FOCUS – Un lycéen de 14 ans a été interpellé et placé en garde à vue, mardi 7 novembre 2023, dans le cadre de l’enquête sur les alertes à la bombe ayant visé, le matin même, puis le midi, le lycée des Portes de l’Oisans, à Vizille. L’adolescent, qui a reconnu les faits, fera l’objet d’une mesure éducative judiciaire provisoire jusqu’à son audience devant le juge des enfants, prévue en janvier 2024.
Un mineur de 14 ans, résidant à Échirolles et élève au lycée des Portes de l’Oisans de Vizille, a été interpellé et placé en garde à vue, mardi 7 novembre 2023 en fin de journée, annonce le procureur de la République adjoint de Grenoble Boris Duffau. Ceci, quelques heures seulement après la succession d’alertes à la bombe ayant visé l’établissement.

Le lycée des Portes de l’Oisans de Vizille a reçu plusieurs appels évoquant une alerte à la bombe, au cours de la journée du 7 novembre 2023. © Google Maps
Il était environ 9 heures, mardi matin, lorsque la standardiste du lycée des Portes de l’Oisans a reçu un appel téléphonique avec « un message en boucle d’un homme à la voix de synthèse lui disant “le lycée va exploser”« , indique le magistrat. Les 1 300 lycéens de l’établissement ont alors été évacués immédiatement.
Une nouvelle série d’appels avec les mêmes menaces
« Une vingtaine de gendarmes provenant de plusieurs unités de gendarmerie (La Mure et Grenoble) ont été dépêchés sur place pour établir un périmètre de sécurité, sécuriser l’évacuation des élèves avec le personnel enseignant et geler les lieux avant l’arrivée d’un spécialiste explosif« , poursuit le procureur adjoint. Les élèves ont pu finalement regagner les classes vers 11 heures.
Mais ensuite, rebelote de 11 heures à 13 heures : le standard du lycée de Vizille a reçu d’autres appels avec les mêmes menaces évoquant une alerte à la bombe. La direction a donc de nouveau décidé d’évacuer les lieux tandis que plusieurs unités de gendarmerie du groupement de l’Isère étaient une nouvelle fois envoyées sur place.
Il a reconnu les faits « sans pour autant les expliquer »
« Le travail d’investigation des gendarmes, sous la direction du parquet de Grenoble, et les réquisitions effectuées ont permis d’identifier l’auteur des appels par le biais d’investigations sur les appels émis par cette même ligne téléphonique« , précise Boris Duffau. Le lycéen interpellé a reconnu les faits mais « sans pour autant les expliquer« , ajoute-t-il.

L’adolescent auteur du canular sera jugé pour « divulgation de fausse information » le 9 janvier 2024, devant le juge des enfants. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Le parquet de Grenoble l’a déféré à l’issue de sa garde à vue devant un juge des enfants qui, « compte tenu de son âge, a décidé de mettre en place une mesure éducative judiciaire provisoire comprenant un suivi par un éducateur« . L’adolescent est convoqué le 9 janvier 2024 pour une audience devant le juge des enfants. Il répondra du délit de « divulgation de fausse information », passible de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.
[Photo de Une © Google Street View]
Dix-sept établissements scolaires isérois, dont le lycée de Vizille, visés par une nouvelle alerte à la bombe mercredi 8 novembre 2023
Malgré l’interpellation de l’auteur du canular, la veille au soir, le lycée des Portes de l’Oisans de Vizille a de nouveau été visé par une alerte à la bombe, mercredi 8 novembre 2023. Au total, 17 établissements scolaires isérois ont fait l’objet d’une fausse menace d’attentat ce jour-là.
Outre le lycée de Vizille, il s’agit des lycées Vaucanson, Emmanuel-Mounier, Champollion, Eaux-Claires, André-Argouges, Europole, Lesdiguières, Guynemer, ISER-Bordier, les Charmilles et l’ELAG – école de production à Grenoble, des lycées Marie-Curie et Thomas-Edison à Échirolles, et enfin des lycées du Grésivaudan à Meylan, Aristide-Bergès à Seyssinet-Pariset et Roger-Deschaux à Sassenage.
Des milliers d’élèves ont donc été à nouveau évacués et des levées de doute menées dans chaque établissement, après l’intervention des équipes cynophiles et de déminage. « Le préfet de l’Isère Louis Laugier et le procureur de la République de Grenoble Éric Vaillant rappellent que tous les appels à la bombe font l’objet d’enquêtes systématiques de la part des services de police et de gendarmerie« , indique la préfecture dans un communiqué.
Des poursuites pénales systématiques seront engagées à l’encontre des auteurs d’appels malveillants, pour le délit de fausse alerte, puni de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. « Ces sanctions pénales ne sont pas exclusives des sanctions administratives que pourront prononcer les gestionnaires des établissements concernés« , ajoute la préfecture.









