de l’aire de grand passage situé sur le territoire villettois et publié dans le bulletin municipal annuel.
Une « zone de non-droit », avec des citoyens français itinérants accusés de « démonter et voler une partie de clôtures neuves [et] un portail d’accès » ou de faire leurs besoins dans les champs avoisinants au terrain. Voilà ce que dénonce la municipalité de Villette-d’Anthon dans son bulletin municipal annuel 2023 publié en janvier 2024.
« Notre civilisation occidentale s’est lentement construite au cours des siècles sur la sédentarisation des populations. Aux frais du contribuable, le législateur a décidé d’encourager le nomadisme, déni de civilisation », indique en outre un encadré. Qui précise encore : « Sans assurer aujourd’hui ses deux fonctions régaliennes que sont l’Ordre et la Justice, l’État abandonne les collectivités au désordre et à l’injustice, au risque grave de l’anarchie, de la violence et du délitement de la Nation ».

Dans le bulletin annuel de la commune de Villette-d’Anthon, un encadré désigne le nomadisme comme un « déni de civilisation » et évoque le « pays réel ».
Et la municipalité de conclure : « Le pays réel appelle aujourd’hui l’État à ses responsabilités ». Le « pays réel » ? Une formule empruntée à Charles Maurras (1868 – 1952), écrivain monarchiste et antisémite, membre influent de l’Action française et soutien du régime de Vichy.
Longtemps proche de Philippe de Villiers, Bruno Gindre, maire sans étiquettes de la commune depuis 2018, avait apporté son parrainage au candidat Éric Zemmour lors de la présidentielle de 2022.
Le PCF isérois dénonce la « stigmatisation des citoyens français itinérants »
Le bulletin municipal en question n’a pas échappé au Parti communiste français de l’Isère, qui a dénoncé par voie de communiqué, le 9 avril 2024, une « stigmatisation des citoyens français itinérants ».
« “Tziganes”, “bohémiens”, ”gens du voyages”… dans la longue Histoire de notre pays, nos compatriote citoyens français itinérants ont régulièrement été désignés comme boucs émissaires par les forces réactionnaires, cibles d’un racisme abject qui a pu aller jusqu’au génocide durant la Seconde Guerre mondiale », proteste ainsi le PCF isérois. Pour qui un tel texte « dans un mensuel [en réalité un “annuel”, ndlr] officiel d’une collectivité est une insulte aux valeurs de la République ».
« La Fédération du Parti communiste de l’Isère dénonce ces propos inacceptables du maire d’extrême droite de Villette‑d’Anthon, et se portera en soutien de toute association anti-raciste qui porterai[t] l’affaire devant les tribunaux », conclut la formation politique.
Sollicité par Place Gre’net, le maire de Villette-d’Anthon n’a pas (encore) répondu à notre demande de réaction. Mais a indiqué au Dauphiné libéré n’avoir « rien à répondre » au PCF.


