FLASH INFO – À l’appel du syndicat CGT, les personnels du Centre hospitalier Alpes-Isère (Chai) de Saint-Égrève ont organisé un mouvement de grève et de rassemblement pour porter leurs revendications. Un mouvement qui s’est tenu le vendredi 15 décembre 2023, assorti d’un courrier adressé au préfet de l’Isère, en sa qualité de « garant de l’ordre public ».
« Depuis 2022, le Chai a fermé 50 lits et ne cesse d’en ouvrir et d’en fermer au grès des effectifs médicaux. L’établissement compte avec environ 270 lits ouverts actuellement, contre 350 en 2012″, indique le syndicat. Qui dénonce encore un manque de médecins comme de paramédicaux, et accuse la direction de l’établissement de « pousser les équipes de soins à faire sortir des patients non stabilisés afin d’admettre des patients sous contrainte de soins ».
La situation ne serait pas plus reluisante dans les CMP (centres médico-psychologiques), dont certains ne sont plus en mesure de recevoir de nouveaux patients, ou sont ouverts sans la présence de médecin psychiatre. « Les demandes d’hospitalisation depuis un CMP ne sont presque plus possibles. Pour certains patients en soins libres, il faut compter 3 à 4 mois », ajoute la CGT. La prise en charge en CMP Enfant peut, quant à elle, représenter deux à trois ans d’attente.

Les personnels en grève à l’appel de la CGT ont déployé des messages autour du Centre hospitalier Alpes-Isère (Chai) de Saint-Égrève vendredi 15 décembre 2023. © CGT
Les revendications ? La CGT appelle à un recrutement immédiat de professionnels, ainsi qu’à un « plan de formation pluridisciplinaire » et « un ratio de personnel adapté à la charge de travail ». La question des rémunérations se pose également. Le syndicat exige ainsi « la revalorisation générale des salaires pour rattraper les 10 ans de blocage du point d’indice, la reconnaissance des contraintes et des pénibilités horaires (nuit, week-end) et la reconnaissance des qualifications des professionnels ».
Mais au-delà de la seule situation du Chai, c’est « l’arrêt de toutes les fermetures d’établissements, de services et de lits et la réouverture de lits, là où c’est nécessaire » qui sont demandés, avec « les moyens nécessaires pour une psychiatrie publique sectorisée de qualité, au cœur de la cité, accessible à tous, humaniste et gratuite ». Plus « un total libre accès aux urgences sans conditions et l’arrêt de tout tri de patients qui nécessitent une hospitalisation en secteur psychiatrique », et « le respect des droits des patients hospitalisés sans consentement ».


