La CGT du Centre hospitalier de Saint-Égrève adresse un courrier “catastrophe” au ministre de la Santé

La CGT du Centre hos­pi­ta­lier de Saint-Égrève adresse un cour­rier d’a­lerte au ministre de la Santé

La CGT du Centre hos­pi­ta­lier de Saint-Égrève adresse un cour­rier d’a­lerte au ministre de la Santé

FOCUS – La CGT Centre hos­pi­ta­lier Alpes-Isère (Chai) de Saint-Égrève a écrit au ministre de la Santé François Braun pour dénon­cer le manque de moyens et l’am­biance « délé­tère » au sein de l’é­ta­blis­se­ment. Non sans mettre en avant les dif­fi­cul­tés ren­con­trées par les urgences psy­chia­triques, qui touchent le CHU Grenoble-Alpes.

C’est à la fois une lettre, un appel au secours… et un réqui­si­toire que la CGT du Centre hos­pi­ta­lier Alpes-Isère (Chai) de Saint-Égrève adresse au ministre de la Santé François Braun. Daté du 2 sep­tembre 2022, et com­por­tant le seul mot « Alerte » comme objet, la mis­sive dénonce sans prendre de gants « la ruine de l’hô­pi­tal public et l’é­tat déplo­rable de la psy­chia­trie fran­çaise ».

Le Chai de Saint-Égrève est coutumier des mouvements sociaux, comme ici en 2017. © CGT

Le Chai de Saint-Égrève est cou­tu­mier des mou­ve­ments sociaux, comme ici en 2017. © CGT

La CGT pointe ainsi du doigt les « adap­ta­tions » de fonc­tion­ne­ment des urgences noc­turnes, qui concernent (entre autres) Grenoble et Voiron. « L’heure n’est plus à jouer sur les mots ou à édul­co­rer la situa­tion : nous vivons une catas­trophe sani­taire », lance le syn­di­cat. Pour qui les fonc­tion­ne­ments per­tur­bés des urgences, mais aussi dans cer­tains cas des Smur, peuvent réel­le­ment mettre des vies en danger.

Les urgences psy­chia­triques en souffrance

Quid des urgences psy­chia­triques ? Celles-ci sont satu­rées, affirme le cour­rier. Et notam­ment l’u­nité de court séjour d’hos­pi­ta­li­sa­tion du Chai, « créée pour faci­li­ter les hos­pi­ta­li­sa­tions à la suite des urgences ». Son objec­tif ini­tial ? Des séjours d’une durée maxi­male de 72 heures. « En juin, un patient y est resté hos­pi­ta­lisé plus d’un mois », assènent les syndicalistes.

La psy­chia­trie pèse éga­le­ment sur le fonc­tion­ne­ment des urgences du CHU Grenoble-Alpes, qui se voient adres­ser des patients atteints de troubles psy­chia­triques qu’elles essayent ensuite de ren­voyer sur d’autres ser­vices, quitte à « tendre les contacts » entre les uns et les autres : « Plusieurs fois, des ambu­lances ont pré­senté des patients sans accord préa­lable, et alors que notre éta­blis­se­ment était com­plet ».

François Braun, ministre de la Santé et de la Solidarité. DR

François Braun, ministre de la Santé et de la Solidarité. DR

Le cour­rier note encore que les psy­chiatres du Chai, qui réa­lisent les avis psy­chia­triques aux urgences du CHU de Grenoble, ne dis­po­saient même pas de lieu dédié dans les nou­veaux locaux. Et que le CHU, faute de place, est contraint d’ou­vrir des lits en catas­trophe dans les anciennes urgences… avec « par­fois un seul soi­gnant [pour] prendre en charge de façon tota­le­ment iso­lée des patients en crise aigüe ».

Des refus d’ad­mis­sion auraient éga­le­ment été enre­gis­trés, quand des « pro­blé­ma­tiques soma­tiques [ne sont pas] asso­ciées aux troubles psy­chia­triques ». Le risque ? « Ce genre de tri écarte dan­ge­reu­se­ment les patients avec des idées sui­ci­daires, qui ne peuvent être éva­lués effi­ca­ce­ment autre­ment que par un entre­tien ». Un jeune homme en aurait été vic­time au mois de juin.

