FLASH INFO – Après une première interdiction fin novembre, le NPA Grenoble entendait bel et bien tenir sa réunion publique baptisée « Israël assassin, impérialistes complices« . Cette fois, c’était le mercredi 6 décembre 2023 que la réunion était annoncée… avant d’être une nouvelle fois interdite par la préfecture. Pour le mouvement, « un pas supplémentaire dans la restriction des libertés politiques » a été franchi.
La confusion régnait sur le lieu où devait se dérouler la fameuse réunion publique. Le NPA indiquait comme adresse le 5 rue Federico-Garcia-Lorca à Grenoble, soit la localisation du Pôle de solidarité internationale. Problème? L’une des associations occupant le site assurait alors à Place Gre’net qu’aucune réunion ne figurait à l’agenda. Le NPA a finalement répondu à notre sollicitation en expliquant qu’il comptait tenir la réunion… sur le parking du PSI.
Peu importe, en réalité? « La préfecture a de nouveau pris un arrêté d’interdiction à son encontre, notifié cette fois directement par les forces de l’ordre et seulement 10 minutes avant le début de la réunion« , relate le NPA. Consultable en ligne, l’arrêté en question reprend les mêmes arguments que le premier: le risque que des propos incitant à la haine ou à la discrimination soient prononcés, et plus généralement la prévention de troubles à la tranquillité publique ou de risques pour l’ordre public.

Meeting de Philippe Poutou organisé par le NPA Grenoble en 2021. La préfecture a de nouveau interdit la réunion « Israël assassin » du mouvement anticapitaliste, qui appelle en retour à lutter contre les attaques des « grandes puissances ». © Florent Mathieu – Place Gre’net
« Cette annonce de dernière minute empêche l’exercice des recours légaux – dont le référé liberté qui a permis de casser nombre d’interdictions de manifester en solidarité avec la Palestine« , dénonce pour sa part le NPA. Qui voit encore dans l’interdiction préfectorale « une poursuite de la politique répressive du gouvernement à l’encontre des expressions de solidarité avec la Palestine » et considère que « la mise en place de nouvelles restrictions au droit de manifester et de se réunir aura des conséquences durables sur les possibilités d’expression politique, mais aussi syndicale et associative« .
Le NPA annonce attaquer (de nouveau) la décision prise par la préfecture de l’Isère, mais ne fait en revanche pas mention de la tenue d’une nouvelle réunion. Le parti conclut en appelant à « construire un mouvement d’ensemble contre la guerre menée par Israël et les grandes puissances en Palestine« . Les mêmes « grandes puissances » menant aussi, selon lui, des « attaques à l’encontre du niveau de vie et des conditions de travail des salarié·e·s« .
Par voie de communiqué, la coordination Palestine en Isère, composée de quarante organisations, apporte son soutien au NPA, « sans forcément partager l’ensemble de [ses] orientations« . « En faisant volontairement l’amalgame entre la critique de la politique criminelle du gouvernement israélien et l’antisémitisme, la préfecture, une fois encore nourrit une scandaleuse confusion » estime le collectif.
Parmi les signataires, les syndicats CGT, CNT, Ensemble, Sud, Unef ou UEG, les formations politiques EELV, France Insoumise, Génération.s ou PCF, ainsi que les associations Attac, Droit au logement, Ligue des Droits de l’Homme, Mouvement de la paix ou encore l’Union juive française pour la paix. Ainsi que le NPA Isère, qui compte parmi les formations membres de la coordination Palestine.
Par voie de communiqué en date du 13 décembre 2023, et en renouvelant sa condamnation de l’interdiction de la réunion du NPA, le collectif appelle à un (nouveau) rassemblement de soutien au Palestiniens le samedi 16 décembre à 14 h 30 rue Félix-Poulat à Grenoble. (Encadré modifié le 14 décembre à 10 heures).









