FLASH INFO – La librairie Glénat de Grenoble accueille Mark Eacersall et Raphaël Pavard pour une séance de rencontres et de signatures samedi 10 février 2024, entre 16 heures et 19 heures. Le scénariste et le dessinateur viennent “défendre” leur BD À mourir entre les bras de ma nourrice (Glénat, 2024), un polar autant qu’une chronique sociale qui se déroule dans une ville d’Échirolles revisitée.
À mourir entre les bras de ma nourrice raconte l’histoire de Fatoumata, qui élève seule ses trois filles, et survit plus qu’elle ne vit avec son revenu de femme de ménage. À la pression des tours d’immeuble qui constitue son quotidien s’ajoutent celle de ses créanciers… et celle des dealeurs qui viennent un jour frapper à sa porte pour lui “proposer” de garder chez elle un coffre leur appartenant, en échange d’une paie hebdomadaire. Fatoumata devient alors une « nourrice« , selon l’argot policier. Et cède aux sirènes d’un argent facile, avec les lourdes conséquences que cela pourra avoir.
La cité où vit Fatoumata pourrait ressembler à toutes les autres mais c’est bien Échirolles qui a, au moins dans un premier temps, inspiré les scénaristes Mark Eacersall et Henri Scala, tout comme le dessinateur Raphaël Pavard. En subsiste des mentions discrètes, quand la façade d’un hôpital affiche un « Grenoble-Sud » à peine lisible, ou quand le document d’un policier fait mention de la commune d’Échirolles. Une façon de s’émanciper des clichés associés aux cités parisiennes ou marseillaises, sans faire du récit un documentaire sur les banlieues iséroises.

À mourir entre les bras de ma nourrice se déroule dans une ville d’Échirolles revisitée pour ressembler à toutes les cités. © Glénat
Raphaël Pavard admet avoir volontairement brouillé les pistes, quitte à prendre des libertés avec les intentions initiales des scénaristes. Dans un premier temps, le dessinateur avait bien couché sur le papier des décors et des bâtiments grenoblois et échirollois. Puis il a finalement pris le parti de n’en conserver que le minimum, dans l’allure générale des bâtiments ou l’organisation des quartiers. « J’ai réinventé la cité, l’idée était de ne surtout pas stigmatiser une ville ou une population. Ça pourrait être n’importe où. Les gens y vivent et se débrouillent dignement« , explique-t-il à Place Gre’net.
Grenobloise ou non, À mourir entre les bras de ma nourrice dépeint une société où policiers et dealeurs parlent le même langage, engagés dans une lutte où la fin justifie les moyens, sur fond de précarité, de violence larvée… et d’une humanité exacerbée, où le héros d’une seconde peut se transformer en salaud l’instant suivant.
L’esthétique de Raphaël Pavard se distingue par un sens de la composition remarquable, et une recherche viscérale des émotions dans chaque visage, offrant à chaque case, au sein d’une atmosphère pourtant pesante, toutes les raisons au lecteur d’espérer.