Le manque de moyens dénoncé

Sans sur­prise, c’est le manque de moyens que cible le syn­di­cat pour expli­quer une telle situa­tion. La CGT dénonce la fer­me­ture de 78 lits au Chai en 2018, et « un appau­vris­se­ment cli­nique géné­ral » sur fond de baisses des for­ma­tions. En résulte une explo­sion des délais de consul­ta­tion. Parfois jus­qu’à l’ab­surde, comme… trois ans d’at­tente pour un pre­mier ren­dez-vous en pédopsychiatrie.

Outre une stag­na­tion des patients aux urgences, faute de pou­voir être pris en charge au Chai, le manque de moyens entraî­ne­rait une dégra­da­tion de l’am­biance au sein de l’é­ta­blis­se­ment. Qualifié au mieux de « déplo­rable », au pire de « délé­tère ». Un cli­mat qui tou­che­rait autant les per­son­nels que l’é­quipe de direc­tion, dont plu­sieurs membres ont quitté leurs fonc­tions durant l’été 2022 pour rejoindre dans deux cas sur trois le sec­teur privé.

Le syn­di­cat dresse même une véri­table liste de « vio­lences », qui vont de l’ins­crip­tion raciste (« Arabe dehors ») sur la porte d’un cadre à une agres­sion sexuelle d’un agent « pas­sée sous silence pen­dant plus de trois semaines »… en pas­sant par une ten­ta­tive de sui­cide « sur le lieu et le temps de tra­vail, avec des pro­duits phar­ma­ceu­tiques, après une alter­ca­tion avec un direc­teur ».

La CGT appelle au boy­cott de la visite de cer­ti­fi­ca­tion du centre hospitalier

Syndicat oblige, le cour­rier déploie une série de reven­di­ca­tions. Qui men­tionne « la réin­té­gra­tion sans délai des col­lègues sus­pen­dus [pour cause de refus de vac­ci­na­tion, ndlr] », « la titu­la­ri­sa­tion de tous les contrac­tuels », une aug­men­ta­tion « signi­fi­ca­tive » des rému­né­ra­tions des per­son­nels, et « la mise en œuvre d’un plan natio­nal de for­ma­tion et de recru­te­ment de 100 000 postes sup­plé­men­taires ».

Quand la CGT “accueillait” Emmanuel Macron à l'occasion d'une visite présidentielle au Centre hospitalier Alpes-Isère en septembre 2021. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Quand la CGT “accueillait” Emmanuel Macron à l’oc­ca­sion d’une visite pré­si­den­tielle au Centre hos­pi­ta­lier Alpes-Isère en sep­tembre 2021. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Nous ne vou­lons pas une réponse sous la forme d’une com­mu­ni­ca­tion poli­cée », ajoute la CGT. Pour qui seuls manquent « des enga­ge­ments poli­tiques et des finan­ce­ments publics ».

Les syn­di­ca­listes appellent enfin les per­son­nels du Chai à ne pas par­ti­ci­per à la visite de cer­ti­fi­ca­tion de l’é­ta­blis­se­ment pré­vue du 26 au 30 sep­tembre, jugée « ubuesque ». Et leur recom­mandent de « trans­mettre aux experts-visi­teurs l’é­tat de leurs condi­tions de tra­vail ». Tout en dépo­sant un pré­avis de grève sur cette période, « pour les per­son­nels qui ne sou­hai­te­raient pas par­ti­ci­per à cette mas­ca­rade ».

Florent Mathieu

Auteur

1 commentaire sur « La CGT du Centre hos­pi­ta­lier de Saint-Égrève adresse un cour­rier d’a­lerte au ministre de la Santé »

  1. Bien d’ac­cord avec vos argu­ments, qui sont justes. Entièrement soli­daire avec vous. Bon cou­rage pour votre com­bat essen­tiel ! A Bouillon, IDE retraitée.

    sep article

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