FLASH INFO – La Ville de Grenoble annonce « déposer une demande indemnitaire auprès des services de l’État » pour obtenir le remboursement des frais mobilisés par la municipalité dans le cadre de l’hébergement d’urgence. Une procédure initiée mardi 10 octobre 2023, Journée internationale de lutte contre le sans-abrisme, de concert avec cinq autres communes: Bordeaux, Lyon, Paris, Strasbourg et Rennes.
« À Grenoble, [le nombre de] personnes domiciliées au CCAS et vivant chez un tiers, en squat, en bidonville, à la rue ou en abri de fortune a fortement augmenté pour atteindre plus de 2 900 personnes fin 2023. Parmi elles, 240 enfants« , déclare la Ville de Grenoble. Or toutes, selon elle, « pourraient prétendre avoir accès à un hébergement« , au nom du code de l’action sociale et des familles.
Pourtant, poursuit la municipalité, les moyens mis par l’État demeurent à ses yeux insuffisants, même si elle concède qu’ils ont été augmentés ces dernières années. « Un-e adulte seul-e à la rue n’a quasiment aucune chance d’obtenir une place d’hébergement en appelant le 115. Il en va de même chaque soir pour de nombreuses familles« , affirme la Ville. Qui explique mettre 240 places d’hébergement à disposition via son CCAS, pour un montant de 2 millions d’euros, « en dehors de ses compétences réglementaires« .

Affiche du Dal 38 pour réclamer des réquisitions afin de loger les sans-abris. La Ville de Grenoble s’associe à cinq autres communes pour demander un remboursement indemnitaire de ses frais engagés pour l’hébergement des personnes. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net
« Afin d’en finir avec la fatalité et d’amener le gouvernement à réorganiser le dispositif d’hébergement en associant toutes les parties prenantes, la Ville de Grenoble s’est associée à d’autres collectivités pour demander à l’État d’assumer ses obligations et de rembourser une partie de la facture« , explique dès lors la municipalité grenobloise. Et celle-ci de prendre l’exemple d’une famille « accueillie depuis le 8 mai 2022 » et non prise en charge par l’État, dont la facture pour l’hébergement par la Ville représente 40 000 euros.
« L’hébergement est un droit fondamental qui doit être mis en œuvre et financé par l’État. Parce que c’est la loi« , déclare le maire de Grenoble Éric Piolle. Et « parce que les municipalités s’occupent de tous les résidents et résidentes quel que soit leur statut administratif. Grenoble ne souhaite pas se désengager de cet enjeu, mais faire encore mieux« , ajoute-t-il, avant de plaider pour « un partenariat avec des services de l’État dotés de moyens pour agir« .









