FOCUS – Vincent Tournier, professeur à Sciences Po Grenoble qui avait été taxé d’islamophobie par des étudiants en 2021, dénonce une « nouvelle dérive militante à l’Université de Grenoble« , après l’organisation d’un séminaire le 17 janvier 2024. Il accuse ainsi le laboratoire Pacte, unité mixte de recherche de sciences sociales du CNRS, de l’université Grenoble-Alpes et de l’Institut d’études politiques (IEP) de Grenoble, de confondre « recherche et militantisme« . Dans le même temps, Sciences Po vient de voir le retour de ses subventions régionales, après avoir signé un contrat d’engagement républicain avec la Région.
C’est une tribune au vitriol que le professeur Vincent Tournier a signé dans Le Point, le 17 janvier 2024. Intitulé « Nouvelle dérive militante à l’Université de Grenoble« , le texte dénonce sans ambages un séminaire du Laboratoire Pacte qui s’est tenu le jour même à Sciences Po Grenoble sur le thème: « Migrations, tourisme, hébergement : quand la montagne devient politique« .
Et plus précisément l’une des deux conférences organisées dans le cadre du séminaire: « Violence aux frontières alpines: une (contre-)enquête transdisciplinaire à la recherche de vérité et justice« .
A l’origine de cette conférence, deux chercheuses de l’Institut de géographie alpine, membre du laboratoire Pacte, qui précisent avoir mené une contre-enquête sur « les événements qui ont mené à la mort de Blessing Matthew, une jeune exilée d’origine nigériane décédée dans les Hautes-Alpes en tentant de traverser la frontière franco-italienne« .
Ceci alors, note Vincent Tournier, que la noyade de la jeune femme a donné lieu à un classement par la justice française. Une décision contestée par sa famille ainsi que par des associations de défense des exilés.
« Confusion entre recherche et militantisme » au laboratoire Pacte
L’enseignant ne conteste pas la légitimité des associations à faire entendre leur voix, notamment via un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. « Mais que des universitaires apportent leur caution à une telle entreprise, voilà qui est déjà nettement plus critiquable ; et qu’un centre de recherche adoube cette opération en lui conférant une légitimité scientifique ne peut que susciter un profond malaise« , juge-t-il.

Vincent Tournier rédige une tribune au vitriol sur un séminaire organisé par le laboratoire Pacte et qui s’est déroulé à l’IEP de Grenoble. DR
À ses yeux, la démarche « illustre jusqu’à la caricature tout ce qui cloche aujourd’hui dans les sciences sociales: absence de données, vérifiabilité impossible, surinterprétation, partialité, mise au service d’une cause militante, dénonciation obsessionnelle de l’État, quête de vérité« .
Et celui-ci ne manque pas de souligner l’ironie que les chercheuses s’emparent d’un fait divers, alors que « les universitaires sont habituellement prompts à dénoncer toute instrumentalisation lorsqu’elle émane de la droite« .
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